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FNDS : Moteur du sport marocain

Le Fonds national du développement du sport, dopé par la MDJS, contribue fortement à financer et structurer les actions sportives du Royaume. De quelque 100 MDH il y a une dizaine d’années, les ressources du fonds tournent aujourd’hui autour de 800 MDH, sans compter une grande contribution du budget de l’État.

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Depuis quelques années, le Maroc trace les contours d’une véritable politique sportive. Il n’a de cesse de multiplier les initiatives pour hisser ses performances à la hauteur de ses ambitions qui, faut-il le dire, ne sont pas toujours égales aux attentes. Modernisation des infrastructures, structuration des fédérations, émergence de talents…, le Royaume ambitionne de faire du sport un levier de développement national et de rayonnement à l’international.

Cette dynamique s’appuie sur une architecture financière robuste, portée par un acteur central qui est le Fonds national de développement du sport (FNDS). Tout commence en 1987, quand il fait son apparition dans la galaxie des comptes d’affectation spéciale.

Il sert ainsi de support comptable aux opérations dédiées à la formation des élites sportives, la préparation de la participation des sportifs de haut niveau aux compétitions, ainsi que le soutien des sélections nationales et la réinsertion socioprofessionnelle des sportifs.

En 2010, les textes réglementaires de ce fonds ont subi des modifications de manière à lui permettre de comptabiliser les projets de construction des infrastructures sportives, du suivi desdits travaux et des études y afférentes. C’est que le sport marocain est rentré dans une nouvelle phase…

Stades et infrastructures sportives
Les installations sportives d’envergure qui ont été construites durant cette période à Tanger, Marrakech ou Agadir doivent une partie de leur financement au FNDS.

Ces complexes répondant à l’époque aux normes internationales de la FIFA ont subi des transformations pour être prêts à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et certains d’entre eux vont subir une nouvelle métamorphose pour se préparer à la grande échéance du Mondial 2030.

Néanmoins, le FNDS qui a constitué le support comptable pour mener ces chantiers d’envergure a passé progressivement le relais à la Sonarges. De par son statut de société anonyme, cette entreprise d’État (créée en 2010) assure la réalisation des travaux de construction, de mise en service et d’exploitation des stades, ainsi que d’autres équipements sportifs. M

ais il n’y a pas que la construction et l’aménagement des grands stades qui rentrent dans le périmètre du FNDS. Celui-ci prête main forte aux collectivités locales pour lefinancement du programme d’infrastructures sportives de proximité. Une manière de contribuer à la cohésion et l’inclusion sociale à travers l’intégration des jeunes des classes vulnérables aux infrastructures de sport.

Ainsi, le Fonds, en partenariat avec le MENPS, a élargi le programme de construction de 800 terrains de proximité pour mieux répondre aux besoins dans les zones défavorisées.

Ce programme a permis d’atteindre un réseau de plus de 2.000 terrains, jusqu’à fin 2024, répartis dans différentes communes du Royaume, et ce, à travers la conclusion de conventions de partenariat avec les collectivités territoriales. Ce qui a permis de renforcer l’offre d’infrastructures sportives de proximité et d’en faciliter l’accès pour les populations.

Un budget en nette hausse
À l’actif du FNDS dans le cadre du programme de mise à niveau des infrastructures sportives, la réalisation d’une bonne vingtaine de salles couvertes omnisports, la mise en place d’une dizaine de centres dédiés aux sport-études, l’aménagement d’une dizaine de piscines, notamment au niveau des Centres sportifs de proximité.

Il y a à citer aussi la création d’un centre national de médecine du sport au sein de l’Institut national sportif Moulay Rachid ou encore la mise à niveau de l’Institut Royal de formation des cadres et du centre Belle Vue.

Un projet d’environ 140 millions de dirhams, concrétisé à travers la construction d’un centre sportif et d’une salle omnisport, la rénovation de la piscine olympique, l’aménagement d’espaces verts, en plus de l’équipement en matériel de cuisine, de bureau, de literie, de couchage et de buanderie.

