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Banques : Dynamisme et résilience, les maîtres-mots du secteur

Le secteur bancaire poursuit sa croissance, affichant une activité commerciale au beau fixe, conjuguée à une maîtrise des taux des impayés. Les fonds propres, eux, demeurent au-dessus des exigences réglementaires.

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Le secteur bancaire continue d’afficher un dynamisme sans relâche. Tous les voyants sont au vert, portés par la croissance de plusieurs secteurs d’activité économique. À fin octobre, l’encours des dépôts a atteint 1.400 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de 1,3% depuis le début de l’année.

Si les comptes à vue ont connu une progression de 3,4% à 917 MMDH, les dépôts à terme, eux, ont reculé de 1,5% pour s’établir à 124 MMDH. Ceci s’explique par la rémunération de moins en moins intéressante proposée par les banques face à d’autres produits de placement plus intéressants, dont notamment la bancassurance ou encore le marché actions.

En revanche, les comptes sur carnet maintiennent leur trend haussier, avec un encours de près de 192 MMDH, en hausse de 2,2%, bien que la rentabilité ne crève pas des plafonds. En effet, pour la deuxième moitié de l’année, le taux de rémunération a été fixé par Bank Al-Maghrib à 1,91%, contre 2,21% les six premiers mois.

Pour sa part, l’encours des crédits a augmenté de 2% à 1.188 MMDH. Exception faite des crédits de trésorerie qui ont baissé de 1,6% à 254 MMDH, tous les autres segments affichent une amélioration. Cela dit, l’encours global demeure porté par les crédits à l’équipement qui ont enregistré une augmentation significative de 12% pour atteindre 271 MMDH, en raison notamment des efforts d’investissement des entreprises tant publiques que privées.

D’ailleurs, l’encours des prêts à l’investissement a augmenté de 10% auprès des sociétés non financières privées et de 18% chez les entreprises publiques, avec un encours de 138 MMDH et 39 MMDH respectivement.

Maintien du taux des impayés
Les autres segments, dont les crédits immobiliers, ont augmenté de 2,8% à 319 MDH, alors que les prêts à la consommation se sont appréciés de 4,7% à 61 MMDH. Il faut dire que les abaissements successifs des taux directeurs (à partir de juin 2024) de 3% pour atteindre 2,25% depuis mars de cette année ont stimulé le recours aux crédits tant par les entreprises que par les ménages.

D’ailleurs, ces derniers ont porté leur encours à 412 MMDH, en augmentation de 4,6%. Cela est attesté également par le redressement de la demande interne qui, selon la note de conjoncture du ministère des Finances, continue de bénéficier des mesures de soutien au pouvoir d’achat mises en place par les pouvoirs publics, ainsi que d’une inflation modérée.

Ces évolutions ne se sont pas accompagnées d’une aggravation des créances en souffrance. Elles ont atteint 102 MMDH, en hausse de 4,7%. Le ratio s’est établi à 8,6%, soit le même niveau observé depuis le début de l’année.

De plus, les banques continuent de renforcer leur assise financière à travers notamment l’émission d’obligations subordonnées, ce qui leur a permis de conserver des ratios de solvabilité confortables. En effet, avec un ratio de fonds propres à 12,3% et un ratio global de 16,3%, le système bancaire se positionne au-dessus des exigences réglementaires.

En termes de perspectives, le secteur bancaire devra poursuivre cette dynamique. Bank Al-Maghrib prévoit ainsi que le crédit bancaire au secteur non financier va connaître une nette accélération avec une progression de plus de 6% en 2025 et en 2026 au lieu de 2,7% en moyenne durant les deux années précédentes.

D’ailleurs, selon le dernier rapport de Fitch Ratings, la baisse des taux d’intérêt et la vigueur de la demande de crédit pour les projets d’investissement devraient permettre une croissance modérée des prêts en 2025 et 2026. Sur un autre volet, la politique budgétaire demeurerait favorable à l’investissement public et à l’expansion des infrastructures.

Perspectives intéressantes
À côté de cela, le secteur mène plusieurs projets majeurs, dont l’intensification de la transformation numérique avec l’introduction de l’identification biométrique pour l’accès aux services financiers en ligne.

Il se prépare également à l’examen du GAFI prévu en 2026 en consolidant ses dispositifs de prévention contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Par ailleurs, il avance dans la mise en place d’une finance durable, conforme aux engagements climatiques pris par le Maroc.

Cela dit, le secteur s’apprête à accueillir un nouvel arrivant, une néobanque britannique, «Revolut», présente déjà dans 140 pays à travers le monde. Les négociations seraient toujours en cours pour obtenir l’agrément bancaire au Maroc qui, selon le wali de BAM, repose sur plusieurs critères, notamment le projet industriel, la valeur ajoutée, l’expérience et le respect de l’équilibre global du marché.

Il est à noter que dans certains pays, l’agrément accordé à cette banque a été limité à certaines activités, ce qui n’empêchera pas la banque centrale d’adopter une approche similaire, qui serait adaptée aux spécificités marocaines.


Banques cotées : Un PNB en hausse de 6,3% à fin septembre
À fin septembre, les banques cotées ont réalisé un PNB consolidé de près de 73 MMDH, en augmentation de 6,3% par rapport à la même période de l’année précédente. Ce qui représente un additionnel de 4,5 MMDH, tiré essentiellement par le trio de tête, à savoir Attijariwafa bank avec un PNB de 26,3 MMDH (+4,7%), BCP avec 20,4 MMDH (+4,2%) et BOA avec 15,3 MMDH (+8,7).

Pour leur part, les bénéfices agrégés du secteur bancaire coté ont atteint 17,5 MDH, sans intégrer CFG Bank qui, à date, n’a pas livré ses états de synthèse détaillés. Le RNPG cumulé ressort ainsi en progression de 14% sur une année. Attijariwafa bank, toujours en tête, a drainé 47% du résultat global du secteur, suivi par la BCP avec une part de 24% et de BOA avec 17%.