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Fusions-acquisitions : Confluence de facteurs stratégiques

Le marché des fusions-acquisitions a été des plus dynamiques en 2025. Le mouvement de consolidation massif, porté par des stratégies de «Buy-and-Build» d’opérateurs, fait partie des vecteurs de croissance. Éclairage.

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Les transactions de fusions-acquisitions ont foisonné ces dernières années au Maroc. Bon nombre d’opérateurs, notamment les grands groupes et les PME familiales, ont démystifié le M&A et font recours de plus en plus aux levées de fonds et aux acquisitions d’entreprises pour accélérer leur croissance externe.

D’ailleurs, une incursion dans le site du Conseil de la concurrence (notifications des opérations de concentration économique) permet de constater aisément le dynamisme du marché du M&A en 2025. D’où la pertinence de se pencher sur les principales raisons derrière l’engouement des opérateurs économiques pour les fusions-acquisitions sur le marché marocain.

L’urgence opérationnelle liée à 2030
Sollicité par «La Vie éco», Amine El Azher, fondateur de la banque d’affaires Arden Capital, expert en stratégie, en finance et en capital-investissement, a apporté un éclairage édifiant sur les tendances lourdes du marché du M&A en 2025.

«L’effervescence du marché des fusions-acquisitions observée l’année dernière s’explique par une confluence de facteurs stratégiques : la pleine montée en puissance de la nouvelle Charte de l’investissement, qui dope l’attractivité des actifs nationaux, et l’urgence opérationnelle liée à l’horizon 2030, poussant les acteurs du BTP, de la logistique et du tourisme à changer d’échelle», souligne notre expert.

Autre facteur explicatif selon El Azher : l’affirmation d’un mouvement de consolidation massif dans certains secteurs comme la santé et l’industrie, porté par des stratégies de «Buy-and-Build» d’acteurs privés et de fonds de private equity, ainsi qu’une rationalisation des portefeuilles de certains grands groupes marocains.

Notons qu’en se recentrant sur leur cœur de métier et en ouvrant leur capital, les grands groupes contribuent à transformer le Maroc en un véritable hub de consolidation régionale, attirant ainsi des capitaux internationaux, en quête de croissance stable et souveraine.

Les moteurs du marché africain
Notre spécialiste en capital-investissement est formel : les investisseurs étrangers et les bailleurs de fonds ont compris que les groupes familiaux marocains sont les meilleurs vecteurs de pénétration du marché africain.

«En 2025, acquérir une part dans un groupe marocain, c’est s’offrir un accès privilégié à 15 pays d’Afrique de l’Ouest», fait-il observer.

Il importe d’indiquer que selon plusieurs experts, en 2025, le marché marocain est entré dans l’ère du «capital de transformation» laissant en rade, dans une certaine mesure, celle du «capital de dépannage» visant uniquement à renforcer la structure financière.

D’ailleurs, les valorisations se feraient de plus en plus sur la capacité des groupes à devenir des plateformes régionales et à proposer des histoires de croissance pertinentes.

Par ailleurs, précisons que les champions nationaux, les groupes familiaux, les bailleurs de fonds internationaux et les fonds de private equity se sont particulièrement distingués sur le marché du M&A en 2025.

«Les champions nationaux et groupes familiaux (notamment les “consolidateurs comme Dislog Group, TGCC, Akdital, Sothema…) ont été des acheteurs actifs avec une des stratégies de “Buy-and-Build” au principe simple : plutôt que de créer de nouvelles divisions, elles rachètent des PME.

Et ce, afin d’intégrer verticalement leurs métiers (logistique, distribution, santé) et verrouiller des marchés ou des capacités opérationnelles immédiates», analyse en substance notre interlocuteur.

Concernant les bailleurs de fonds internationaux (IFC, BERD…), ils ont agi en 2025 principalement comme un «label de qualité» et des «stabilisateurs de capital».

De l’avis de bon nombre d’experts, leur présence rassure les autres investisseurs sur la gouvernance et les standards ESG, transformant ainsi des groupes privés marocains en de véritables multinationales régionales.

Les bailleurs de fonds internationaux rassureraient également par leur capacité à rester dans le capital sur des durées relativement longues, constituant ainsi un noyau stabilisateur de capital, comme souligné précédemment.

Enfin, au sujet des fonds de private equity (accélérateurs de sortie), en dehors de leur rôle traditionnel d’investisseurs dans des sociétés à fort potentiel, des fonds comme Mediterrania Capital Partners, SPE Capital, CDG Invest Growth et AfricInvest, ont joué un rôle de pivot ayant favorisé les «exits» (sorties) de certains fondateurs historiques de PME.

Et ce, vers la Bourse ou vers des acquéreurs stratégiques ou de plus grands fonds (exemples : La Voie Express, Soludia Maghreb, Cash Plus…).

Transformation des actifs «isolés»
Interpellé sur l’hyperactivité de certains acteurs comme Dislog Group (dirigé par l’homme d’affaires Moncef Belkhayat), sur le marché du M&A en 2025, El Azher met en exergue une stratégie qui fait mouche.

«Le groupe Dislog se situe, selon moi, dans la catégorie des consolidateurs cités plus haut. Moncef Belkhayat a compris qu’il y avait un espace insuffisamment exploité et exploré sur le marché.

Celui des stratégies d’investissement Buy-and-Build déployées sur des verticaux pertinents correspondant au momentum et aux besoins du marché et de l’économie marocaine», assure l’expert en finance. Et d’expliquer en substance : «La logique principale est de transformer des actifs “isolés” en une plateforme intégrée. C’est un passage de “distributeur” à “agrégateur de valeur».

Il importe tout de même de souligner que cette stratégie n’est pas une révolution intellectuelle en termes d’approche d’investissement, mais en termes d’exécution, Dislog Group déploie celle-ci avec brio.

Et ce, notamment dans les secteurs de la santé et de la logistique combinant ingénierie financière et opérationnelle pertinente, avec une parfaite connaissance et une prise en compte des réalités marocaines, selon les spécialistes.

Eu égard au dynamisme du marché du M&A porté par une confluence de facteurs stratégiques, comme indiqué, on peut raisonnablement s’attendre à une forte croissance des opérations au cours de 2026 et au-delà.

D’autant que l’arrivée progressive des capitaux issus des fonds soutenus par le Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I) est un vecteur d’accélération du marché.