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Tourisme : Ce que préconisent les professionnels pour la relance de l’activité

Rétablir la confiance avec les TO et les compagnies aériennes par plus de communication, donner de la visibilité à la destination et activer les fonds d’aides et mesures promises aux professionnels pour s’assurer du retour de la demande.

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La décision gouvernementale de rouvrir l’espace aérien à partir du 7 février continue à avoir son effet d’annonce. Les unes après les autres les compagnies se manifestent et annoncent leur retour sur la destination Maroc. Les Low Cost Transavia et TUI fly Belgium sont parmi les premiers à réagir. Easyjet, Binter Canarias seraient aussi de retour. Air France serait aussi prête à reprogrammer le Maroc à travers un retour progressif dès le 7 février et un retour au programme habituel à partir du 14 février. Il ne faut pas oublier aussi la compagnie nationale Royal Air Maroc qui a annoncé la reprise, à partir du lundi 7 février, des vols réguliers internationaux sur l’ensemble de son réseau. RAM programme en effet des vols directs reliant le Maroc à une cinquantaine d’aéroports en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique et en Asie.

Comme la date de réouverture du ciel, les conditions d’accès au territoire sont désormais connues. Le gouvernement a annoncé, mardi dernier, une batterie de mesures détaillées et dispositions prises à cet effet. Si ces annonces sont un signal fort et laissent entrevoir la reprise de l’activité touristique, le retour de la demande repose, de l’avis des professionnels, sur plusieurs facteurs. Pour assurer le retour des touristes, il est important également de rétablir la confiance avec les compagnies aériennes et les partenaires TO, soulignent-ils. Le stop and go des derniers mois pour préserver les acquis face à la pandémie, et éviter la prolifération d’Omicron, appelle aujourd’hui à plus de communication. Et ce, pour rassurer sur le maintien de l’ouverture de l’espace aérien et améliorer l’image du Maroc face aux TO et aux touristes notamment, ainsi que vis-à-vis des compagnies de transport pour sécuriser la capacité aérienne. C’est aussi primordial pour attirer les investisseurs et redynamiser l’économie. En d’autres termes, il faut donc convaincre, reconquérir, séduire et retrouver la confiance des acteurs et décideurs du tourisme mondial pour relancer le secteur.

Pour la reprise et la sortie de la crise, il est aussi majeur d’assurer la mise en œuvre des mesures de soutien promises. Pour rappel, un plan d’urgence en faveur du secteur du tourisme, premier du genre, est initié par le gouvernement, pour un montant de 2 milliards de DH. La prolongation du versement de l’indemnité forfaitaire de 2 000 dirhams durant le premier trimestre 2022, pour l’ensemble des employés du secteur du tourisme, des transporteurs touristiques et des restaurants classés sont parmi les mesures de ce plan d’urgence. Il y a aussi le report des charges dues à la Caisse nationale de sécurité sociale pendant 6 mois pour les employés de ces filières. En outre, une subvention d’un montant global de 1milliard de DH est aussi prévue pour soutenir l’effort d’investissement des hôtels. Et ce, pour accompagner dès la réouverture des frontières une reprise de leur activité rapidement. Soulignons que ce plan d’urgence est aussi porteur d’un moratoire relatif aux échéances bancaires et la prise en charge par l’État de la taxe professionnelle due par les hôteliers en 2020 et en 2021. Autant de dispositions pour redynamiser le secteur et encourager ses acteurs qui ont essuyé de très grosses pertes durant deux ans. Mais aujourd’hui, les professionnels appellent les pouvoirs publics à plus d’efforts, et ce, à travers l’inclusion de toutes les filières en ce qui concerne le moratoire relatif aux échéances bancaires. Les restaurateurs et les voyagistes ayant été écartés de cette mesure. Celle-ci bénéficiant seulement aux hôteliers et aux transporteurs touristiques. Aussi, les acteurs du tourisme disent attendre de nouvelles mesures de soutien bientôt, pour renforcer et accompagner le secteur.

Les professionnels disent compter aussi vivement sur l’ONMT pour une belle campagne de relance et pour s’activer auprès des compagnies aériennes et TO afin d’accompagner leur retour sur la destination Maroc. Il s’agit ainsi de remettre dans les radars le Maroc qui a perdu en visibilité. En attendant, les opérateurs restent réalistes. Il ne faut pas s’attendre dès la réouverture du ciel à un grand afflux de touristes. La programmation d’hiver étant déjà bouclée. La reprise de l’activité coïncidant avec les vacances scolaires françaises de février, le marché français pourrait être tout de même le premier à opérer un retour rapidement. De l’avis de Rachid Dahmaz, président du Conseil régional du tourisme Agadir Souss Massa, les touristes belges et luxembourgeois, surtout ceux qui connaissent bien le Maroc, pourraient aussi se manifester rapidement. Il faut également espérer l’arrivée de touristes anglais connus pour être des habitués des vols last minute. Il reste que le plus important aujourd’hui est de préparer la saison d’été qui s’étale de mai à octobre. Il reste donc deux mois pour les hôteliers pour s’y préparer. D’où la nécessité d’activer au plus vite les fonds d’aide. Après plus de 20 mois d’inactivité, pour la plupart des établissements, ce ne sera pas aisé de redémarrer. Aussi, la sortie de crise nécessitera du temps. Mais l’essentiel ne serait-il pas de mettre le pied à l’étrier.