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Maroc-BEI : Un demi-siècle de coopération et des milliards d’euros

La Banque européenne d’investissement, qui a réalisé plusieurs opérations au Maroc s’élevant à plus de 12 milliards d’euros, est un bailleur de fonds de premier plan du Royaume. Les détails.

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Le partenariat bilatéral entre le Maroc et la Banque européenne d’investissement (BEI) se caractérise par sa pérennité exemplaire. De plus, les chiffres prouvent amplement la densité de la coopération entre les deux partenaires, qui existe depuis 1979, près d’un demi-siècle (47 ans exactement).

La BEI a investi au Maroc plus de 12 milliards d’euros dans plusieurs secteurs névralgiques pour ne citer que la sécurité énergétique, l’innovation et l’éducation.

Le pourvoyeur de fonds européen est de surcroît impliqué dans le financement d’une grappe de projets structurants, en l’occurrence le port Tanger Med, le complexe solaire Noor de Ouarzazate, l’Université euro-méditerranéenne de Fès ou encore le câble sous-marin de fibre optique Medusa.

À titre de comparaison, la Banque africaine de développement (BAD), opérant au Maroc depuis 1978, revendique pour sa part plus de 150 opérations dans différents secteurs, pour un financement de 15 milliards de dollars.

Ceci dit, au-delà de la diversité du portefeuille du bailleur de fonds européen et de l’importance de ses engagements financiers dans le Royaume, l’actualité est également un prétexte légitime pour se pencher sur les opérations de la BEI au Maroc. En effet, la visite récente de sa présidente, Nadia Calviño, dans le pays reflète le grand intérêt qu’accorde l’entité financière au Maroc.

Un objectif ambitieux
En réalité, l’institution de financement de l’Union européenne prévoit de mobiliser plus de 700 millions d’euros d’investissements au profit du Maroc durant l’année 2026.

Autres données de nature à conforter le trend haussier des engagements de la BEI dans le Royaume : ses financements à l’échelle nationale ont triplé au cours des cinq dernières années.

Par ailleurs, selon le bailleur de fonds ayant financé hors de l’UE des projets permettant d’alimenter 5 millions de foyers en énergie propre, la trajectoire haussière de ses financements au Maroc traduit quelque part la convergence des priorités entre le pays et l’Union européenne, notamment dans le développement d’infrastructures résilientes, la modernisation des réseaux de transport, l’appui au secteur privé, ainsi que le renforcement de l’éducation et de la scolarisation en milieu rural (en particulier des jeunes filles).

En résumé, la volonté de la BEI est d’accompagner la transformation économique du Maroc à travers la transition énergétique, la compétitivité industrielle, le soutien au secteur privé, la résilience des réseaux et l’intégration économique avec l’Europe.

365 m€ pour l’ONCF et ADM
L’actualité la plus récente en lien avec le Maroc et la BEI est la signature à Rabat des accords de financement de 365 millions d’euros destinés à renforcer la résilience et la sécurité des réseaux routier et ferroviaire du pays.

Dans le détail, le premier accord prévoit un prêt de 50 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement, complété par une subvention de 15 millions d’euros de l’Union européenne, pour le financement du projet de réhabilitation du réseau ferroviaire de l’Office national des chemins de fer (ONCF), lequel a engagé un plan massif de modernisation des équipements et du réseau ferroviaires.

Quant au second accord, il porte sur un prêt de 300 millions d’euros accordé à la Société nationale des Autoroutes du Maroc (ADM) pour soutenir un projet de résilience autoroutière.

En tout, ces accords visent à améliorer la mobilité, renforcer la résilience des infrastructures et surtout générer des retombées au profit des citoyens et des entreprises. Ils sont également censés contribuer à une meilleure intégration régionale et au renforcement des liens économiques entre l’Europe et l’Afrique.

2025 : L’année des records
Au Maroc, 2025 est une année charnière pour les opérations de la BEI, qui mobilise des prêts, une assistance technique, des subventions et des garanties européennes afin de soutenir financièrement une kyrielle de projets concrets au niveau national.

Par le truchement de BEI Monde (structure dédiée aux opérations hors de l’UE), la banque européenne a signé, en 2025, 740 millions d’euros de financements au Maroc.

Ce qui représente le montant le plus élevé depuis 2012. Concrètement, les financements octroyés par la BEI au Maroc en 2025 se répartissent principalement sur trois secteurs, notamment au titre de l’Initiative «Global Gateway», la stratégie de l’Union européenne visant à mobiliser des investissements durables dans des infrastructures stratégiques.

Pour rappel, dans le secteur de l’eau, le pourvoyeur de fonds européen a accordé, dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation du Maroc (2020-2027), un financement de 70 millions d’euros à l’ONEE-Branche Eau.

Et ce, pour la modernisation des infrastructures de production et de transport d’eau potable.

Dans le domaine de l’énergie, la BEI a consenti un prêt de 170 millions d’euros à l’ONEE-Branche Électricité, pour le renforcement et la modernisation du réseau national de transport d’électricité.

Cette opération vise à soutenir l’intégration de nouvelles capacités renouvelables et accroître la résilience et la capacité du réseau national à acheminer l’électricité produite.

Autre fait notable de l’année dernière : la structure financière étrangère a consacré 500 millions d’euros à la reconstruction post-séisme dans les régions touchées par le tremblement de terre du 8 septembre 2023.

Ces financements, qui constituent la seconde tranche du programme global d’un milliard d’euros, portent sur la réhabilitation des infrastructures routières, des établissements d’éducation et des infrastructures de santé.

210 millions d’euros décaissés
Les décaissements de la BEI au Maroc ont atteint 210 millions d’euros en 2025. Les secteurs public et privé ont capté respectivement 180 millions d’euros et 30 millions d’euros.

À titre illustratif, ces décaissements concernent, entre autres, un financement en faveur du groupe de la Banque Populaire, consenti dans le cadre du programme de l’UE pour les échanges commerciaux et la compétitivité, visant à renforcer les chaînes de valeur exportatrices dans trois secteurs clés pour le Maroc : l’automobile, le textile et l’agroalimentaire.

Cet appui est d’autant plus opportun que ces trois secteurs font partie des principales locomotives des exportations du Maroc, l’un des principaux bénéficiaires des financements européens dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).

Au final, il convient de préciser que la BEI est un partenaire de premier plan et de longue date du Maroc qui, au cours des vingt-cinq dernières années, s’emploie à accélérer son développement économique et social.