Affaires
Transport : La mise à niveau s’accélère
Déjà bien développées dans le Royaume, elles s’apprêtent à connaître une transformation majeure au cours des cinq prochaines années. Un «upgrade» qui fera passer le Maroc dans une autre dimension.
La co-organisation du Mondial 2030 en compagnie de l’Espagne et du Portugal agit comme un catalyseur pour l’ambitieux programme de modernisation des infrastructures de transport du Royaume.
Ces projets, qui mobilisent plusieurs dizaines de milliards de dirhams d’investissements, visent certes à répondre aux exigences de mobilité de la FIFA pour permettre au flux de visiteurs attendus de se déplacer dans les meilleures conditions, mais ces projets vont surtout permettre au Royaume, dans une logique long-termiste, de se doter d’un réseau de transport parmi les plus développés au monde, avec les effets d’entraînement qu’il ne manquera pas de produire sur le plan économique.
À ce titre, les exigences de l’organisation du Mondial 2030 sont en parfaite cohérence avec les recommandations du Nouveau modèle de développement.
Ce dernier a identifié le secteur de la mobilité comme un levier majeur du développement économique et social du Royaume.
2024 a dans ce sens été une année de franche accélération dans la mise en œuvre des différents projets d’infrastructures de transport, qu’elles soient aéroportuaires, ferroviaires, routières ou urbaines.
Aéroports : Doublement de la capacité
Pour ce qui est des aéroports, qui constitueront la principale porte d’entrée des visiteurs lors du Mondial, un vaste programme de modernisation et d’extension est en cours, avec l’ambition de faire passer la capacité globale d’accueil annuelle des aéroports du Royaume de 38 millions de passagers actuellement à 80 millions d’ici 2030.
Le premier d’entre eux, l’aéroport Mohammed V de Casablanca, hub aéroportuaire international, verra ainsi sa capacité passer de 10 millions de passagers en 2023 à plus de 23 millions en 2030. Les plans de développement comprennent notamment la construction d’une troisième piste ainsi que des installations terminales supplémentaires.
L’aéroport d’Agadir n’est pas en reste, puisque sa capacité annuelle passera de 2,3 en 2023 à 6,3 millions de passagers en 2030. Les travaux de développement, prévus pour être achevés d’ici 2028, incluent la rénovation et l’agrandissement du terminal existant pour couvrir une superficie totale de 75.000 m2.
Au niveau de l’aéroport de Marrakech, qui connaît une fréquentation croissante, sa capacité va passer de 7 millions de passagers par an en 2023 à plus de 14 millions en 2030. Pour cela, la superficie du terminal passagers sera doublée pour s’établir à plus de 142.000 m2, offrant une capacité quotidienne de plus de 100.000 passagers d’ici fin 2028.
Les aéroports de Rabat, Tanger et Fès sont également concernés par des projets d’extension, faisant passer leur capacité respective de 1,2 million, 1,9 million et 1,7 million de passagers en 2023 à 2,8 millions, 4,2 millions et 2,5 millions de passagers d’ici 2030.
Ferroviaire : 600 km de LGV d’ici 2030
Des investissements massifs sont également prévus dans le ferroviaire, afin de réduire au maximum les temps de trajets entre les aéroports et les sites de compétitions, ainsi qu’entre les villes hôtes. L’ambition principale est d’étendre le réseau de la ligne à grande vitesse (LGV) jusqu’à Marrakech.
Cette extension stratégique sur 430 km, avec une connexion aux aéroports de Rabat et Casablanca en passant par le nouveau stade de Benslimane, nécessite une enveloppe de 53 milliards de dirhams. Ce qui permettra de relier Tanger à Marrakech en deux heures et quarante-cinq minutes, contre sept heures actuellement. Au total, le réseau LGV dépassera 600 km de voies d’ici 2030. En attendant son extension vers Agadir.
En parallèle à cette extension, il est prévu la construction de 20 nouvelles gares. Le réseau conventionnel sera également mis à niveau, en plus de l’acquisition de trains modernes pour rénover la flotte (l’ONCF a déjà passé commande auprès d’Alstom pour l’acquisition de 16 TGV). Au total, ce sont plus de 87 milliards de dirhams qui seront investis par le Maroc dans le ferroviaire au cours des prochaines années.
Autoroutes : doubles voies, voies express…
Un effort considérable est également entrepris au niveau du développement des infrastructures routières. Le réseau autoroutier, qui totalise déjà 1.800 km, sera renforcé.
Une vision prospective à l’horizon 2030 a été mise en place par le gouvernement pour l’accélération des travaux de construction de l’axe Berrechid-Tit Mellil, pour un coût de 2,5 milliards de dirhams, ainsi que le triplement de l’axe Casablanca-Berrechid.
À cela s’ajoute la programmation du projet de construction de l’autoroute continentale Rabat-Casablanca, pour un investissement de 6 milliards de dirhams. Une autoroute reliant Guercif à Nador est également prévue, pour un investissement de 7 milliards de dirhams.
Le réseau de voies express sera aussi considérablement étendu de près de 3.000 km d’ici l’échéance 2030. Dans cette optique, la réalisation de la voie express Tiznit-Dakhla, longue de 1.055 km, a été accélérée, pour un coût total de 8,8 milliards de dirhams. Dans le même registre, un budget de plus de 5 milliards de dirhams a été mobilisé par le Conseil de la ville à Casablanca.
En tout état de cause, l’organisation du Mondial constitue une occasion unique pour stimuler la croissance économique dans le Royaume, à travers l’attraction des investisseurs locaux et étrangers et l’accélération des investissements prévus. Le Maroc, qui se démarque déjà par la qualité de ses infrastructures de transport et logistiques, est en passe de réaliser un bond phénoménal dans ce domaine. Et ce, en moins de 5 ans.
