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Marché actions : Que de papier frais en 2024 !
Avec 7,2 milliards de dirhams levés en Bourse cette année, le marché a signé l’une des années les plus mémorables de son histoire. Akdital, Crédit du Maroc et CMGP ont accaparé, à eux seuls, 43% des montants investis.
Jackpot pour le marché actions en 2024 ! Pas moins de 7,2 milliards de dirhams ont été échangés cette année. Un bon pactole pour un marché qui réalise l’une des plus significatives performances depuis bien longtemps, à 20,5%.
Ce n’est certes pas un chiffre historique, mais il en dit long sur la confiance des sociétés dans leur capacité à se développer en se finançant à travers le marché des capitaux et à générer de la valeur.
Les investisseurs se sont montrés, pour leur part, très présents pour adhérer à ces opérations. Vraisemblablement avides de «sang neuf», qu’ils soient institutionnels, particuliers ou personnes morales, ils se sont engoués à acquérir des titres de capital. Il n’y a qu’à voir le taux de souscription de ces opérations, qui a culminé à des sommets.
Un air de déjà vu ! Ce dynamisme rappelle celui des années 2007 et 2008 où la Bourse de Casablanca bouillonnait d’introductions en Bourse. Rappelons les dix IPO qu’avait accueillies la cote en 2007 pour un butin de 6,7 milliards de dirhams, ou encore celles de 2008 avec 3,8 milliards de dirhams.
Cela, sans compter les autres opérations sur titres.
Cette année aura connu différents types d’opérations, entre introductions en Bourse, augmentations de capital et cessions, entre celles réservées au grand public ou aux investisseurs qualifiés, entre celles qui sont réalisées par apport en numéraire et/ou compensation des créances liquides.
L’objectif porte essentiellement sur le financement de la croissance, le renforcement des fonds propres, l’amélioration de la structure financière ou encore l’optimisation du coût de financement.
CMGP, première IPO de l’année
L’une des opérations les plus importantes et les plus récentes qu’a enregistrées le marché est l’introduction en Bourse du spécialiste de l’irrigation, CMGP, première entrée sur le marché d’un opérateur du secteur agricole.
D’un montant de 1,1 milliard de dirhams, l’opération a porté sur l’émission de 1,5 million d’actions et la cession de 4 millions au prix unitaire de 200 DH.
Le taux de souscription a atteint un montant record, dépassant 37 fois le montant proposé. Rappelons l’introduction en Bourse de CFG à 34 fois et de TGCC à 22 fois. Ce n’est certes pas un record, puisque la CGI détient la palme d’or en matière de demandes, avec des sursouscriptions de 134 fois, suivie d’Atlanta avec une demande supérieure de 100 fois l’offre.
Cela témoigne de l’intérêt grandissant de tout type d’investisseurs dans le marché actions.
Après CMGP, c’est Crédit du Maroc qui a marqué la Bourse de Casablanca avec son offre de vente au public de 1,2 million d’actions, pour un montant global d’un milliard de dirhams.
Ce n’est pas une IPO, mais l’opération en a tout l’air. Avec un taux de sursouscription de 18 fois, cette OPV a rencontré un succès auprès des investisseurs et a permis à la banque, cotée depuis 1976, de doubler son flottant en Bourse à 21,84%, de le rendre plus liquide et plus visible auprès des investisseurs.
Une autre opération de taille a été réalisée. Celle de l’augmentation de capital d’Akdital d’un montant d’un milliard de dirhams, à un prix de 670 DH. Alors que l’IPO du spécialiste de la santé privée n’avait pas attiré grand monde avec un taux de sursouscription de seulement 3,77 fois, l’opérateur a largement battu son propre record, après que les investisseurs s’étaient montrés sceptiques lors de son introduction en Bourse.
Les actions ont été demandées 29 fois plus que la société n’offrait. C’est que la société a gagné en crédibilité, en réalisant ses objectifs, comme annoncé dans son business plan. La société est même devenue parmi les choyées aux yeux des analystes et autres professionnels du marché. Ce qui a bénéficié à son cours en Bourse qui a plus que doublé en cette année, à 1.053 DH, et à qui un potentiel de hausse est toujours réservé.
D’autres au profit d’investisseurs qualifiés
Si ces opérations étaient ouvertes au grand public, le marché actions en a accueilli d’autres réservées à une catégorie d’investisseurs.
Tel est le cas du CIH qui a lancé une augmentation de capital réservée aux salariés de 350 DH et qui a connu un niveau de souscription de 123%. Pareil pour Aradei Capital qui a procédé à deux augmentations de capital. La première réservée à des investisseurs qualifiés, de 400 MDH, et la seconde destinée au public, de 250 MDH.
Une autre opération de taille a été opérée sur le marché. Il s’agit de Managem, qui a lancé une augmentation de capital par apport en numéraire et compensation des créances liquides exigibles de 3 milliards de dirhams, ou encore de Stokvis qui, en utilisant le même procédé, a levé 170 MDH. Par ailleurs, quelque 8,2 MDH ont transité par le marché, au titre du retrait de Timar de la cote.
C’est dire que la Bourse continue de jouer son rôle premier qui est de permettre de lever des fonds à un coût beaucoup moins élevé que les autres moyens de financement et de mobiliser l’épargne des investisseurs. Pourvu que ça dure !
Obligations privées et TCN : Des milliards levés
À l’image du marché actions, le marché de ladette privée et des obligations aura connu également une année particulièrement animée. Les levées des titres de créances négociables ont atteint 68,5 milliards de dirhams.
Les emprunts obligataires se sont élevés à 9 milliards de dirhams. Ils ont été portés par cinq opérateurs principaux, dont l’OCP avec une levée de 5 milliards de dirhams, suivi des bancaires avec Attijariwafa bank et BOA avec 1 milliard de dirhams chacune, BMCI avec 1,5 milliard et CDM avec 500 MDH.