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Hazim Sebbata : «L’usage des services de paiement est toujours en deçà de nos ambitions»
L’activité de transfert de fonds continue à croître fortement. Le principal défi est de rendre le m-wallet un partenaire au quotidien des dépenses. Tour d’horizon de l’activité des établissements de paiement avec le président de leur association professionnelle.
Directeur général de CashPlus et président de l’Association professionnelle des établissements de paiement, Hakim Sebbata est autant optimiste quant aux perspectives de développement de l’activité de ces acteurs financiers que sceptique par rapport à la démocratisation des services proposés notamment aux petits commerçants.
La concurrence est assez rude sur le transfert de fonds. Peut-on dire que les nouvelles activités liées à un établissement de paiement représentent les nouveaux relais de croissance ?
Effectivement, l’environnement concurrentiel de ce marché est plutôt intense, et c’est tant mieux pour le consommateur. Ces nouvelles activités de paiement, notamment celles liées au mobile paiement, pourraient effectivement être considérées comme de nouveaux relais de croissance pour les établissements de paiement. Encore faut-il que ces activités atteignent le business model adéquat, ce qui n’est pas encore tout à fait le cas. Je dois également préciser que nous avons lancé, avec un certain succès, d’autres relais de croissance complémentaires à nos activités historiques. Outre le paiement de factures et d’impôts par exemple, nous offrons également à nos concitoyens et aux administrations marocaines des relais “phygitaux” grâce à notre forte capillarité et à la technologie. Autre exemple probant, nous avons lancé, en pleine période Covid, notre activité de messagerie que nous avons nommée Tawssil. Avec tout ça, je dois préciser que l’activité historique de transfert de fonds continue à croître fortement.
Malgré tous les efforts fournis par Bank Al-Maghrib, le nombre de transactions réalisées est toujours minime et se limite essentiellement à des retraits. Comment peut-on démocratiser l’usage de ces moyens de paiement ?
En effet, en dépit de l’effort du régulateur et de tout l’écosystème de paiement, l’usage reste en deçà de nos ambitions, et ce, malgré un nombre important de comptes de paiement ouverts ces dernières années.
Aujourd’hui, nous mettons tous l’accent sur l’usage et notamment le premier d’entre eux, à savoir la possibilité de payer ses achats quotidiens chez le commerçant du quartier. Notre principal défi est de rendre le m-wallet un partenaire au quotidien de nos dépenses. Cela fonctionne très bien pour les achats en grandes surfaces, pour payer ses factures d’eau et d’électricité par exemple ou pour les recharges télécoms.
Vous qui êtes au plus près des clients, quels produits demandent-ils le plus et quels services souhaitent-ils avoir ? à côté, quelles sont leurs craintes par rapport à tel ou tel produit ?
Outre le retrait cash en agence, l’usage principal actuellement est le paiement des factures et la recharge télécom. Dès que le paiement chez nos commerçants sera démocratisé, le m-wallet deviendra rapidement un réflexe chez la plupart des Marocains.
Il n’y a pas de crainte particulière à avoir par rapport à ce moyen de paiement puisqu’il est fiable, sécurisé et surtout instantané. Ce qui en fait une bonne alternative au paiement cash.
Comment peut-on surmonter leurs craintes et répondre à leurs doléances ?
Je le disais précédemment, l’enjeu principal est de démocratiser le paiement par la notoriété de cet outil et en accompagnant les différents acteurs, commerçants, distributeurs et bien sûr l’usager.
Quant aux doléances particulières du commerçant, elles sont principalement d’ordre fiscal. Le gouvernement marocain a concédé, dès 2020, la transparence fiscale de toutes les transactions réalisées via m-wallet. Concrètement, pour toutes ces transactions, le commerçant ne paie aucun impôt ni taxe. Sauf que cet aménagement fiscal a été concédé pour une durée de cinq années.
