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AMO : Une année après l’extension, déjà 23 millions d’assurés couverts
L’adhésion des travailleurs non salariés et le basculement des Ramédistes se sont traduits par une hausse d’activité à la CNSS. Les dossiers de remboursement et les prises en charge s’inscrivent à la hausse. La Caisse livre les derniers indicateurs…
L’impact de l’extension de l’assurance maladie obligatoire est notoire au niveau de la Caisse nationale de sécurité sociale. Le gestionnaire de l’AMO des salariés compte aujourd’hui 23 millions d’assurés, contre 7,8 millions en 2021. Le nombre de dossiers de prise en charge s’est situé, suite à l’extension, à 150.000 pour un montant de 2,3 milliards de dirhams. Les remboursements effectués par la CNSS ont concerné 2.170.000 de dossiers pour un coût de 2,2 milliards de dirhams.
Pour les médicaments, ce sont 17.754 dossiers traités pour une dépense s’élevant à 175 millions de dirhams. Pour les affections de longue durée, la CNSS a traité 102.000 dossiers pour un coût de 2,2 milliards de dirhams, dont 556 millions versés aux hôpitaux.
Des indicateurs qui attestent, selon la Caisse nationale de sécurité sociale, d’une hausse de la demande de soins provenant des populations nouvellement assurées par le régime. En effet, l’extension de l’AMO qui a démarré à la fin 2021 a intégré, en mai 2022, les travailleurs non salariés (TNS) et, sept mois plus tard, a eu lieu le basculement des bénéficiaires du régime d’assistance médicale pour les économiquement démunis.
20% seulement des TNS cotisent au régime AMO
Depuis janvier 2023, les travailleurs non salariés bénéficient des prestations de l’AMO. Il s’agit d’une population de 5 millions de bénéficiaires. Leur immatriculation s’est faite suite à une vérification de leur éligibilité au régime sur la base des données communiquées par les diverses instances représentatives, notamment les départements ministériels, les ordres et associations professionnels, ainsi que les chambres interprofessionnelles. L’adhésion des TNS s’est traduite, bien entendu, par une demande additionnelle de soins médicaux engendrant des dépenses supplémentaires.
En revanche, les cotisations n’ont pas suivi la même tendance haussière dans la mesure où, selon la CNSS, tous les TNS ne cotisent pas. Selon le dernier bilan d’activité du gestionnaire de l’AMO privé, seulement 20% des nouveaux adhérents s’acquittent de leurs cotisations. Plusieurs raisons expliqueraient ces défaillances, notamment la crise économique, la sécheresse et aussi la non-fiabilité des bases de données des instances de liaison. Le non-versement des cotisations entraine, au bout de trois mois, la fermeture des droits à l’AMO, donc l’exclusion de l’assuré et de ses ayants droit de la couverture médicale, d’une part, et d’autre part, le risque de déséquilibre financier du régime qui est, par définition, solidaire.
Ce qui explique la mobilisation de la CNSS pour l’information et la sensibilisation des assurés via des caravanes dans diverses régions du pays, la lutte contre la fraude sociale et les missions de contrôle et de déclaration des travailleurs. Par ailleurs, le basculement des Ramédistes vers l’AMO-Attadamoune a concerné près de 11 millions de personnes, dont 3,6 millions d’assurés principaux qui ont pu automatiquement bénéficier du panier des soins du régime AMO. Mais, là encore s’est posé le problème des assurés dont la carte Ramed n’est plus valable.
Un mois après l’expiration de la carte intervient la suspension de la couverture médicale. Pour éviter cela, la CNSS adresse une notification à la personne concernée qui doit lancer le renouvellement de sa carte. Cette procédure se fait sur la base des données du Registre national de la population et du Registre social unifié.
Pour éviter la suspension des droits des nouvelles populations assurées, la CNSS s’est donné les moyens, matériels et humains nécessaires pour être proche des assurés et leur permettre d’être informés et sensibilisés. Ainsi, cet organisme de prévoyance sociale a élargi son réseau qui compte actuellement 176 agences et 2.000 ponts de proximité pour couvrir toutes les régions, notamment dans le rural. Par ailleurs, dans le cadre de sa stratégie de transformation digitale, la CNSS vient d’ouvrir à Mohammedia un nouveau centre de relation client pour la réception et la gestion des dossiers et des réclamations des assurés. Ce centre compte 300 téléconseillers pour assurer une meilleure proximité.
