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Ces start-up qui ont décroché le jackpot

Contrairement à l’année précédente, 2024 devrait connaître l’essor de jeunes pousses nationales avec des financements conséquents.

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En 2023, une vingtaine de jeunes entreprises dynamiques au Maroc ont réussi à attirer l’attention des investisseurs en levant plus de 75 millions de dollars en financement de capital-risque. Les secteurs les plus attractifs ont été les fintechs, suivis de près par la logistique. Cash plus a été l’une des bénéficiaires de ces fonds, récoltant un investissement de 60 millions de dollars auprès de la Société financière internationale (SFI), Mediterrania Capital et FMO, la banque néerlandaise de développement entrepreneurial.

Cette année, la dynamique semble se poursuivre avec l’impulsion attendue du Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I), qui devrait attirer de nouveaux fonds pour dynamiser l’industrie des start-up et favoriser le développement du continuum d’investissement mais aussi le fonds Innov Invest de la Caisse centrale de garantie (CCG) qui devrait bientôt accorder les financements dans le cadre de sa nouvelle édition. Du côté des start-up, l’essor se concrétise avec des succès notables, comme celui de RemotePass, une entreprise marocaine spécialisée dans les solutions HR & fintech pour le travail à distance, qui a récemment levé 5,5 millions de dollars en mars.
Cette ronde de financement, qui a suscité un vif intérêt, a été dirigée par 212 VC, avec la participation d’investisseurs des États-Unis, d’Europe et du Moyen-Orient. Avec cette levée de fonds, le montant total collecté par

RemotePass dépasse désormais les 10 millions de dollars, ajoutés aux investissements précédents de BECO Capital, Wamda Capital, Plug & Play et Flat6Labs. Un autre exemple notable est celui de Tookeez, une start-up fintech spécialisée dans la fidélisation des clients, offrant une valeur ajoutée aux marques, aux commerçants et aux clients. Récemment, la société a réalisé une levée de fonds de 15 millions de dirhams, avec le soutien d’Azur Innovation Fund, un fonds d’amorçage public-privé marocain. Cette injection de capital permettra à Tookeez d’accélérer son expansion au Maroc, sur le continent et dans la région MENA.

Siham El Mejjad, co-fondatrice de Tookeez, partage sa vision ambitieuse. «Nous concentrons nos efforts sur trois piliers majeurs : l’amélioration de l’expérience client à travers de nouvelles fonctionnalités de notre application, le renforcement de notre stratégie marketing et de communication pour accroître la notoriété de notre marque, ainsi que l’expansion de notre réseau de partenaires. Notre objectif est d’atteindre près de 4 millions de membres d’ici 2028». Elle souligne également que l’engouement pour les investissements dans les start-up est beaucoup plus fort aujourd’hui qu’il ne l’était il y a une décennie.

Solidité du modèle économique
De ce fait, un changement dans la mentalité des investisseurs, passant d’une approche moins ciblée à une approche plus rigoureuse axée sur la viabilité économique des start-up, est de plus en plus de mise.

Qu’ils soient des fonds de capital-risque ou des business angels, ces derniers se montrent désormais plus prudents et sélectifs dans leurs choix d’investissement. Contrairement aux années précédentes, où les investissements étaient parfois moins ciblés, l’accent est aujourd’hui mis sur la viabilité et la solidité du modèle économique des jeunes entreprises. Cette approche plus rigoureuse vise à garantir que les start-up financées possèdent un modèle économique robuste et sont bien positionnées pour devenir rentables.

Pour Mehdi Alaoui, fondateur de la StartupStation, structure d’accompagnement des jeunes pousses, «la transition marque un tournant crucial dans le paysage des start-up au Maroc. Il est indéniable que le marché a atteint un niveau de maturité sans précédent. Désormais, les investisseurs ne se contentent plus d’idées novatrices, mais recherchent activement des entreprises démontrant un potentiel de croissance soutenu et une feuille de route claire vers la rentabilité».

C’est un nouveau paradigme pour les start-up marocaines, qui se voient confrontées à un double défi : d’une part, elles doivent prouver leur valeur intrinsèque sur un marché de plus en plus concurrentiel et, d’autre part, elles doivent démontrer leur capacité à perdurer dans le temps. Toutefois, cette évolution représente également une opportunité sans précédent pour ces jeunes pousses, les incitant à perfectionner leurs stratégies et à affiner leur proposition de valeur pour attirer des investisseurs avisés.

Par ailleurs, selon Mehdi Alaoui, le Maroc accuse toujours un retard par rapport à d’autres pays, tels que le Nigéria, l’Afrique du Sud ou encore l’Égypte. Il estime qu’il est crucial de mettre en place un cadre réglementaire législatif adapté, tel qu’un Startup Act, afin de favoriser davantage la croissance et le développement des start-up. Cela pourrait être accompli en offrant des incitations, des exemptions fiscales, des subventions ou en simplifiant les réglementations pour les entreprises émergentes.