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En Couv’. Location de voitures : Une conduite vers la rentabilité
Même si le marché compte près de 140.000 véhicules en location, il reste encore prometteur. L’affaire peut dégager une marge bénéficiaire de 40% au bout de la cinquième année d’activité. Mais elle comporte de hauts risques.
Avec environ 138.000 voitures mises en location et environ 10.000 agences créées sur tout le Maroc, le marché de la location de voitures semble saturé. Il n’en est rien. Il y a encore de la place pour d’autres, comme disait ce propriétaire d’un établissement opérant dans cette activité et qui a ouvert trois agences en 10 ans.
Tant que le Maroc reste une destination touristique, qui devra prendre davantage d’ampleur avec les objectifs ambitieux des pouvoirs publics, tant que les MRE continueront à rentrer au pays pour passer leurs vacances et tant que les entreprises recourent toujours aux services des agences de location de voitures, que ce soit pour le long ou le court terme, ces agences continueront d’exister. D’ailleurs, elles poussent partout. On peut les trouver, alignées les unes à côté des autres, le long d’une seule avenue.
«C’est une activité qui tourne bien. La demande ne se fait pas attendre. L’on a tendance à croire qu’il s’agit d’une activité saisonnière, qui fonctionne plus pendant la période estivale que les autres saisons. Mais pas du tout. Il suffit d’avoir les bons clients et les fidéliser», explique ce propriétaire contacté. Il est vrai que la crise sanitaire a terrassé l’activité et les propriétaires d’agences de location de véhicules se sont retrouvés sans la moindre rentrée d’argent, si ce n’est les bénéfices collectés les années antérieures.
Mais l’activité a rapidement retrouvé son dynamisme dès la fin du confinement et encore plus après la levée des restrictions aériennes.
Démarrer avec 5 voitures au moins
Créer une agence de location de voitures est sanctionné par le respect d’un cahier des charges fixé par le ministère du Transport. Plusieurs conditions sont imposées autant pour la formation que le personnel, le nombre minimum de voitures requis ou encore le délai de renouvellement du parc (voir encadré). Du reste, en début d’activité, il n’est pas recommandé de commencer avec des voitures de haut calibre. Quelques citadines d’une valeur avoisinant en moyenne 170.000 dirhams sont suffisantes. Il ne faut pas espérer un démarrage en grande pompe même si le marché est porteur. Des efforts de démarchage et de prospection sont nécessaires pour se faire connaître. En tout cas, pour entamer l’activité, il faut compter un budget de quelque 900.000 dirhams équivalent à l’acquisition de 5 voitures d’une valeur de 170.000 dirhams chacune, en plus des frais d’équipement et d’aménagement.
Les charges auxquelles fait face le propriétaire sont connues. Il n’y a pas d’imprévus. Il s’agit des primes d’assurance auto qui sont en moyenne de 4.500 dirhams pour une RC uniquement, les frais liés à l’entretien et la vidange, les salaires de deux personnes, les vignettes des voitures et les divers frais pour une somme de 80.000 dirhams et le loyer qu’on a supposé à une moyenne de 4.000 DH/mois. Cela sans compter les charges liées aux crédits au cas où le propriétaire recourt au financement. S’il y a un problème à déplorer au niveau de cette activité, c’est celui du financement bancaire. «Les banques considèrent notre activité à risque élevé et sont méfiantes à accorder des crédits. Nous recourons alors aux sociétés de financement, qui se montrent moins sceptiques», se désole notre source.
Un taux d’immobilisation de 20% du parc
De plus, toutes les voitures ne peuvent être prises tous les jours de l’année. Il faut prévoir un taux d’immobilisation, équivalent à 20%. «Pour simplifier, au moins une voiture sur les cinq requises par le ministère reste à l’arrêt pendant une année», explique ce professionnel qui a développé son activité et dispose maintenant d’une soixantaine de voitures.
Malgré tout l’intérêt qu’on peut lui porter, du côté de la rentabilité et de la marge bénéficiaire nette qui pourrait atteindre jusqu’à 40%, l’activité comporte des risques, et ils sont grands. Il n’en existe pas un plus fréquent ou grave que d’autres. Les professionnels approchés les mettent tous sur le même piédestal. Cela dit, si on peut mettre le vol ou les accidents de la route sur un registre, l’abandon d’une voiture, le vol de pièces auto ou autres incidents sont aussi des dangers pour l’activité. Ce n’est pas pour rien que ces professionnels continuent de demander un chèque de garantie à leurs clients, pratique interdite rappelons-le, en cas d’incident.
Une location de 300 DH en moyenne
Si l’on considère un taux de location plein de 4 voitures à un prix moyen de 300 DH par jour, l’affaire peut dégager un bénéfice de plus de 400.000 DH, sans compter le coût d’amortissement ou du crédit. Les loyers des voitures peuvent changer en fonction des périodes. Pendant l’été, le prix peut aller jusqu’au double de son niveau du reste de l’année, en fonction de la demande et de l’afflux des intéressés ; la loi de l’offre et de la demande l’emporte.
Il faut savoir que le ministère impose le renouvellement du parc au bout de cinq années de circulation. Ainsi, des gains sont réalisés à la revente, pouvant ainsi servir au rachat de nouvelles voitures, ou en partie. Toutefois, notre source recommande d’éviter de s’aventurer dans l’achat de voitures de gros calibre, à moins de procéder au calcul du coût de la voiture en question pendant les cinq années, comprenant le financement, l’assurance, l’entretien, la vidange, et de le déduire du prix de vente estimé après cette période. La différence qui en résulte devra être équivalente au moins aux revenus que le propriétaire devra dégager. Et c’est sur cette base que l’estimation des revenus, charges et gains éventuels devrait être effectuée pour établir son business plan.
Un cahier des charges pour l’activité
Ouvrir une agence de location de voitures répond à des normes que le ministère du Transport a fixées et qu’il compte revoir pour professionnaliser davantage l’activité. En attendant, il faut d’abord adresser une demande au service concerné, accompagnée de nombre de documents comme le casier judiciaire, extrait d’acte de naissance… Une caution de 500.000 DH est exigée également. Cela pour l’accord de principe. Une fois obtenu, commence alors le processus d’achat des voitures dont le minimum requis est cinq. Ensuite, il faut remettre d’autres documents au ministère, dans un délai d’un an maximum, parmi lesquels un document justifiant la disponibilité d’au moins cinq véhicules, des attestations d’inscription au rôle des patentes dont l’objet est l’activité de location de voitures, d’inscription à la TVA, à la CNSS et un plan des locaux destinés à l’exploitation. Si tout est en règle, une attestation d’exploitation est délivrée.
A côté, le cahier des charges impose également que le personnel soit composé d’un gérant et d’au moins un mécanicien titulaire d’un CAP, option mécanique automobile. De plus, le gérant doit être âgé de 23 au minimum et être titulaire d’un BAC+2 ou bien justifier du niveau bac et d’une expérience dans le domaine d’au moins quatre années.

