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Budget

Une année décisive pour le développement social

Avec 140 milliards de dirhams dédiés à la Santé et à l’Éducation, le PLF 2026 marque un nouveau cap dans la politique sociale du pays. Modernisation des infrastructures hospitalières, réforme de l’école publique et essor de la formation professionnelle… L’année s’annonce comme un tournant pour le capital humain marocain.

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Le projet de Loi de finances 2026 met l’accent sur un axe majeur : le renforcement des secteurs de l’éducation et de la santé, priorité qui s’inscrit dans la continuité des orientations gouvernementales des quatre dernières années.

D’ailleurs, l’enveloppe budgétaire totale consacrée à ces deux secteurs s’élève à 140 milliards de dirhams, soit une augmentation de 21 milliards par rapport à 2025.

Il faut savoir qu’une refonte du système national de la santé a été engagée depuis 2022 et qui a permis de garantir un accès universel aux soins et de développer un système de santé solide.

Elle est poursuivie par un effort budgétaire alloué au secteur au titre de ce PLF de 42,4 milliards de dirhams (MMDH), contre 32,6 MMDH une année auparavant, en hausse de 30%, sachant que l’enveloppe allouée sur la période en 2021 était de 19,5 MMDH.

Le gouvernement compte ainsi poursuivre le chantier de construction des CHU, moyennant un budget de 5,3 MMDH, dont notamment ceux de Béni-Mellal, Guelmim et Errachidia.

Le CHU Ibn Sina à Rabat, lui, devrait être opérationnel en 2026. «Cette année connaîtra la mise en service de deux CHU, à Agadir et à Laâyoune», a précisé Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des finances, lors de la présentation du PLF au Parlement.

En tout cas, l’élargissement de cette offre hospitalière permettra de porter la capacité litière de plus de 3.800 lits.

Parallèlement, 2,5 MMDH seront consacrés à la poursuite et le lancement des travaux de construction des Centres hospitaliers provinciaux et régionaux et des hôpitaux de psychiatrie, des spécialités et de proximité.

Notons que ce programme a déjà connu l’achèvement de 22 projets durant la période 2022-2025 avec une capacité litière de 2.433 lits.

De plus, afin d’améliorer la qualité des services de santé et de renforcer les conditions d’accueil et de traitement au sein des établissements hospitaliers, le gouvernement consacre 3,32 MMDH pour la mise à niveau et la rénovation de 90 hôpitaux nécessitant une réhabilitation au niveau de l’ensemble des régions du Royaume.

Autre chantier capital, celui du «lancement de la 2e phase de la réhabilitation des établissements de soins de santé primaires, qui vise à rénover les 1.600 centres restants sur une période de trois ans, pour un coût global estimé à 6,9 milliards de dirhams.

Cette phase vient compléter la première, toujours en cours, qui concerne environ 1.400 centres pour un coût global de 6,4 milliards de dirhams», a souligné la ministre.

Le gouvernement poursuit également la mise en œuvre de l’Agence marocaine du médicament et produits de santé, l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés, ainsi que la mise en place progressive des groupements sanitaires territoriaux suite à l’opérationnalisation du GST de la région pilote de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, à compter du 1er octobre 2025.

École publique de qualité
L’éducation, le second volet social le plus important, poursuit sa mue, porté par le plan stratégique pour la réforme du système éducatif : «Feuille de route 2022-2026 pour une école publique de qualité pour tous».

Ainsi, pour un budget de 99 MMDH, les efforts de l’Exécutif devront porter principalement sur la généralisation du modèle des établissements pionniers, et ce, selon un déploiement progressif visant une couverture complète à l’horizon 2027-2028, avec 2.000 nouvelles unités et 500 collèges pionniers au titre de l’année scolaire 2026-2027.

Il s’agira aussi de l’octroi d’une prime annuelle de performance de 10.000 dirhams, une seule fois, aux cadres de ces établissements, afin de renforcer la qualité pédagogique et l’innovation.

