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Eqdom : Une OPA, un contrôle fiscal et un nouvel élan
La société de financement est au-devant de la scène financière en ce début d’année. Pour ce poids lourd du secteur du crédit à la consommation, une nouvelle ère se profile sous la férule du groupe Saham de Moulay Hafid Elalamy.
Un début d’année 2025 animé pour Eqdom. Passée tout récemment dans le giron de la galaxie financière de Moulay Hafid Elalamy, suite à la conclusion en décembre dernier du deal à 8 milliards de dirhams entre Saham et le groupe français Société Générale, la société de financement fait l’objet ces derniers jours d’un newsflow inhabituellement dense.
Avec son lot de bonnes, mais aussi de moins bonnes nouvelles. Côté positif, l’offre publique d’achat (OPA) obligatoire sur les actions Eqdom a finalement reçu l’approbation de l’AMMC, le régulateur des marchés. Une décision qui a entrainé dans la foulée la reprise de cotation du titre à la Bourse de Casablanca, près de deux mois après sa suspension.
Mais avant ce feu vert, et c’est la mauvaise nouvelle, la société de financement a dû passer à la caisse pour solder un litige avec la Direction générale des impôts. Eqdom a, en effet, annoncé le dénouement d’un contrôle fiscal concernant l’IS, l’IR et la TVA pour la période 2016-2023, après avoir conclu un accord avec le Fisc pour le paiement définitif et «irrévocable» de la coquette somme de 82,4 millions de dirhams.
Une charge fiscale exceptionnelle qui n’aura pas d’effet sur le chiffre d’affaires de l’exercice 2024, mais qui impactera tout de même le résultat net, a prévenu la société dans un communiqué. Ce dernier s’est établi à 70 millions de dirhams à fin juin 2024 (90 millions de dirhams à l’issue de l’exercice 2023).
OPA : Les institutionnels restent
Ce litige désormais derrière, place désormais à la nouvelle vie d’Eqdom sous la férule du groupe Saham. Après le changement des instances de gouvernance de la société, qui a vu notamment Moulay M’Hamed Elalamy accéder à la présidence du conseil d’administration, succédant à Mohammed Tahiri, démissionnaire, l’heure est désormais à l’OPA.
L’opération, dont le calendrier sera dévoilé sous peu, fait suite à l’acquisition par Saham Finances de 57,67% du capital de SGMB, qui détient elle-même une participation de 56,82% dans Eqdom, dont 3,1% à travers sa filiale Investima. Saham Finances ayant franchi indirectement à la hausse le seuil de 40% des droits de vote d’Eqdom, le dépôt d’une OPA sur les actions de cette dernière devient obligatoire, comme le prévoit la loi.
Déclaré recevable donc par l’AMMC, le projet d’OPA vise la totalité des actions non détenues par Saham Finances, SGMB et Investima. Précision importante : les actions détenues par les institutionnels qui complètent le tour de table d’Eqdom ne sont pas concernées.
Comme le souligne l’Autorité des marchés dans son avis de recevabilité, le RCAR, la CIMR et la SCR, qui détiennent respectivement 10,18%, 6,02% et 5,08% du capital de la société de financement, ont renoncé à apporter les titres qu’ils détiennent à l’OPA. Au final, l’offre porte sur 364.112 actions, ce qui représente un flottant de 21,80% du capital.
Côté prix, le trio d’initiateurs offre aux autres actionnaires d’acquérir leurs actions au prix unitaire de 1.045 dirhams. Ces actionnaires ont alors la possibilité d’apporter, intégralement ou partiellement, leurs actions à l’offre, sachant que SGMB, d’un commun accord avec les initiateurs, se porte acquéreur de toutes les actions apportées à l’OPA. Autre précision : la filiale Investima envisage de céder l’ensemble des titres Eqdom qu’elle détient après la clôture de l’Offre.
Des parts de marché à reconquérir
Une fois achevée, cette opération boursière sonnera en quelque sorte la fin du processus d’acquisition par Saham de SGMB et de ses filiales, qui a démarré en mai 2024, avec l’annonce officielle du deal entre Société Générale France et la Holding de Moulay Hafid Elalamy. Pour Eqdom, une nouvelle ère se profile avec de nouvelles ambitions.
La société de financement, créée en 1974 et cotée en Bourse en 1978, aspire à augmenter ses parts de marché, ou plutôt à les reconquérir. En effet, entre 2021 et 2023, dans un contexte fortement concurrentiel et de resserrement des marges, la part de marché d’Eqdom pour la production nette est passée de 12,6 à 10,4%, se classant à la quatrième position derrière les sociétés Wafasalaf, Sofac et Vivalis. Pour ce qui est des encours bruts, sa part de marché a diminué de 17,4% en 2021 à 14,1% en 2023, derrière le même trio.
La reconquête des parts de marché passe notamment par une dynamique commerciale soutenue pour maintenir la position de référence d’Eqdom sur le prélèvement à la source (crédits aux fonctionnaires, retraités de la CMR et du RCAR, et salariés d’organismes conventionnés). Mais cela passe aussi par une stratégie de conquête dans des secteurs porteurs comme celui de l’automobile, pour lequel la société de crédit nourrit de grandes ambitions.
Une orientation stratégique qui semble payante. Ainsi, au terme du troisième trimestre 2024, l’activité commerciale d’Eqdom a continué sa bonne dynamique observée depuis le début de l’année, marquée par une forte hausse de la production nette de +18% pour atteindre un cumul de 2,16 milliards de dirhams.
Une performance portée principalement par le segment automobile (+40%), qui capitalise sur les partenariats conclus avec des concessionnaires qui commercialisent des véhicules généralistes, mais aussi avec des acteurs spécialisés dans la vente des véhicules d’occasion. Dans sa communication financière à fin septembre, la société assure que la mise en œuvre de sa vision stratégique se poursuivra, avec plus d’efficacité opérationnelle et commerciale.
1.045 dirhams, le juste prix
La fixation du prix de l’OPA repose sur deux méthodes. La première, celle du cours moyen pondéré, consiste à analyser les cours boursiers moyens de l’action Eqdom sur les 9 mois précédant le 15 novembre 2024, afin de couvrir une période permettant de prendre en compte l’annonce de l’opération d’acquisition d’actions SGMB intervenue en avril 2024.
Sur la base du cours moyen pondéré, la valeur par action d’Eqdom ressort à 1.145 dirhams. La seconde méthode, elle, concerne l’actualisation des flux futurs de dividendes distribuables. Elle repose sur les flux futurs de dividendes distribuables en tenant compte d’un ratio de fonds propres de catégorie 1 de 13% correspondant au niveau minimum de 9% exigé par la réglementation (augmenté d’un coussin de 4%), actualisés au coût moyen pondéré des capitaux.
Une décote de 15% a été appliquée dans la mesure où les prévisions de dividendes distribuables tiennent compte de synergies futures escomptées par le nouvel actionnaire majoritaire. L’application de cette méthode aboutit à un prix par action de 944 dirhams. Ainsi, avec une pondération de 50% pour chacune des méthodes, le prix par action retenu pour l’OPA est ainsi de 1.045 dirhams par action.
