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L’industrie des OPCVM se remet de son chaos
Après avoir chuté drastiquement en 2022, l’actif net sous gestion renverse sa tendance baissière avec une performance de 2,4%. Les fonds obligataires de moyenne et longue échéances allègent les pertes accumulées l’année précédente.
L’industrie de la gestion collective des fonds se redresse une semaine après l’autre. Après que l’actif sous gestion ait enregistré une contre-performance en 2022, atteignant 16,4%, le voilà qu’il reprend le chemin de la hausse.
Aux dernières statistiques de l’Asfim, arrêtées au 28 avril, cet actif net ressort en progression de 2,4% à 513 milliards de dirhams.
Cette performance revient à l’amélioration de l’actif net sous gestion de toutes les catégories d’actifs. Et même si certains sont toujours dans le rouge, ils en sortent petit à petit, à l’instar des fonds obligataires de moyen et long termes. Ceux-ci drainent le gros de l’actif net avec une part de 46% à 238 milliards de dirhams et sont en recul de 6,8%, sachant qu’ils avaient enregistré une moins-value de plus de 26,6% en 2022.
C’est la tendance haussière des taux qui est derrière cette contre-performance. En effet, les investisseurs dans les titres publics pressaient le Trésor pour augmenter les taux de ses émissions, justifiant cela par le contexte inflationniste. Il leur a tenu tête pendant de longues semaines, mais «a fini par céder» en marquant les taux courts à la hausse, dans un premier temps, puis les taux de moyenne et longue échéances.
Ceci a eu pour effet de dévaloriser le stock des titres déjà détenus. Sauf que depuis la sortie du Trésor à l’international d’un montant de 2,5milliards de dollars, l’argentier de l’État a davantage régulé ses levées sur le marché intérieur. «Ses émissions sont plus maîtrisées et même plus équilibrées entre le court, le moyen et le long termes», fait remarquer un gestionnaire de portefeuille.
Ce qui a contribué à stabiliser la courbe des taux, surtout après qu’il se soit enfin orienté vers les parties de long et moyen termes. Actuellement, «les taux sont certes élevés mais plutôt stables, au fil des séances d’adjudications. Ils ont atteint les niveaux les plus hauts durant ces derniers mois. Une progression supplémentaire est peu probable», ajoute le directeur d’une société de gestion.
Les fonds court terme, la star des OPCVM
A la dernière séance d’adjudication, les hausses ont varié entre 144 pbs pour le 2 ans (3,8%) à 247 pbs pour le 30 ans (5,3%). Il faut dire aussi que la situation des finances publiques contribue également au recours équilibré du Trésor au marché intérieur. Pour rappel, à fin mars, les dépenses ont progressé de manière moins ample que les recettes, avec 3% à 79 milliards de dirhams, contre 11% à 85 milliards de dirhams ; cela grâce notamment aux charges de compensation qui se sont améliorées de 55% à 4,5 milliards de dirhams. Bref, «la situation est plutôt stable, voire maîtrisée, où l’on ne devrait plus assister à des hausses vertigineuses de taux», pronostique notre gérant. Les fonds monétaires et obligataires de court terme sont ceux qui ont profité le plus de cette montée des taux. Si les premiers ont affiché une performance de 18% pour un actif net de 105 milliards de dirhams, les seconds, eux, sont en croissance de presque 49% depuis le début de l’année à 70 milliards de dirhams. Ils ont profité des hausses successives du taux directeur passant de 1,5% à 3%, mais aussi de l’orientation des investisseurs vers le segment court de la courbe pendant plusieurs séances d’adjudications, avant que le Trésor ne décide de marquer les taux longs. Depuis le début de l’année, les taux courts oscillent entre 3% pour le 13 semaines, avec une hausse de 23 pbs pour le 13 semaines, à 3,5% pour le 52 semaines, avec une croissance de 132 pbs.
Enfin, les OPCVM actions sont calqués sur la contre-performance du marché actions. Avec un actif net de 36 milliards de dirhams, ils ont essuyé une perte de 3,6%, «soit le même niveau de baisse qui serait enregistré sur le MASI rentabilité, après détachement du dividende», explique un gestionnaire de fonds actions. Sur ce marché, «il n’y a rien à signaler si ce n’est le calme plat et la chute drastique des volumes. Quand on voit les niveaux de rendement offert par les produits sous-jacents aux taux, c’est tout à fait normal que les investisseurs se dirigent vers un marché qui offre entre 3% et 5%», ajoute notre source. Toujours est-il, les niveaux de valorisation atteints actuellement sont très intéressants et pourraient favoriser l’entrée de nouveaux investisseurs sur le marché, à horizon moyen et long termes. Qui plus est, des valeurs sont intéressantes avec des fondamentaux solides, mais restent pénalisés par l’orientation globale des taux à la hausse et cet arbitrage que font les investisseurs. «Nous attendons de nouveaux catalyseurs, notamment la publication des résultats au premier semestre de cette année. Cela dit, s’il y a une autre augmentation du taux central par Bank Al-Maghrib, l’arbitrage continuera à se faire en faveur des produits de taux», conclut notre directeur. Les perspectives ne sont pas très claires pour cette industrie certes, mais les gestionnaires approchés semblent d’ores et déjà plus rassurés, surtout ceux opérant dans les produits de taux. Ils estiment que le potentiel de hausse a été consommé et que les investisseurs ont déjà «pricé» les hausses du taux directeur. Pour les fonds actions, même s’ils sont en baisse, les gérants restent plus ou moins confortés, car «le pire est derrière nous».
Plus de souscriptions que de rachats
Durant le mois de mars, et selon les dernières statistiques disponibles auprès de l’AMMC, le mouvement des opérations va plus vers le désengagement des OPCVM, avec des souscriptions nettes de -22,4 MMDH. Toutefois, sur les trois premiers mois, la tendance est plus acheteuse que vendeuse. En effet, les souscriptions totales nettes ont été de 3 MMDH et ont porté essentiellement sur les OPCVM monétaires avec un montant de 7 MMDH et moins, sur les contractuels avec 1,4 MMDH. Par contre, les fonds obligataires de moyen et de long termes enregistrent toujours des opérations de rachat, puisque les souscriptions nettes sont de 46 MDH. Idem pour les OPCVM obligataires de court terme qui, eux, ont affiché un mouvement net vendeur de 3,7MMDH.
