Banques
Crédits : Ces frais qui restent méconnus
Plusieurs frais se cachent derrière le coût du crédit final, à l’instar de ceux liés à l’étude de dossier. Si ces derniers ont été réglementés et correspondent à 0,1% du montant du crédit immobilier, ils sont fixés en fonction de la politique tarifaire de chaque établissement dans le cas d’un prêt personnel.
Demander un crédit auprès d’un établissement n’est pas sans frais. Les banques facturent des commissions pour l’étude de dossier qui incluent généralement l’analyse de la situation financière, la constitution du dossier de crédit et les quelques démarches administratives.
Ils restent souvent méconnus des particuliers, souvent par manque de communication de la part des conseillers ou par négligence des demandeurs de crédit. Le taux d’intérêt étant l’interrogation principale. Mais ces frais cachés viennent renchérir le coût du crédit final, tout comme celui de l’assurance décès-invalidité assortie au crédit.
En tout cas, les frais sont différents entre une banque et une autre, que ce soit pour le crédit immobilier ou à la consommation. Il faut savoir d’abord que la commission prélevée sur l’étude du dossier d’un crédit immobilier a été unifiée entre les banques depuis 2016, à un maximum de 0,1% HT.
Tous les établissements de crédit appliquent donc ce taux, même pour les prêts Fogarim et Fogaloge. Seul le CIH applique la gratuité sur l’étude de dossier de ces deux derniers types de crédit. Toutefois, des différences sont notées entre banques, tout en se conformant à la réglementation.
Crédit immo, entre 1.000 et 4.000 DH.
CIH par exemple précise qu’aucun frais n’est retenu pour les montants de crédit inférieur à 400.000 DH. Une fois ce montant dépassé, la commission ne peut dépasser 1.700 DH. Avec l’application de 0,1%, Attijariwafa bank situe le montant minimum et maximum à prélever entre 1.000 et 4.000 DH, quand BOA détermine seulement un plafond à défalquer de 4.000 DH.
Certaines banques communiquent même sur les frais d’actes et les chèques de notaire, à l’instar du Crédit du Maroc qui établit le prix du premier à partir de 727 DH et du second de 100 DH. La Banque Populaire fixe l’établissement du contrat de crédit entre 200 et 500 dirhams, de même pour les actes de garanties.
Si les frais au titre du crédit immobilier paraissent uniformes entre les banques, ce n’est pas le cas du crédit à la consommation. Les tarifs peuvent aller du simple au double. Auprès de certaines banques, c’est en fonction de la tranche où se situe le montant demandé. Chez d’autres, c’est un taux fixe qui est appliqué, avec pour quelques-unes un plancher et un plafond.
C’est le cas d’Attijariwafa bank, de BOA et de BMCI. La première applique un taux de 1,5% avec un minimum de 500 DH et un maximum de 5.000 DH. Chez BOA, c’est des frais équivalents à 0,5% du montant du prêt qui sont appliqués, à condition que la commission soit située entre 300 et 5.000 DH.
La BMCI elle, prélève 0,3% avec une fourchette comprise entre 600 et 1.500 DH. De son côté, Crédit Agricole du Maroc taxe à 0,5% la demande du crédit conso, à condition que le montant soit entre 500 et 20.000 DH.
Parmi les banques les moins chères, on retrouve le CIH qui pratique des frais de 500 DH pour les montants supérieurs à 50.000 DH et de 300 DH pour tout prêt inférieur à ce montant. Elle est suivie par la Société Générale Maroc. La banque a fixé 4 tranches de prêts allant de 5.000 à 300.000 DH. Pour chacune d’elles, des frais fixes sont prélevés, allant de 100 à 700 DH comme maximum.
Al Barid Bank, elle, prélève 1% avec un minimum de 150 DH et un maximum de 1.000 DH. Le Crédit du Maroc, quant à lui, retient des charges fixes de 1.000 DH. Auprès de la BCP, c’est 1,25% qui est retenu avec un plafond de 1.500 DH.
De 100 à 1.500 DH pour un crédit conso
Par ailleurs, que ce soit pour un crédit immobilier ou un prêt personnel, CFG Bank maintient ses frais inchangés à 0,1%.
Ainsi, pour un prêt personnel de 100.000 DH par exemple, un client peut payer entre 100 DH et 1.500 DH HT supplémentaires. Pour un crédit immobilier, le contractant devra payer 1.000 DH supplémentaires, plus ou moins, pour un crédit d’un million de dirhams, soit l’équivalent de 0,1% des frais de dossier.
Il ne faut pas oublier qu’en plus de ces frais, les banques facturent également une assurance décès-invalidité correspondant au crédit accordé, tant à la consommation ou dédié à l’achat d’un bien immobilier. Ce qui vient renchérir le coût du crédit final. Généralement, cette prime peut être payée en one-shot ou intégrée dans la traite mensuelle.
Il faut dire que sur ce volet-là rares sont les banques qui communiquent ouvertement sur la prime à payer lors de la demande d’un crédit. BCP le fait. Selon sa grille tarifaire, elle fixe ainsi le taux d’assurance entre 0,12 et 5,5% HT. Pour les crédits supérieurs à 1 million de dirhams, le tarif mensuel de la prime est de 3%.
Mainlevée : Des frais qui se rajoutent
À partir de la date de paiement de la dernière échéance, il faut récupérer la mainlevée sur le crédit qui permet de lever la garantie de la banque sur le bien associé à ce prêt et qu’il faudra conserver, car elle constitue une preuve officielle de l’extinction de la dette.
Elle n’est pas délivrée gratuitement, à moins qu’il s’agisse d’un crédit à la consommation, et encore ! Demander une mainlevée hypothécaire revient à payer 300 DH autant chez Al Barid Bank que chez CFG et Attijariwafa bank.
Elle est facturée à 400 DH auprès de la SGMA et à 500 DH auprès de la BOA, CAM et la BCP, et à 600 DH chez la BMCI. En revanche, CDM applique un tarif de 1.818 DH avec un plafond de 3.636 DH.
