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Faute d’IPO, les fusions-acquisitions prennent le relais

De la banque à l’assurance, en passant par la grande distribution, les mines et le BTP, les opérations de rapprochement et capitalisation ont animé le marché financier en ce premier semestre.

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Ce premier semestre n’aura pas été celui des introductions en Bourse. Mais derrière l’absence de nouvelles cotations, se dessine un mouvement de recomposition des groupes marocains à travers une multiplication des opérations de fusion-acquisition, de rapprochements stratégiques et de restructurations capitalistiques.

Assurance, banque, grande distribution, agriculture, mine ou encore BTP, plusieurs secteurs ont été concernés par des transactions d’envergure, visant à gagner en taille, à diversifier les relais de croissance, à renforcer la solidité financière, ou encore à simplifier l’organisation capitalistique.

Sanlam-Allianz, un acteur de référence
Le secteur des assurances a ouvert le bal avec le projet de rapprochement entre Sanlam Maroc et Allianz Maroc. Cette opération vise à constituer un acteur de taille qui se positionnerait au 3e rang, capable de s’appuyer sur une base élargie, des expertises complémentaires et une meilleure capacité d’investissement.

La transaction sera réalisée par une augmentation de capital de Sanlam réservée aux actionnaires d’Allianz de 122,5 MDH, et selon une parité d’échange fixée à 2 actions Allianz pour 5 actions Sanlam.

Ainsi, l’actif net apporté par Allianz est évalué à 2,6 MMDH. Sur le plan opérationnel, le rapprochement devrait permettre de combiner les ressources et les expertises des deux compagnies, d’accélérer l’innovation digitale, d’améliorer la qualité de service et de renforcer le maillage territorial.

À moyen terme, les synergies attendues devraient provenir de la mutualisation des fonctions support, de l’optimisation des systèmes d’information et d’une rationalisation progressive des coûts.

Holmarcom, pôle financier
Le secteur bancaire connaît lui aussi une opération majeure. Holmarcom Finance Company (HFC), déjà présent dans l’assurance à travers AtlantaSanad et Takafulia, ainsi que dans la banque avec Crédit du Maroc, franchit une nouvelle étape dans la constitution de son pôle financier, avec l’acquisition de la participation majoritaire de 67% détenue par BNP Paribas dans BMCI.

Cette transaction traduit à la fois la volonté de Holmarcom de changer d’échelle dans la banque. Cela dit, l’enjeu central de l’opération ouvre la voie à un éventuel rapprochement entre BMCI et CDM, avec pour ambition de faire émerger un acteur bancaire de taille plus significative.

Ainsi, le futur ensemble dépasserait 120 MMDH d’encours de crédits et avoisinerait 10% de part de marché. Il s’appuierait sur un réseau combiné de plus de 500 agences et sur plus de 5.000 collaborateurs.

LabelVie-Retail Holding
La grande distribution n’échappe pas non plus à cette recomposition. Le projet de fusion entre LabelVie et Retail Holding donnera naissance à un nouveau groupe coté spécialisé dans la distribution multi-enseignes.

L’opération vise d’abord à renforcer la coordination stratégique et opérationnelle entre les différentes enseignes, à permettre de mutualiser certaines expertises clés, à simplifier l’organisation du groupe et à dégager des leviers de synergies et de croissance, dans un secteur où les effets de taille, la logistique, la densité du réseau et la maîtrise des coûts sont déterminants.

Dans le cadre de cette fusion, qui se concrétisera à travers l’apport du patrimoine de LabelVie au profit de Retail Holding, la valeur des fonds propres de LabelVie a été fixée à 12,46 MMDH et une parité d’échange de 8 actions Retail Holding pour 11 de LabelVie.

Post-fusion, le chiffre d’affaires du groupe devrait atteindre 47 MMDH en 2030, contre 21,7 MMDH en 2025, soit plus du double. Ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 16,7% entre 2025 et 2030. Le résultat net, lui, devrait progresser en moyenne de 28,9% par an pour atteindre
1,43 MMDH en 2030, contre 403 MDH en 2025.

CMGP, croissance externe élargie
CMGP a, de son côté, multiplié les opérations de croissance externe sur des segments jugés porteurs. En novembre 2025, le groupe a porté sa participation dans Agrosem à 70%.

Il a acquis ensuite, en janvier 2026, 70% du capital de Sodipire, spécialiste de l’importation et de la distribution de tracteurs et d’équipements agricoles. Ce qui lui a permis de renforcer son ancrage sur le marché stratégique des semences et dans le machinisme agricole.

Mais le deal le plus structurant reste l’acquisition de 95% du capital de la Compagnie de produits chimiques du Maroc (CPCM).

Estimée à près de 1 MMDH, l’opération repose sur un montage combinant 300 MDH d’augmentation de capital et 700 MDH de dette.

Avec cette acquisition, CMGP ne se limite plus à consolider ses positions historiques dans l’agriculture. Il accède à de nouveaux relais de croissance et renforce son intégration sur des activités complémentaires, susceptibles de lui offrir une base plus large et plus diversifiée.

CMT, tournant capitalistique
Après une période critique marquée par plusieurs dossiers contentieux, CMT a engagé un processus de clarification juridique et capitalistique.

La compagnie a ainsi conclu un accord portant sur l’acquisition par Ayrad de 100% des parts d’OSEAD Fund, entité luxembourgeoise détenue par SVL, qui détient indirectement, via la société marocaine OMM (OSEAD Maroc Mining), 37,04% du capital social de CMT, à un prix de 130 millions de dollars. L’opération devrait déclencher une OPA obligatoire sur l’intégralité des actions CMT.

Cette opération s’accompagne du règlement définitif de deux différends. Le premier concerne le litige entre OMM et CMT, relatif au prêt consenti par la compagnie à OMM en 2012, en contrepartie du paiement à CMT de la contrevaleur en dirhams de 35 millions de dollars. Le second oppose Shaba Metals LLC, entité liée à SVL, à CMT au sujet de l’exécution de contrats d’offtake conclus en 2024, moyennant le paiement à CMT de 12 millions de dollars.

TGCC, plus de verticalisation
Enfin, dans le BTP, TGCC devrait acquérir 51% du capital de Safettras, Société africaine des études et des travaux spéciaux, dans l’objectif d’intégrer des compétences à forte valeur ajoutée, de renforcer la maîtrise des étapes clés des projets et d’améliorer la performance opérationnelle.

Elle doit également soutenir son expansion au Maroc, en Afrique et au Moyen-Orient, mais aussi mieux contrôler certaines phases techniques des chantiers, renforcer les synergies entre ses différentes activités et proposer à ses clients des solutions plus intégrées.


Accalmie sur le marché des capitaux
Hormis les introductions en Bourse, les levées de fonds réalisées sont des moins dynamiques. Ce premier semestre aura connu un emprunt obligataire de 5 MMDH de l’OCP, une augmentation de capital de 450 MDH de Risma, un programme de rachat de Maroc Telecom et quelques mises à jour des programmes d’émission de titres de créances négociables à l’instar de Managem et de Jet Contractors.

Cependant, plusieurs sont attendues, dont Auto Hall avec un programme de financement de 1,1 MMDH, dont 600 MDH à travers une émission obligataire, et 500 MDH par augmentation de capital ;
CIH avec une augmentation de capital de 1 MMDH, une émission obligataire par placement privé de LabelVie du même montant et d’Ennakl Automobiles de 100 millions de dinars, soit plus de 300 MDH.