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Ce que pèsent les zinzins dans la corbeille casablancaise

Sur une capitalisation boursière de 925 milliards de dirhams, les investisseurs institutionnels détiennent plus de 14%, soit l’équivalent de 135 milliards de dirhams. Les plus grandes participations reviennent à RCAR, MAMDA/MCMA et CIMR. Analyse.

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Plus de 920 milliards de dirhams. C’est la capitalisation boursière cumulée en date du 24 mars. C’est près de 71% du PIB national, plus de 2 fois les exportations marocaines et un niveau presque égal au patrimoine financier des ménages au Maroc (1.025 MMDH en 2023).

La barre des 1.000 milliards de dirhams ne prendrait pas beaucoup de temps pour être franchie, puisque le marché actions vit sa plus belle période ; les analyses estimant toujours un potentiel haussier, davantage suite à l’abaissement du taux directeur le 18 mars dernier.

Les volumes ont pris beaucoup de vitalité également. Environ 500 MDH en moyenne sont échangés quotidiennement sur le marché central, contre une moyenne de 200 à 300 MDH les années précédentes. Beaucoup de dynamisme est affiché par le marché, grâce aussi bien aux particuliers qu’aux OPCVM, ainsi qu’aux personnes morales.

Ces dernières ont un important rôle à jouer, de par leur contribution dans le renforcement de la liquidité des titres en Bourse. Selon les calculs de «La Vie éco» sur la base des données compilées auprès de la Bourse de Casablanca, les investisseurs institutionnels détiennent 135 milliards de dirhams sur le marché actions, sur la base des cours du 24 mars, soit 14,6% de la capitalisation globale…

Et encore ! Cela est juste au titre des participations directes. Ne sont pas prises en compte les participations directes des maisons-mères, les participations indirectes ou encore à travers les divers fonds de placement. Ils sont alors 21 acteurs professionnels à se manifester sur le marché, quotidiennement, pour optimiser leurs placements, renforcer leurs positions dans un titre, ou les liquider dans un autre, répartis entre trois caisses de retraite (CMR, CIMR et RCAR), dix compagnies d’assurance (Attaamine Chaabi, Allianz, Axa Assurance, CAT, RMA, MAMDA/MCMA, Atlanta, Saham, Wafa Assurance et Sanlam) en plus d’une société d’assurance et de réassurance (SCR), cinq banques (BOA, CFG, BMCI, BCP et CIH), un fonds d’investissement à participation directe (Fipar) et la CDG.

IAM, 5% entre les mains des instit’
Ce n’est pas forcément les sociétés de taille importante du marché qui ont les parts de capital les plus détenues par les institutionnels. Maroc Telecom ne dispose pas d’un tour de table éparpillé. Seuls 5,32% du capital sont détenus par la RCAR, soit 5,5 milliards de DH, pour une valeur boursière de 103,7 milliards de dirhams.

Pareil pour Managem, 3e plus grosse capitalisation de la place avec 61 milliards de dirhams. Le seul institutionnel intégré dans son capital est la CIMR avec une part de 8,26%, l’équivalent de 5 milliards de dirhams. D’un autre côté, tous les zinzins n’ont pas systématiquement de grandes participations dans le capital des sociétés cotées.

Si l’on ne prend qu’Allianz et Attaamine Chaabi, elles ont toutes les deux à peine 890 MDH de capitalisation. La première détient 4,77% des parts d’Immorente et la seconde 3,10% de Cosumar et 2,74% de Lesieur. Les cinq plus gros institutionnels en Bourse sont représentés par le RCAR avec 3,34% de la capitalisation globale, suivi de la MAMDA/MCMA avec 2,53% et la CIMR avec 2,38%.

RMA et Wafa Assurance leur emboîtent le pas directement avec des parts de 1,88% et 1,48% respectivement.

12% de la Capi détenus par 5 zinzins
À eux cinq, ils canalisent près de 12% de la valeur de la Bourse de Casablanca, les 16 autres se répartissent les 3% des participations restantes. Il faut savoir que ce qui unit les différents institutionnels en Bourse c’est leur stratégie de placement, assez diversifiée, mais qui privilégie les valeurs de fonds de portefeuille.

Ceci s’inscrit tout à fait dans le cadre de leurs placements à horizon moyen et long. En effet, les secteurs les plus plébiscités sont les bancaires, l’agroalimentaire, les télécoms, l’immobilier et l’hôtellerie. Il s’agit donc de valeurs de croissance, dont les fondamentaux se traduisent sur les cours en Bourse qui, eux, affichent un trend évolutif intéressant sur une longue période.

Si l’on raisonne en termes de titres dont les parts de capital sont le plus détenues par ces investisseurs qualifiés et en mettant de côté les actions directement détenues par les maisons-mères à l’instar de Salafin, de BOA, d’Attijari ou autres, il ressort que Cosumar est la société cotée dont 58,8% du capital est réparti entre zinzins, dont Attaamine Chaabi, AXA, CIMR, CMR, RCAR et Wafa Assurance.

Elle est suivie par Eqdom et Lesieur dont les institutionnels disposent de 28% et 27% de la capitalisation respectivement, puis BCP et CDM dont 23,6% de la capitalisation est représentée par les personnes morales.


Placements : les secteurs qui gagnent la faveur des institutionnels
Les institutionnels restent d’importants intervenants en Bourse. Ils concentrent près de 40% du volume transactionnel sur le marché actions.

Ajoutés aux OPCVM, ils captent les deux tiers des échanges. Leurs interventions devraient continuer à s’intensifier au vu des perspectives optimistes consacrées à la Bourse : valorisation attractive, rendement intéressant, fondamentaux solides avec en face des taux d’intérêt en recul, consécutivement à une inflation contenue et des besoins du Trésor normatifs.

En tout cas, s’il y a redéfinition des stratégies de placements, elle ne se fera pas sans intégrer les secteurs de l’immobilier, bancaire, du BTP et de la santé.