Si le FNDS a pu mener ces différents projets, c’est que les fonds attribués sont montés en puissance au fil des années. Alors que les recettes budgétisées pour ce Compte spécial du trésor (CST) dépassaient à peine les 550 millions de dirhams, il y a de cela vingt ans, elles ont culminé à près de 9,5 milliards de dirhams en 2024 (voir graphique).

Le taux d’utilisation a été de 72%, soit plus de 6,8 milliards de dirhams de dépenses afin d’améliorer les infrastructures sportives conformément aux normes internationales de la FIFA, et garantir la réussite des deux grands événements sportifs prévus, la CAN 2025 et le Mondial 2030.

Une contribution remarquable de l’État avait été constatée en 2023 avec un soutien budgétaire de 3,7 milliards de dirhams. D’autant que l’année avait été marquée par l’organisation au Maroc de plusieurs événements sportifs, dont l’aura est de portée continentale ou internationale, dont la Coupe du monde des clubs, la Coupe d’Afrique des Nations des moins de 23 ans, la cérémonie des prix de la Confédération africaine de football.

En 2024, une enveloppe budgétaire de 5 MMDH a été mobilisée dans le but d’accélérer la mise en œuvre du chantier de modernisation d’infrastructures footballistiques. «La réalisation de ce programme permettrait au Maroc de se positionner parmi les pays favoris pour l’organisation d’autres manifestations sportives internationales», peut-on lire dans le PLF 2026.

Recettes ordinaires et rallonge budgétaire
Outre l’effort budgétaire, les ressources publiques proviennent aussi des reversements d’entreprises d’État, en l’occurrence la Société de gestion
de la loterie nationale (SGLN) et la Marocaine des jeux et des sports (MDJS). La contribution de cette dernière est montée crescendo cette dernière décennie. D’une centaine de millions de dirhams reversés en 2013, la contribution de la MDJS, c’est en moyenne 712 MDH sur les quatre dernières années, en tenant compte d’une contribution estimée à 817 millions de dirhams en 2024.

Cette progression s’explique par une croissance soutenue du chiffre d’affaires de la MDJS, portée par plusieurs facteurs, dont notamment la diversification de l’offre de jeux, l’adoption du numérique et une meilleure gouvernance interne.

Cette précieuse contribution de la MDJS a tendance à devenir la principale source de financement du FNDS. Le Budget 2025 prévoit d’ailleurs des recettes de l’ordre de 800 millions de dirhams, mais laisse la voie ouverte à une rallonge budgétaire.


Principales sources de financement des fédérations sportives
En vertu de la loi 06-87 relative à l’éducation physique et aux sports, l’État est responsable du développement du mouvement sportif et en assume l’encadrement et le contrôle. Les associations et fédérations sportives bénéficient à cet effet de subventions imputées à ce fonds. Ainsi, entre 2003 et 2022, ce sont quelque 10,5 milliards de dirhams qui ont été accordés aux associations et fédérations sportives en vue de mettre à niveau les différentes disciplines et améliorer leur pratique.

Depuis 2013, l’État a opté pour une distribution de ces subventions à travers des contrats d’objectifs et des contrats-programmes. Ceux-ci définissent le programme d’action de chaque fédération en matière de sport de haut niveau, les actions sportives à mener par chaque fédération à travers tout le Royaume, en plus des apports du département du sport, notamment en matière de contribution financière, de matériel et d’équipement sportif, ainsi que des mécanismes de contrôle et suivi.

Cette approche de contractualisation a commencé initialement avec la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et la Fédération royale marocaine d’athlétisme (FRMA) qui ont signé avec l’État un contrat programme dès 2005 avant d’être renouvelé à plusieurs reprises. C’est ainsi par exemple que le gazon artificiel a fait son entrée sur les pelouses des stades marocains, que les premiers centres de formation de joueurs et d’arbitres sont sortis de terre.

Durant l’année 2024, des avenants ont été signés avec 35 FRMS ayant pour objet d’arrêter les modalités et les conditions de contribution au fonctionnement des fédérations concernées, et ce, en application des dispositions de la convention d’objectifs 2021-2024. «La conclusion des dits avenants a donné lieu au déblocage d’une première tranche des subventions de fonctionnement au profit des fédérations sportives, d’un montant total de 76,90 MDH», précise
le PLF 2026.