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Ces crédits «malins» qui cachent des particularités

Si le crédit immobilier amortissable est le plus prisé par les Marocains, d’autres produits de financement existent, mais restent peu commercialisés. Avant de contracter n’importe quel prêt, l’offre préalable de crédit est obligatoirement remise au client.

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Les établissements de crédit ne cessent d’innover en matière de financement des particuliers. Malheureusement, certains prêts restent méconnus de la part des clients ou encore «oubliés» par les banquiers, au point que certains établissements de crédit ont arrêté leur commercialisation. Crédit in fine, relais, aménagement et rénovation, peuvent être tout aussi importants que les crédits classiques. Tour d’horizon.

Crédit in fine, relais… que d’avantages !
Rares sont les personnes qui, lors de la contraction d’un crédit immobilier, demandent à leurs banquiers s’il existe d’autres formules de prêt. Le crédit classique accordé sur une période déterminée et remboursable à travers des mensualités fixes étant le plus répandu et connu de tous. Or, il existe au moins deux autres types de crédits aussi intéressants l’un que l’autre. Il s’agit du crédit in fine et du crédit relais.

Dans son fonctionnement, le premier type présente les mêmes caractéristiques que le crédit classique, que ce soit en termes de taux que de durée. Sauf qu’il a des particularités liées aux mensualités payées. Bien qu’elles soient composées des intérêts et de la part du capital à rembourser, à l’instar toujours d’un crédit immobilier amortissable, l’organisme prêteur ne prend que les intérêts. La part amortissable du capital, elle, est versée dans un plan d’épargne, auquel le client est obligé de souscrire, pour une période de 10 ans généralement. Ce dernier est nanti obligatoirement en faveur de la banque et sert alors au remboursement du capital emprunté, mais en one shot à la fin de la période du crédit.

L’intérêt de ce type de crédit est que ces cotisations sont revalorisées à un taux de rendement annuel fixé par la banque, à travers sa compagnie d’assurance. Le client peut se retrouver alors, en fin de période, avec une somme conséquente qui pourrait même dépasser le capital emprunté.

D’autant que deux avantages sont liés à cette formule. D’abord, les intérêts sont déductibles à hauteur de 10% du revenu net imposable. Ensuite, les cotisations bénéficient de déduction allant de 40 à 70% en fonction du capital revalorisé.

Par ailleurs, supposons qu’un client est tombé sur une bonne opportunité d’acquisition d’un bien immobilier, alors qu’il en occupe déjà un autre. Le second étant plus intéressant, mais aussi plus cher que l’initial. Dans ce cas, la banque peut financer le différentiel entre le prix d’achat du second et le prix de vente du premier, sous forme d’un crédit immobilier classique, avec les conditions en vigueur sur le marché. Parallèlement, un 2e contrat de crédit est signé correspondant au montant de vente du bien déjà occupé. Mais, il est accordé sur une durée d’une année, renouvelable une seule fois, le temps de vendre le bien en question. Passé ce délai, le client est obligé de rembourser et le montant du crédit et les intérêts en une seule fois. Plus le bien est rapidement vendu, moins le client supportera des intérêts. Que d’avantages également dans ce type de crédit, ne serait-ce qu’au niveau de la traite qui serait moins lourde, que s’il avait contracté un prêt, pour toute la somme du nouveau bien !

Crédit aménagement & rénovation, ça existe !
Si une maison se fait vieille et qu’elle a besoin d’un coup de jeune, il faut savoir que des financements dédiés à ce genre de travaux sont proposés tant par les sociétés de financement que par les banques. Chaque établissement va de sa propre partition. Ils peuvent même être rajoutés dans le prix d’achat initial, au cas où l’acquéreur souhaite apporter des modifications à son lieu de résidence, au moment de son acquisition. Le montant peut atteindre 800.000 DH, ou même plus, pour une durée allant jusqu’à 25 ans. Il faut juste que ce financement, tous crédits confondus, ne dépasse pas la capacité d’endettement du client.

Pour bénéficier de ce prêt, le bénéficiaire doit présenter un devis lié aux travaux à réaliser. Certaines banques mandatent un expert pour constater de visu la nécessité de ces travaux et fixent même une quotité de financement au mètre carré. De plus, les fonds ne sont pas débloqués en une seule fois, mais plutôt par tranche. À la fin de chaque étape, un expert de la banque va sur le terrain pour vérifier la réalisation des travaux, comme promis. «Les banques optent pour ce mode opératoire pour éviter qu’une personne, de mauvaise foi, contracte ce crédit pour d’autres fins : achat d’une voiture, voyage ou autre», nous explique un banquier.
Autant de formules de financement disponibles, encore faut-il en exprimer le besoin à son banquier et que ce dernier soit assez perspicace pour pointer tel type pour telle nécessité.

