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CIH BANK : Le renouveau finit par payer
La banque a misé sur le digital, la diversification de la clientèle, l’élargissement des métiers, pour devenir une banque à part entière, qui n’a rien à envier aux autres. Une stratégie payante qui la remet au centre de l’attention.
S’il y a une banque au Maroc qui a réussi à effacer l’ardoise du passé, à redorer son blason et à se transformer de fond en comble, c’est bien CIH Bank. Le «petit poucet» du secteur n’a plus rien à envier aux grandes banques de la place. Au terme de l’exercice 2023, l’activité commerciale de l’établissement de crédit a généré un produit net bancaire de 4,4 milliards de dirhams, en hausse de 27% sur une année, et ce, grâce à la progression des dépôts de 7,6% à 74 milliards et des crédits de 8,8% à 91 milliards. Sur cet encours, 48% des crédits sont accordés hors immobilier.
La banque s’est tellement renouvelée qu’elle en a fini, depuis longtemps, avec son exposition au secteur immobilier et hôtelier. Il lui en aura fallu un long chemin et un visionnaire aux manettes. Les dizaines de milliards de dirhams de créances en souffrance enregistrées depuis les années 2000, en raison d’une mauvaise gouvernance, de dilapidation de fonds ou toute autre raison, ont été totalement épurées.
Le digital comme fer de lance
Pour se réinventer, Ahmed Rahhou, alors PDG de la banque, a conduit une stratégie qui vise le rapprochement envers tout type de clientèle, tout en réduisant au mieux la dépendance du CIH envers le secteur immobilier. Alors qu’elle dégageait en moyenne des bénéfices de 400 MDH sur la période 2013-2020, la banque a franchi les 600 MDH à partir de 2021.
Elle a, entre autres, fortement misé sur le digital. D’ailleurs, CIH Bank était parmi les premières à supprimer les dates de valeur, à permettre le virement instantané entre deux comptes CIH Bank, à lancer les cartes multiservices… À côté, la banque a rapidement pris conscience de l’utilisation croissante des jeunes pour les nouvelles technologies et, partant, leur bancarisation. C’est ainsi qu’elle a offert la gratuité des services bancaires pour les moins de 30 ans.
Le digital est certes le fer de lance de l’établissement bancaire, mais pas seulement. Comme la banque n’a été concentrée notamment que sur son métier conventionnel, il lui fallait d’autres relais de croissance. C’est ainsi qu’elle acquiert auprès de la CDG la société de crédit à la consommation, Sofac, et de leasing, Maroc Leasing, en contrepartie de la cession d’actifs hôteliers détenus par la banque. Un autre métier lui manquait : celui de l’assurance. En 2015, la banque a acquis 10% du capital de la compagnie d’assurance Atlanta, pour la bagatelle d’un milliard de dirhams. Et pour boucler la boucle, CIH Bank lance sa banque participative Umnia Bank, en 2017, suite à un partenariat entre la CDG et le Qatar International Islamic Bank. En cours de route, la banque s’est diversifiée davantage, en rachetant récemment la filiale spécialisée en gestion d’OPCVM de la BMCI, qu’elle a renommé CIH Capital Management, en créant la première société de gestion d’OPCI, Ajarinvest.
La barre de 700 MDH de bénéfices franchie
Actuellement, les filiales Umnia et Sofac augmentent leur contribution au PNB, d’année en année. À fin 2023, la société de financement participe à hauteur de 16% à la formation du PNB de la banque, au moment où la banque participative y contribue à hauteur de 5%.
Pour ce qui est des bénéfices, le groupe a franchi une autre barre, celle des 700 MDH. Le résultat net part du groupe a ainsi atteint 710,4 MDH, en amélioration de 6,7% en une année. Seul bémol de l’exercice passé, un coût du risque qui a explosé de 117% à 1,28 MMDH. Il a même dépassé son niveau de 996 MDH de 2020, année de pandémie pendant laquelle la banque avait mené une politique prudente de provisionnement. En cause, la mise en place d’une stratégie de couverture préventive, en lien avec la croissance des financements en faveur de la clientèle des entreprises. Il faut dire que la banque, qui était tournée résolument vers les particuliers, a depuis des années élargi son éventail en diversifiant ses emplois. Elle a même dédié certaines de ses agences à sa clientèle professionnelle.
En Bourse, la banque affiche des performances appréciables. Elle a clôturé l’année 2023 sur un cours de 351,5 DH, portant sa variation annuelle à 15,6%. La valeur enchaîne une hausse après l’autre, puisque depuis le début de cette année, le cours est en progression de 4% à 366 DH. En parallèle, ses fondamentaux boursiers restent intéressants, avec un PER estimé de 13 et un dividende yield de 3,8%, alors que la moyenne de la corbeille casablancaise cote à un PER de 18 et un taux de rendement des dividendes de 2,4%.
Première position en réception de virements instantanés
La digitalisation figure comme stratégie essentielle de développement du groupe CIH Bank. Cette politique a bien porté ses fruits, puisqu’à fin 2023, la banque a compté près de 2 millions d’utilisateurs de son application mobile et un million de connexions quotidiennement. De même, ce sont 100.000 virements et transactions, 85.000 opérations de paiement des factures et recharges et 7.000 virements instantanés qui sont effectués par jour. Ces performances lui valent la première position en réception de virements instantanés, avec une part de marché de 30% et la seconde en émission de ce type d’opérations, drainant ainsi un poids de 24%.
