Finance participative au Maroc, la mise en garde de Fitch Ratings

Fitch Ratings met en avant un écosystème et une réglementation de la finance participative encore très peu développés, selon elle, une offre de produits limitée et un faible capital des banques participatives

La finance participative n’est qu’à ses balbutiements au Maroc. Lancée en 2017, elle se développe à grande vitesse, mais fait face à plusieurs défis structurels «qui pourraient entraver son plein potentiel de croissance», a averti l’agence de notation Fitch Ratings.

Parmi ces défis, l’agence met en avant un écosystème et une réglementation de la finance participative encore très peu développés, une offre de produits limitée, un faible capital des banques participatives et un énorme besoin de liquidités. L’agence met le doigt aussi que le manque de sensibilisation et de compréhension du public à la finance participative et le manque de confiance dans la conformité de ces banques à la charia.

«Le potentiel de croissance à long terme du secteur de la finance islamique au Maroc est important, soutenu par la population majoritairement musulmane du pays. La finance islamique pourrait également contribuer à stimuler l’inclusion financière, car environ 56% de la population adulte du Maroc ne disposait pas de compte bancaire en 2021, selon la Banque mondiale, avec environ 19% de la population non bancarisée citant des raisons religieuses comme un obstacle, soit parmi les plus élevés au monde», précise Fitch Ratings dans sa note intitulée «L’industrie marocaine de la finance islamique est naissante, et fait face à des défis clés».

Le secteur ne dispose que d’une part de 2% en termes d’actifs de tout le secteur bancaire, ce qui reste modeste aux yeux de Fitch Ratings, soulignant toutefois que ces actifs ont augmenté de 20% en 2022, un rythme plus rapide que la croissance des actifs des banques conventionnelles (7,6%). Par ailleurs, l’offre de produits alternatifs est fortement concentrée sur les prêts hypothécaires Mourabaha qui ont totalisé 83% du total des financements à fin 2022. Cependant, la part des banques participatives dans le total des prêts au logement était de 7,9% fin 2022, en hausse de 19,6% en glissement annuel. En comparaison, les prêts au logement conventionnels ont chuté de 1,5% au cours de la même période, précise Fitch Ratings.