Crédit gratuit et faux frais, le bon ménage !
Très en vogue pour n’importe quel évènement : rentrée scolaire, vacances d’été, Aïd Al-Adha… le crédit gratuit attire plusieurs personnes. Et même sans occasion, les sociétés de financement essentiellement, proposent des prêts à taux zéro, ou nouent des conventions avec les maisons de concession de voiture, les magasins d’électroménager… pour proposer des crédits gratuits. Ce prêt, assorti d’un taux nul, est-il vraiment gratuit ? La réponse est non. Rien n’est d’ailleurs gratuit chez un organisme de crédit.

Le prix proposé du bien intègre au préalable la marge du vendeur, mais aussi celle de l’établissement de financement conventionné avec le magasin de vente. Du coup, le prix affiché est un prix augmenté de deux marges à la fois. Mais, il faut le dire, ce bénéfice est nettement inférieur à celui que la société de crédit pourrait dégager si elle avait accordé un financement au taux appliqué sur le marché. Notons toutefois qu’elle n’en sort pas perdante puisqu’elle table sur un effet volume. «Pendant certains mois où l’activité est en baisse de régime, ce genre de partenariat permet à la société de financement de compenser cette période de basse demande, et à nous-mêmes d’attirer une forte clientèle, attirée par la “gratuité” de l’offre», nous confie ce gérant de magasin… Au final, tout le monde y trouve son compte.

Comme il y a toujours des frais à payer ici et là, les sociétés de crédit imposent au client voulant sauter sur l’occasion de disposer de quelque 30.000 ou 50.000 DH, sans avoir à payer des intérêts, de verser des sommes importantes tantôt pour des frais de dossier, tantôt pour l’assurance décès-invalidité. Au bout du compte, le client doit payer l’équivalent de tout ou une partie des intérêts imposés par la société de crédit. Ces organismes tablent aussi sur le volume à réaliser sur ces opérations pour dégager des marges d’intermédiation confortables. Pour contrer ces pratiques, un avant-projet de loi est en cours d’adoption. Il devrait amender la loi sur la protection du consommateur actuelle, qui reste assez floue dans son volet lié au crédit gratuit. Entre autres clauses, il devrait inclure une définition exhaustive du crédit gratuit, excluant tout paiement d’intérêts ou frais supplémentaires. Attendons l’entrée en vigueur de ce texte réglementaire pour voir si ces organismes continueront à proposer ce type de crédit !

Opc, bien plus qu’une simple obligation
Combien de personnes ont contracté un crédit, dans l’urgence ou parce qu’une belle opportunité d’achat d’une voiture ou d’un bien immobilier s’est présentée, et se sont retrouvées dans l’incapacité de rembourser ! Elles sont nombreuses à avoir même regretté de s’être impliquées dans un engagement de si long terme. C’est pour cette raison, mais aussi dans l’objectif d’accéder à toutes les informations liées au crédit, pas seulement la mensualité ou le coût global du crédit, que l’offre préalable de crédit (OPC) est rendue obligatoire à travers la loi sur la protection du consommateur. C’est un document semblable, sur tous les points, au contrat de crédit, qui permet au client de réfléchir à tête reposée à l’ampleur de cet engagement et à sa capacité à rembourser.

Il doit inclure donc l’ensemble des informations, dont l’identité du prêteur et de l’emprunteur, le montant du crédit net d’intérêts, le montant des intérêts, le nombre d’échéances, le taux d’intérêt, la mensualité, ainsi que le coût total du crédit sans assurance. Il doit inclure également les frais d’assurance au cas où elle est proposée par l’organisme prêteur, les frais de dossier et les modalités de remboursement.

Cette OPC est assortie d’un délai qui diffère selon qu’il s’agit d’un crédit à la consommation ou d’un crédit immobilier. Il est de 7 jours pour le premier et de 10 jours pour le second. Au terme de cette période, le client se rend à sa banque, avec le document signé, daté et légalisé. Même si le client est sûr de lui-même et livre cette OPC avant l’écoulement de la période de rétractation, l’organisme de crédit est obligé de respecter ces délais.

De plus, au sens de l’article 89 de la loi 31-08 sur la protection du consommateur, «le prêteur qui accorde un crédit sans saisir l’emprunteur d’une OPC… est déchu du droit aux intérêts et l’emprunteur n’est tenu qu’au remboursement du capital suivant l’échéancier prévu. Les sommes perçues au titre des intérêts seront restituées par le prêteur ou imputées sur le capital restant dû».