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Banques

Finance participative : Cette année est la bonne pour le marché des capitaux ?

Le marché est assez mature pour accueillir des instruments financiers participatifs. OPCVM, indice boursier, sukuk…, ne pourraient être que bénéfiques pour compléter le puzzle.

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Le secteur de la finance participative entame sa 8e année d’activité et, en dépit de toutes les difficultés qu’il rencontre, l’activité se maintient et s’améliore même d’année en année. Alors que le pilier «banque» est complet et que celui des assurances grandit doucement, au gré des produits visés par le Conseil supérieur des oulémas, il est un volet qui tarde à voir le jour : c’est celui lié au marché des capitaux. «Tous les opérateurs sont dans l’attente depuis quelques années. À chaque fois, l’annonce d’un délai fait suite à un autre…», se désole un professionnel du marché.

Mais cette année, c’est la bonne, espérons-le. Du moins pour le lancement des OPCVM Sharia Compliance. La loi sur les OPCVM, qui devrait sortir au courant de ce premier semestre, intègre plusieurs nouveautés dont les OPCVM conformes à la Charia, à côté des OPCVM en devises, des ETF…

Le marché est également en attente, depuis plusieurs années, d’un indice boursier participatif. Vraisemblablement, les travaux sont bien avancés pour la mise en place de ce nouvel indice conforme aux préceptes de la Charia. Évidemment, c’est le CSO qui devra valider cet indice, sa composition, ainsi que les filtres utilisés pour l’intégrer, «il s’agira d’un indice qui va répondre à une thématique particulière et qui aura un filtre spécifique, tout comme le Masi 20 qui englobe les 20 sociétés cotées les plus liquides, le Masi ESG ou encore le Masi small & mid caps», explique Said Amaghdir, président de l’Association marocaine des professionnels de la finance participative (AMFP).

Dissocier la loi de l’ingénierie des produits

L’on peut déjà deviner que le premier filtre serait celui d’éliminer les secteurs qui ne répondent pas aux préceptes de la Charia, comme le secteur bancaire, celui des assurances, des sociétés de financement, de la production d’alcool. Ajouter à cela les sociétés qui ont un taux d’endettement élevé. Et du coup, «les sociétés qui souhaiteraient composer cet indice devraient fournir des efforts tant au niveau de leur gearing que de leur relation avec les banques et de leur environnement extérieur de manière globale», ajoute Amaghdir.

En tout cas, notre source assure que le marché est assez mature pour le lancement de ces instruments. «Pour avoir sondé le marché, les family offices, la clientèle patrimoniale, des patrons d’entreprises et même des fonds étrangers…, différents types d’investisseurs scrutent l’opérationnalisation de ces instruments». En plus de cela, il est temps de lancer des sukuk autres que le sak souverain qui d’ailleurs est échu en octobre dernier. Les organismes Takaful et les banques participatives doivent pouvoir trouver d’autres moyens de financement que les dépôts et les wakala bil istithmar.

Il se trouve cependant que le processus est long. Entre la confection d’un produit, sa conception dans un cadre réglementaire, la validation du CSO…, des années s’écoulent. Et c’est justement l’une des lacunes qui devraient être dépassées. De l’avis du président de l’AMFP, «le processus serait accéléré si l’on arrêtait d’intégrer les produits dans les lois. Pour mettre en place un nouveau produit, c’est toute la loi qu’il faudrait changer, et cela prend beaucoup de temps, alors que le marché des capitaux évolue rapidement».

En tout cas, les autorités restent fortement impliquées dans la mise en place d’un écosystème complet de la finance participative. Cela dit, «l’ingénierie financière des produits ne devrait pas relever des autorités. C’est aux associations professionnelles de le faire, en démarrant par l’AMFP, le GPBM, la FMA (Fédération marocaine de l’assurance)… Tous ces intervenants devraient militer pour faire avancer les choses, et rapidement», conclut Amaghdir.