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Banques

Les banques participatives sortent du rouge… Place aux bénéfices

Sept ans après leur démarrage, les banques participatives ont réalisé des résultats bénéficiaires à 30,5 millions de dirhams. Toutefois, l’activité de financement dépasse largement celle de la collecte des dépôts.

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Une année à marquer au fer rouge pour les banques participatives. Elles sont enfin sorties du rouge, sept ans après le démarrage des premiers opérateurs du secteur. En effet, l’activité commerciale poursuit un dynamisme ininterrompu.

Il est toutefois porté par le financement participatif qui atteint près de 40 milliards de dirhams au premier semestre de cette année, selon les publications officielles de ces banques, en progression de 9% par rapport à fin décembre dernier.

Toutefois, la mourabaha immobilière continue de pomper la grosse part du financement participatif, avec un poids de 80%, soit 24,7 milliards de dirhams. En face, l’encours des dépôts a totalisé 10,5 milliards de dirhams, couvrant ainsi à peine le quart des opérations de financement.

Les banques n’arrivent toujours pas à attirer les déposants, en raison essentiellement de la perception qu’ont les clients envers ces banques, les considérant comme des sociétés de financement. Il faut dire que les financements participatifs à la consommation ou encore à l’équipement progressent à un rythme appréciable.

Leurs encours respectifs se sont situés à 1,6 et 4,4 milliards de dirhams, en croissance de 16% et 38%. Par rapport au financement global, ils représentent seulement 5,3% et 13%.

Les Wakala Bil Istithmar, toujours en vogue
En attendant que la collecte des dépôts prenne son envol, les banques participatives recourent toujours aux wakala bil istithmar et dans une moindre mesure aux dépôts d’investissement, pour assurer les ressources financières suffisantes, en vue de faire face à la demande croissante de financement.

Les premières ont atteint un encours de 9,3 milliards de dirhams, en hausse de 5%, alors que les secondes ont totalisé 3,6 milliards avec une augmentation de 34%. Il faut dire que les banques souffrent toujours de cette problématique de refinancement, puisque le marché interbancaire participatif ou à travers la banque centrale tarde à voir le jour.

D’autant que les sukuks émis par le Trésor sont déjà arrivés à terme. Du coup, le coût de refinancement n’est pas similaire à celui des banques classiques.

Au moment où ces dernières se refinancent à 2,75% plus ou moins, soit l’équivalent du taux directeur, les autres subissent un coût de refinancement élevé, compte tenu de la rémunération à octroyer à la banque mère dans le cadre des wakala bil istithmar ou encore aux investisseurs au titre des dépôts d’investissement.

Dans ce topo, le trio de tête préserve toujours sa place. En effet, Umnia Bank, Bank Assafa et Bank Al Yousr drainent 77% des dépôts et 64% des financements. C’est la filiale du CIH qui rafle la mise avec plus du tiers des ressources de la clientèle du secteur et le quart du financement accordé.

Il est à signaler le poids important de Bank Al Yousr dans le segment du financement à l’équipement. À elle seule, la banque dispose d’un encours de 2,4 milliards de dirhams, soit plus de la moitié de l’encours global du secteur. C’est même la seule banque dont le financement participatif immobilier est presque au même niveau que celui de l’équipement.

La barre des bénéfices redressée
En termes de performance financière, les banques participatives ont affiché à fin juin un produit net bancaire global de 468 millions de dirhams, en hausse de 20,5% par rapport à la même période de l’année précédente. Ce qui représente à peine 1% du PNB consolidé des banques classiques.

Près du tiers est réalisé par Umnia Bank avec 127 MDH, suivi de Bank Assafa avec 94 MDH, soit une part de marché de 20% et de Bank Al Yousr avec 82 MDH, s’adjugeant un poids de 17%. À elles trois, ces banques dominent, avec une part globale de 64%.

Comme prévu, les banques participatives, notamment les filiales, sont sorties du rouge au terme de ce premier semestre. Après qu’Al Akhdar a ouvert le bal en réalisant, pour la première fois, un résultat bénéficiaire au terme de l’exercice 2023, c’est au tour des autres banques de suivre ses pas.

Ainsi, après un déficit de 13,5 MDH à fin juin de l’année dernière, Umnia Bank a réalisé un bénéfice de près de 4 MDH. Pareil pour Bank Assafa, dont le résultat est passé de -12 MDH à 90.000 DH.

Cette situation prévaut également pour Bank Al Yousr qui a migré vers le vert avec un résultat de 2,8 MDH contre un déficit de 5,1 MDH une année auparavant. Ainsi, tout le secteur bancaire participatif a réalisé un résultat global de 30,6 MDH, sortant ainsi du rouge, avec -10,4 MDH.

Les perspectives d’évolution du secteur restent toujours prometteuses, compte tenu du potentiel qu’il recèle et qui, selon des professionnels, demeure toujours inexploité entièrement. Maintenant que les banques commencent à dégager des bénéfices, l’on pourrait assister au lancement sur le marché d’autres produits de financement destinés à une catégorie de clientèle non encore servie.


Une expertise pour développer le secteur
Pour donner un nouvel élan à la banque participative, Bank Al Maghrib compte lancer une étude stratégique pour analyser les freins à la croissance de ce secteur et proposer des solutions adaptées au contexte national.

En partenariat avec la BID (Banque islamique de développement), un appel à manifestation d’intérêt est lancé, en vue de recruter un expert chargé d’accompagner le développement de la finance participative au Maroc.

Sa mission portera sur des études approfondies visant à améliorer le cadre réglementaire existant et à identifier les obstacles au développement de ce secteur. Parmi les défis identifiés figurent notamment les contraintes liées à la collecte des dépôts, la diversification des ressources des banques participatives, ainsi que la gestion de la liquidité, un enjeu majeur pour ces établissements.