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Tourisme : le Maroc impacté par les troubles en Egypte et en Tunisie ?

Il ne profite pas des annulations sur la Tunisie et l’Egypte malgré les opinions favorables des professionnels européens. Quelques annulations et reports pour les congrès et séminaires. Les opérateurs prônent la vigilance.

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Le secteur touristique a vécu une bonne année 2010. Par rapport à l’année précédente, le nombre d’arrivées a augmenté de 11 %, à 9,3 millions. Les recettes voyages ont atteint 56,1 milliards de DH, en progression de 6%. En revanche, l’entame de l’année en cours est timide dans la plupart des destinations et les hôteliers s’inquiètent. A quelques jours des vacances scolaires en France, principal marché émetteur du Maroc, ceux de Marrakech sont dans l’expectative. La ville enregistre même, selon un agent de voyages, quelques annulations et des reports de manifestations sur le créneau du tourisme des séminaires et des congrès, en raison de la conjoncture politique qui prévaut dans la région. Ceci malgré les recommandations de la plupart des tour-opérateurs (TO) et l’Association des agents de voyages français (CETO) qui préconisent, entre autres destinations, le Maroc, aux côtés de la Turquie, de l’Espagne et des îles Canaries, depuis les événements de Tunisie et d’Egypte.
Mais ces recommandations ne semblent pas être décisives. Le choix des touristes est motivé par des critères précis, en particulier le pouvoir d’achat. En effet, les professionnels sont unanimes à dire que les réservations annulées en Tunisie ne peuvent pas se reporter sur le Maroc, destination beaucoup plus chère, y compris Agadir qui pourrait pourtant nourrir quelques espoirs en tant que station balnéaire.

Un effort de l’ONMT pour rassurer sur la destination Maroc

Cet état des lieux est confirmé par Jean Jacques Bouchet, DG de Fram Maroc qui affirme que bien avant la crise politique en Egypte et en Tunisie, les réservations sur la période allant jusqu’à la mi-juin 2011 étaient en léger recul. M. Boucher est d’avis que les réservations annulées en Tunisie ne seront pas reportées sur le Maroc, car les packages et les prix sont différents. De plus, il faut compter une heure de vol supplémentaire pour aller à Agadir au lieu de Tunis, précise-t-il.  S’agissant de l’Egypte, le DG de Fram souligne que son groupe enregistre quelques reports sur le Maroc.
Dans ce contexte, Othman Chérif Alami, président de la Fédération nationale du tourisme, se veut rassurant. Pour lui, le Maroc est à l’abri d’une contagion, même s’il prône la vigilance. Il avance, curieusement et à l’opposé des professionnels, que les réservations du premier semestre sont en hausse de 15% à 20% pour le tourisme de loisir. M. Alami reconnaît néanmoins que le Maroc a connu quelques annulations pour ce qui est des manifestations du tourisme d’affaires.
Vigilance, c’est aussi ce que demandent beaucoup de professionnels à l’Office nationale marocain du tourisme (ONMT) qui devrait, selon eux, monter au créneau pour préserver l’image du Maroc qui fait les frais du contexte politique actuel qui sévit en Afrique du Nord.