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OPCC : Cap sur un avenir prometteur

Industrie toute récente, le marché des OPCC croît rapidement, mais reste encore loin d’atteindre la phase de maturité. Des ajustements fiscaux sont à prévoir afin de lever les blocages. Le FM6I devra donner une forte impulsion au secteur.

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Les organismes de placement collectif en capital (OPCC) au Maroc essayent tant bien que mal de se frayer un chemin dans le marché de la gestion collective de l’épargne. Soutenus par d’importantes réformes législatives et un intérêt croissant des investisseurs, l’actif net est en progression d’une année à l’autre, de même que les sociétés de gestion agréées et les fonds créés.

Et bien que ce secteur est en forte croissance, il reste encore timide comparativement par exemple aux OPCVM ou aux OPCI. En effet, l’actif net des OPCC s’est situé, en 2024, à 3,1 milliards de dirhams, en hausse de 24% par rapport à 2023, contre plus de 600 milliards de dirhams pour les OPCVM ou encore 109 milliards pour les OPCI.

Il faut nuancer tout de même vu, l’existence de plusieurs dizaines d’années des fonds de gestion placés dans les valeurs mobilières. Ce qui leur donne une grande longueur d’avance par rapport aux autres catégories. Les OPCI, eux, ont affiché un dynamisme notable grâce à un cadre réglementaire et fiscal incitatif, et ce, depuis leur lancement ainsi qu’à la forte demande sur les actifs immobiliers «institutionnalisés».

En tout cas, à fin 2024, ce sont 13 sociétés de gestion qui ont été créées et 16 OPCC, ayant reçu les agréments requis de l’AMMC. Ce sont notamment les investisseurs institutionnels qui dominent la base des souscripteurs d’OPCC, attirés par la capacité de ces véhicules à investir dans des projets à forte valeur ajoutée, à des horizons plus longs que ceux offerts par le marché des capitaux.

D’autant que le rendement espéré, autour de 12% en moyenne, constitue un argument de poids dans le contexte actuel de taux bas. C’est surtout que ces véhicules permettent de structurer et de sécuriser le marché du private equity, offrant ainsi aux investisseurs une alternative régulée plus transparente et plus stable que la forme classique du capital-investissement. Allusion faite aux reportings, au respect des règles ESG pour les plus exigeants…

Des verrous à débloquer
Sauf que ce cadre réglementaire est toujours à peaufiner. Il est jugé toujours restrictif en dépit de la dernière réforme réglementaire. L’une des contraintes de taille demeure le volet fiscal. Alors que les dividendes perçus par un OPCC sont hors champ de TVA, les fonds continuent à s’acquitter de cette taxe au titre des frais de gestion et commissions aussi bien pour la société de gestion que pour le dépositaire.

Cela d’un côté. De l’autre, l’absence d’une fiscalité groupe limite les interventions des OPCC ou leur volonté de création de plusieurs compartiments. Par ailleurs, l’univers d’investissement des OPCC reste restreint, constituant des freins quant à la diversification des stratégies d’investissement des acteurs

«À force de trop réguler, les marchés deviennent inaccessibles», estime un opérateur de marché. Rappelons tout de même les avancées réglementaires en la matière, à travers l’adoption du projet de loi 58-22, modifiant et complétant la loi 41-05 relative aux OPCC.

Le texte réglementaire a permis, en effet, d’introduire les OPCC-RFA (à règles de fonctionnement allégées), la réduction des longs délais pour l’obtention de l’agrément de l’autorité de régulation, ainsi que la possibilité des OPCC d’octroyer des prêts, en plus de leur activité de base d’apport des fonds aux entreprises. Aussi, la réglementation de l’Office des changes a-t-elle été assouplie pour offrir davantage de flexibilité aux OPCC avec une autorisation allant jusqu’à 50% du financement à l’étranger.

Une montée en puissance à venir
Malgré les contraintes actuelles, les perspectives de développement des OPCC restent solides à moyen terme, encore faut-il lever les obstacles existants, à commencer par une réforme fiscale, dans le sens de l’instauration d’un régime fiscal spécifique aux OPCC, en intégrant la notion groupe.

D’autant que le Fonds Mohammed VI pour l’investissement devra agir comme un catalyseur important dans le développement des OPCC. D’ailleurs, les fonds créés sont structurés sous forme d’OPCC qui devraient donc booster cette catégorie du capital-investissement et consolider ainsi l’essor du private equity régulé au Maroc, à travers le financement des PME et des start-up notamment.

D’ici à 2030 et au-delà, cette industrie devra ainsi connaître un saut remarquable, compte tenu de son rôle dans l’accompagnement et la transformation économique du pays, en facilitant le financement, la montée en compétences et la structuration des entreprises.

Déjà, son effet multiplicateur, estimé à 3x, a contribué à élargir la base des investisseurs, à attirer de nouvelles sociétés de gestion et à adresser de nouveaux segments de marché.


Une feuille de route tracée
L’AMIC a tracé sa feuille de route à l’horizon 2030, avec pour objectif d’atteindre un volume de 5 à 6 milliards de dirhams levés annuellement. Elle est structurée autour de trois leviers stratégiques, à savoir la dynamisation de l’investissement marocain, en portant à 70% la part des institutionnels marocains dans les levées de fonds, le renforcement de l’attractivité de la place marocaine pour les investisseurs internationaux, avec pour objectif de favoriser l’internationalisation des entreprises marocaines et, enfin, l’institutionnalisation du développement du capital-investissement à travers un nouveau dialogue public-privé dont l’AMIC serait le catalyseur.