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CMGP Group : L’ascension d’un champion marocain coté
Porté par l’envolée de son titre en Bourse et une stratégie de croissance externe ambitieuse, le leader national de l’irrigation accélère sa montée en puissance. L’intégration récente de la Compagnie de produits chimiques du Maroc marque une nouvelle étape dans la transformation du groupe, désormais positionné sur des segments industriels à forte valeur ajoutée.
En lançant CMGP en 1995, Youssef Moamah n’imaginait sans doute pas une telle réussite. En trois décennies, son groupe a connu une trajectoire de croissance remarquable.
Initialement spécialisé dans l’irrigation, le leader national a étendu son empreinte à l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, de l’agrofourniture à la chimie industrielle, en passant par les infrastructures hydrauliques et l’énergie solaire.
Une diversification maîtrisée qui en fait l’une des valeurs les plus prisées de la Bourse de Casablanca.
Introduit le 16 décembre 2024 au prix de 200 dirhams, le titre a immédiatement suscité un fort engouement, avec une opération largement sursouscrite. En moins d’un mois, l’action avait bondi de 65%.
Début février 2026, elle oscillait entre 370 et 380DH, soit une progression d’environ 90% depuis l’IPO. La capitalisation boursière a presque doublé, passant de 3,4 milliards de dirhams (MMDH) à près de 6,3 MMDH.
Très prisée sur la place financière casablancaise, l’action CMGP fait régulièrement l’objet de recommandations positives de la part des analystes.
CFG Bank et BMCE Capital Global Research anticipent un potentiel de hausse vers des niveaux compris entre 400 et 500 DH dans les douze prochains mois. Le transfert du titre du compartiment «Principal B» vers le «Principal A», effectif depuis le 12 janvier 2026, reflète également cette confiance du marché.
Diversification des filiales
Cette solide performance boursière s’appuie sur des fondamentaux solides. Depuis 2021, CMGP affiche une croissance annuelle moyenne de 7% de son chiffre d’affaires.
En 2024, celui-ci s’est établi à 2,3 MMDH, tandis que le résultat net a atteint 183 millions de dirhams (MDH), en hausse de près de 49%. La dynamique s’est poursuivie au premier semestre 2025, avec un chiffre d’affaires de 1,12 MMDH et un résultat net de 97 MDH, augurant d’une nouvelle année de progression.
Cette trajectoire est le fruit d’un repositionnement stratégique opéré dès 2021. Cette année-là, CMGP, alors leader de l’irrigation, fusionne avec le Comptoir agricole du Souss (CAS). Ce rapprochement donne naissance à un acteur intégré couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur agricole.
Sous la marque CMGP-CAS, le groupe devient un véritable «one-stop-shop» pour les agriculteurs marocains, combinant équipements, intrants, solutions énergétiques et projets clés en main.
«Le choix de l’intégration et de la diversification dans les métiers complémentaires avait trois objectifs, en l’occurrence l’étoffement de la gamme des produits agricoles, le développement du réseau de distribution national, ainsi que la réalisation des projets d’irrigation clés en main (de la conception à l’installation», explique Youssef Moamah, PDG de CMGP Group, lors de la présentation de l’IPO le 5 décembre 2024.
Croissance externe ciblée
Depuis, l’une des dernières recrues de la place financière a multiplié les opérations de croissance externe sur des segments porteurs. En novembre 2025, le groupe a porté sa participation dans Agrofourniture Semence (Agrosem) à 70%, renforçant son positionnement sur le marché stratégique des semences.
En janvier 2026, il a obtenu le feu vert du Conseil de la concurrence pour l’acquisition de 70% du capital de Sodipire, spécialiste de l’importation et de la distribution de tracteurs et d’équipements agricoles, consolidant ainsi sa présence dans le machinisme agricole.
Mais le deal le plus structurant reste l’acquisition de 95% du capital de la Compagnie de produits chimiques du Maroc (CPCM), pour un montant estimé à près de 1 MMDH, dont 300 MDH d’augmentation de capital et 700 MDH de dette.
Acteur de référence dans la fabrication et la distribution de produits chimiques agricoles et industriels, la société détient près de 8% du marché national des phytosanitaires et est reconnue comme le seul fabricant local de cette catégorie.
Avec près de 90 produits homologués par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et un réseau de plus de vingt fournisseurs internationaux, CPCM couvre l’ensemble de la chaîne de valeur de cette niche : intrants agricoles, traitement des eaux, dessalement, chimie industrielle, etc.
Son intégration permet à CMGP de franchir un cap industriel et d’accéder à de nouveaux relais de croissance au-delà du seul périmètre agricole.
Une ambition panafricaine
Fort de cette nouvelle envergure, CMGP entend accélérer son développement en Afrique subsaharienne, où il est implanté depuis 2017, notamment au Sénégal, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Mali, afin de devenir un acteur panafricain de référence dans son domaine.
Une région où les besoins en irrigation, intrants agricoles et solutions énergétiques sont appelés à croître fortement. Ces ambitions s’inscrivent dans le cadre du plan stratégique 2025-2030, axé sur le renforcement de métiers historiques, l’internationalisation et la poursuite de la croissance externe.
Objectif : atteindre un résultat net proche de 400 MDH d’ici quatre ans et devenir un leader dans l’agriculture, l’eau et l’énergie solaire, en s’appuyant notamment sur son business unit «Retail», véritable locomotive de la croissance.
Un challenge que le groupe de Youssef Moamah compte relever en s’appuyant sur les flux générés en Bourse, où le cours de son action est promis à un bel avenir.
De belles perspectives de croissance
Les projections optimistes de croissance de CMGP s’appuient sur les grands chantiers lancés par le Maroc dans le cadre du programme Génération Green (2020-2030) et des projets structurants visant à réduire le stress hydrique, tels que les autoroutes de l’eau, le dessalement et la construction de nouveaux barrages.
Le groupe est déjà impliqué dans plusieurs projets publics d’envergure.
Dernier en date : le contrat de 345,5 MDH remporté fin décembre 2025 pour la réalisation du réseau de distribution hydraulique du projet hydroagricole de Saïss, dans la région de Fès-Meknès.
Ce projet prévoit l’acheminement de plus de 125 millions de m³ d’eau depuis le barrage M’dez pour irriguer une première tranche de 10.000 hectares, avec une extension programmée à terme à 30.000 hectares.