Le renforcement de l’offre scolaire, la poursuite des efforts en matière d’appui social et la généralisation du préscolaire comptent également parmi les axes prioritaires de la réforme du système de l’éducation.

L’enseignement supérieur n’est pas en reste, puisque le ministère envisage de poursuivre la professionnalisation de l’offre de formation et son adaptation aux besoins du marché de travail.

C’est une enveloppe de 17,3 MMDH qui est consacrée au secteur et qui met l’accent notamment sur la poursuite du programme de renforcement de la densité du personnel de la santé à l’horizon 2030, à travers le lancement à venir de deux facultés de médecine et de pharmacie à Errachidia et Béni-Mellal.

Le renforcement des talents digitaux à l’horizon 2027, au sein des universités publiques, est aussi de mise, à travers le développement des compétences des étudiants dans les domaines du numérique et des technologies, et ce, par la poursuite de la création des centres de «Code 212».

Le programme de formation des enseignants du primaire et du secondaire à l’horizon 2025, quant à lui, a été marqué par la poursuite des travaux de construction et d’équipement de 6 écoles supérieures d’éducation et de formation à Kénitra, Oujda, Agadir, Berrechid, El Jadida et Béni-Mellal.

10 CMC opérationnelles
Le secteur de la formation professionnelle poursuit sa dynamique de développement soutenu. L’infrastructure a été considérablement renforcée grâce à la création de 27 nouveaux instituts, dont 21 relevant de l’OFPPT, portant ainsi le réseau des établissements publics de formation à 798, dont 510 dépendent de cet Office.

Cette offre sera encore enrichie, avec la mise en service de trois nouvelles Cités des métiers et des compétences (CMC) dans les régions de Dakhla-Oued Eddahab, Marrakech-Safi et Guelmim-Oued Noun, portant le nombre total des CMC opérationnelles à dix, tandis que deux autres sont en cours d’achèvement.

Par ailleurs, l’offre de formation a également été consolidée. C’est ainsi que l’Office a mis en place 400 filières relevant de la nouvelle offre de formation.

La promotion de l’emploi en marche
L’emploi reste le point focal du gouvernement, qui a élaboré une feuille de route articulée autour d’un ensemble d’initiatives complémentaires, avec comme objectif la création de 1,45 million d’emplois à l’horizon 2030, qui sera accompagnée d’une réduction de 9% du taux de chômage.

Il s’agit, entre autres, de la mise en œuvre du dispositif de soutien destiné aux TPME, du renforcement de l’inclusion des programmes actifs de l’emploi (Tahfiz, Idmaj et Taehil), ainsi que de la réduction des pertes d’emploi dans le secteur agricole, à travers la formation par apprentissage.

Le gouvernement envisage également de poursuivre la consolidation de l’orientation professionnelle et l’optimisation de l’intermédiation, par le biais d’une coordination renforcée entre l’OFPPT, l’Anapec et les universités ainsi que l’amélioration de la qualité de la formation à travers l’élargissement du dispositif de la formation par apprentissage.

En somme, le PLF 2026 donne le ton d’une année charnière pour les politiques sociales du Royaume, qui représentent les piliers d’un modèle de développement fondé sur l’équité, la qualité et la durabilité.


Fonction publique : Près de 37.000 postes à pourvoir
Le nombre de postes budgétaires proposés par le Projet de Loi de finances 2026 est de 36.895. Plus du tiers est accaparé par le ministère de l’intérieur (13.000), suivi directement par la Santé qui compte créer 8.000 emplois et le ministère de l’Économie et des finances avec 2.600 postes. Près de 400 postes sont à pourvoir au niveau du ministère de l’Éducation.

Il est à préciser que 19.000 postes supplémentaires sont proposés au profit des Académies régionales d’éducation et de formations, destinés au recrutement de nouveaux enseignants. En résumé, le secteur de l’éducation et de la santé accapare 70% des nouvelles opportunités d’emploi, soit 27.000 fonctions à saisir.