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Le crédit bancaire démarre 2023 dans le rouge
L’ensemble des catégories de crédits ont baissé entre décembre et janvier, dans un contexte de resserrement de la politique monétaire. Dans le même temps, le cash en circulation ne faiblit pas.
Un début d’année atypique pour le crédit bancaire. L’encours des prêts distribués par les établissements de crédit enregistre en effet une baisse de -2,4% par rapport à décembre 2022, d’après les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib. C’est presque 25 MMDH de moins en un mois.
S’il est encore prématuré de parler d’un resserrement du robinet du crédit, occasionné par le durcissement de la politique monétaire de la banque centrale entamé en septembre dernier pour ramener l’inflation à des niveaux normatifs, il reste que l’ensemble des catégories de crédits démarrent l’année dans le rouge. C’est le cas en particulier des crédits de trésorerie qui affichent une baisse de 2,9% d’un mois à l’autre, pour atteindre un encours de 256,4 MMDH à fin janvier. C’est le cas également des crédits à la consommation, qui reculent de 0,4% en variation annuelle, pour atteindre un encours de 57,5 MMDH. Même constat pour les crédits à l’équipement, qui renseignent sur la dynamique d’investissement des entreprises (-0,2% d’un mois à l’autre, à 178,9 MMDH). En variation annuelle, cette catégorie de crédits progresse toutefois de 5,5%.
Les crédits immobiliers, enfin, qui représentent la part du lion dans l’ensemble des prêts distribués avec un encours qui frôle les 300 MMDH, ont stagné par rapport à décembre 2022. Si l’évolution des crédits à l’habitat (c’est-à-dire pour acquérir un bien), reste en territoire positif avec une hausse des prêts de 0,2% d’un mois à l’autre, celle des crédits aux promoteurs immobiliers est plus que jamais en berne : la baisse est de -5,1% en variation mensuelle et de -4,5% en variation annuelle.
Le cash toujours plus haut
Pour ce qui est des créances en souffrance, elles sont toujours à un niveau relativement élevé depuis le déclenchement de la crise sanitaire, puisqu’elles totalisent un encours de 89,7 MMDH à fin janvier 2023, en légère hausse de 0,8% sur un mois. Le taux de sinistralité ressort à 8,7% contre 8,4% en décembre 2022.
Les statistiques de BAM montrent par ailleurs que le cash en circulation ne faiblit pas, bien au contraire. La tendance haussière observée depuis le déclenchement de la crise sanitaire s’est confirmée en ce début d’année, puisque la circulation fiduciaire a augmenté de 0,6% en janvier 2023 par rapport à décembre 2022, portant son encours total à 356,8 MMDH. Par rapport à janvier 2022, la hausse est de 11,2%. C’est plus de 36 MMDH en un an qui sont sortis du circuit bancaire!
Cette sortie de cash se lit également sur l’évolution des dépôts à vue : ces derniers ont diminué de 15 MMDH entre décembre et janvier, pour s’établir à 746 MMDH.