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Managem : Appétit confirmé pour l’or en Afrique de l’Ouest

Nouveaux projets d’exploration au Sénégal et en Guinée, entrée en production cette année de la mine d’or de Boto au Sénégal… La compagnie minière se positionne de plus en plus comme un acteur aurifère majeur sur le continent.

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Le groupe minier marocain consolide son positionnement stratégique sur le continent dans le domaine des métaux précieux. Présent dans 6 pays d’Afrique (Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Gabon, Soudan et RDC), hormis le Maroc, Managem poursuit en effet sa stratégie de croissance en Afrique de l’Ouest, avec un focus sur les projets aurifères.

Ces dernières semaines, la compagnie minière a fait deux annonces importantes dans ce sens. Tout d’abord, Managem a annoncé, le 13 février dernier, la conclusion d’un accord stratégique avec le canadien Barrick Gold Corporation, un leader dans la production d’or et de cuivre, avec un portefeuille qui couvre les districts miniers les plus prolifiques au monde.

Cette alliance vise à développer l’exploration aurifère au Sénégal sur les permis de recherche Daorala, Noumoufoukha et Faraba, couvrant une superficie de 820 km². Ces permis sont situés dans un cadre géologique prolifique, qui s’étend de l’ouest du Mali à l’est du Sénégal, une région ayant déjà connu plusieurs découvertes majeures d’or.

Dans le cadre de cet accord, Barrick investira 7,5 millions de dollars au cours des deux premières années, puis 15 millions de dollars entre la troisième et la septième année. L’objectif est de mener à bien une étude de préfaisabilité confirmant un potentiel d’au moins 2 millions d’onces d’or.

L’annonce de cet accord stratégique est intervenue quelques semaines après la finalisation par Managem de l’acquisition intégrale d’un autre projet d’exploration aurifère, celui de Karita, en Guinée, auprès d’une autre compagnie canadienne, Iamgold. Managem s’est également vu attribuer deux nouveaux permis d’exploration, «Doumou» et «Diagana», situés à proximité immédiate de l’actif de Karita, renforçant ainsi son potentiel de développement dans cette région.

500.000 onces d’or en 2030
Auparavant, en avril 2023, le groupe Managem frappait un grand coup avec la finalisation de l’acquisition des participations d’Iamgold au Sénégal, incluant une participation de 90% dans le très prometteur projet aurifère de Boto (les 10% restants étant détenus par le gouvernement sénégalais°, ainsi que 100% des intérêts d’exploration dans le pays).

Au fil des années, l’activité or du groupe Managem a gagné en densité, se basant sur une stratégie qui combine l’exploration greenfield et l’acquisition de projets en exploration avancée, avec l’ambition de devenir l’un des plus grands producteurs d’or en Afrique de l’Ouest.

Le groupe exploite déjà la mine de Wadi Gabgaga au Soudan, et surtout celle de Tri-k en Guinée, l’une de ses plus importantes avec une capacité de production annuelle de 130.000 onces d’or, et dont le premier lingot d’or a été coulé en juin 2021. Managem mène par ailleurs des travaux d’exploration sur le projet aurifère d’Etéké, dans la région de Mouila au sud du Gabon.

Au total, la production d’or du groupe Managem s’est établie à 4.470 kg d’or à fin 2023, représentant plus du tiers du chiffre d’affaires de la compagnie. Une part amenée à augmenter davantage et à dépasser les 50%, avec l’entrée en production prévue, cette année, de la mine de Boto au Sénégal.

Les prévisions de production moyenne de cet important projet, pour les trois premières années, sont de 170.000 onces d’or par an, et sur toute la durée de vie de la mine (soit 11 ans), autour de 128.000 onces par an. D’ici 2030, Managem vise un objectif de production de 500.000 onces d’or sur l’ensemble de ses sites, soit plus de 14.170 kg. De quoi positionner le groupe comme un acteur aurifère africain majeur.

Recentrage sur les grands projets
Cette montée en puissance des actifs aurifères dans le portefeuille du groupe nécessite d’importants investissements. Managem n’a, de ce point de vue, pas lésiné sur les moyens. Rien que le projet Boto, une enveloppe de 3,5 milliards de dirhams a été mobilisée.

Sur la période 2023-2025, le groupe a prévu une enveloppe d’investissement global de 17,4 milliards de dirhams, pour développer ses projets stratégiques, dont des projets aurifères, mais aussi celui de la mine de cuivre de Tizert, au Maroc (voir encadré). Pour appuyer ce programme d’investissements, Managem a réalisé une augmentation de capital de 3 milliards de dirhams.

En parallèle, la société a commencé à se défaire de certains actifs de taille relativement petite, afin de se recentrer sur des projets d’envergure, dans une logique de restructuration et de rationalisation de son portefeuille minier.

C’est ainsi que Managem a cédé début janvier la Compagnie minière d’Oumejrane, l’une de ses filiales qui produit depuis 2014 du concentré de cuivre, à MetalNRG Plc, une société cotée à la Bourse de Londres. Auparavant, en mai 2024, le groupe avait conclu un deal avec l’australien Atlantic Tin, pour la cession d’une autre de ses filiales, Samine.

La stratégie aurifère de Managem semble déjà porter ses fruits, comme le montrent les indicateurs d’activités du groupe à fin septembre 2024, profitant, entre autres, d’une hausse des volumes produits, combinée à celle des prix des métaux précieux (+17% pour l’or).

Le chiffre d’affaires à fin septembre a ainsi culminé à plus de 6,5 milliards de dirhams, en amélioration de 10% par rapport à la même période de l’année précédente. Son cours en Bourse, lui, est plus que jamais orienté à la hausse. Il a gagné 38,63% depuis le début de l’année à 4.005 dirhams (au 18 février). Depuis le début de l’année 2024, le cours s’est envolé de 132,2%.


Cuivre de Tizert et sulfate de cobalt : La production dès 2025
Outre le démarrage prévu du projet aurifère Boto au Sénégal, d’autres grands projets seront opérationnels cette année, et contribueront à changer la taille du groupe, entrainant un bond du chiffre d’affaires et des marges.

Il y a d’abord le grand projet de cuivre de Tizert, dans la province de Taroudant. Pour un investissement de près de 4 milliards de dirhams, l’exploitation de ce projet, à partir du deuxième semestre 2025, permettra de doubler la production cuprifère.

L’autre grand projet qui entrera en service au cours du deuxième trimestre 2025 est la première usine marocaine de sulfate de cobalt dans le complexe de Guemassa, fruit du contrat signé par Managem avec Renault Group. Le site devrait produire 5.800 tonnes par an de sulfate de cobalt, dont 80% seront livrés au constructeur français.