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Marché actions : Grand favori des placements en 2026
Croissance économique, rebond agricole, investissements massifs et baisse attendue des taux…, tous les indicateurs convergent vers un scénario favorable au marché actions, qui se démarque nettement des autres placements.
Dans l’univers des placements qu’offrent les produits financiers, plusieurs rapportent des rendements satisfaisants quand d’autres explosent les plafonds. Chacun y trouve son compte finalement, en fonction de son horizon de placement et de son budget.
Mais pour cette année, il n’est nul doute que le marché actions devrait poursuivre sa lancée entamée depuis 2024 et qui s’est concrétisée en 2025 avec une progression de près de 28%
L’année 2026 serait celle de l’action encore une fois, affirme un analyste contacté. Tous les facteurs plaident pour la poursuite de sa croissance, en commençant par le contexte économique favorable qui se renforce par la pluviométrie abondante que connaît le Maroc et qui est bien répartie sur toutes les régions agricoles.
En effet, «ces précipitations devraient non seulement contribuer à un rebond agricole, mais aussi sécuriser les besoins en eau pour les deux ou trois années à venir. Une autosuffisance serait atteinte qui sera davantage consolidée par l’opérationnalisation future de certaines stations de dessalement», ajoute notre source.
À lui seul, ce facteur est de nature à porter la progression du marché actions, puisqu’il apporte beaucoup d’optimisme au moral des investisseurs, car il offre de la visibilité quant aux perspectives de croissance du pays.
À cela s’ajoute «l’ensemble des projets lancés pour accueillir la Coupe du monde 2030 et qui sont à même d’installer l’économie du Maroc dans une trajectoire de croissance ascendante, allant de 4,5 à 6%, tel que prévu par le Nouveau modèle de développement».
2030 et au-delà !
Il faut dire que le pays devrait atteindre ces niveaux de croissance même au-delà de 2030, puisque plusieurs chantiers sont dans le pipe et sont amenés à porter la performance de l’économie marocaine vers le haut, notamment les autoroutes, les liaisons LGV, le port de Dakhla, qui pourrait dépasser celui de Tanger Med…
En plus des projets inscrits dans le cadre de la mise à niveau d’Al- Haouz. «La réhabilitation de la zone ne consiste pas uniquement en la reconstruction des logements, le rétablissement des routes et la réhabilitation des infrastructures de base…
L’enveloppe budgétaire de 120 milliards de dirhams serait destinée à des projets de grande envergure, à l’instar du tunnel de Tichka qui devrait permettre de réduire l’isolement et faciliter l’accès des personnes et des marchandises. En ce sens, les échanges pourraient se multiplier par 20 ou 30, permettant ainsi de libérer tout le potentiel de cette région», explique le directeur d’une cellule analyse et recherche.
«Le marché actions s’alimente de toutes les bonnes nouvelles qui touchent l’économie». Agriculture, BTP, tourisme, immobilier, santé, banque…, tous ces secteurs se portent mieux. Et s’agissant de ce dernier secteur, il devrait connaître un tournant majeur si l’acquisition des parts de BNP Paribas dans BMCI par le groupe Holmarcom se concrétise.
«Cette opération, qui pourrait donner lieu à une fusion avec Crédit du Maroc, pourrait rebattre les cartes du paysage bancaire avec la naissance d’un 4e pôle bancaire après le trio de tête, à savoir Attijariwafa bank, BCP et BOA».
Des IPO dans le pipe
Il faut dire aussi que la dynamique des opérations financières ne devrait pas s’interrompre. Plusieurs sont attendues cette année, dont Dislog, Ynexis, Jet Energy ou encore GPC Carton, en plus des augmentations de capital prévues par nombre de sociétés déjà cotées. Cela ne peut que davantage contribuer à la croissance du marché actions, améliorer les volumes et favoriser les opportunités d’arbitrage.
D’autres éléments, à vocation internationale, rentrent en jeu. Il s’agit notamment de la possibilité du reclassement du marché au sein de l’indice MSCI Emerging Markets, au lieu du Frontier Markets actuellement, compte tenu de l’amélioration sensible de la liquidité, avec des volumes moyens allant de 400 à 500 millions de dirhams quotidiennement. Ce qui donnerait au marché actions davantage de visibilité aux yeux des investisseurs étrangers.
Assouplissement monétaire
Par ailleurs, tant que l’inflation reste maîtrisée autour de 1% en 2026 et que les perspectives de croissance économique restent favorables, plusieurs analystes s’accordent à affirmer que Bank Al-Maghrib dispose encore d’une marge de manœuvre pour poursuivre son assouplissement monétaire, avec un abaissement du taux directeur de 25 points de base en mars prochain, à 2%.
Si ce scénario se confirme, les taux obligataires poursuivraient leur tendance baissière, ce qui donnerait un coup de boost supplémentaire au marché, par effet d’arbitrage.
En tout cas, le marché actions reste encore attractif avec un PE de 22x en 2026 et devrait baisser à 21x cette année. «Il peut paraître cher, mais le potentiel de croissance est toujours présent. Il est illusoire de le comparer aux marchés tunisien ou sud-africain, car même avec un PE autour de 9 pour le premier et 18 pour le second, ils ne sont pas attractifs, ne serait-ce qu’au regard du contexte politique instable».
Dans cette conjoncture qui joue en faveur du marché actions, les OPCVM sous-jacents devraient également en bénéficier, au même titre que les fonds obligataires, dont les parts prennent de la valeur à mesure que les taux baissent.
Une reprise qui profite à tous les secteurs
Tous les secteurs cotés devraient tirer profit de l’embellie du marché actions. Certains plus que d’autres.
À leur tête, les activités industrielles (BTP, ciment, sidérurgie, aluminium…), tirant profit de la dynamique des chantiers en cours au Maroc ; la santé avec tous les projets de développement et d’expansion d’Akdital ; l’immobilier qui continue d’être soutenu par le programme d’aide aux logements ; les banques qui supportent toute cette activité des entreprises…
Cela sans oublier Maroc Telecom, grâce au retour à la normale de ses résultats financiers. À ces secteurs s’ajoutent l’agroalimentaire et la grande distribution.
