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Affaires

Textile : même les grandes structures commencent à  pà¢tir de la crise

Legler déclare un carnet de commandes rempli mais reconnaît un retard sur les objectifs 2008.
Abdelmoula Ratib, qui emploie 7 800 salariés dans la confection, parle d’une baisse d’activité de 25% en janvier.
Les baisses de prix proposées par les industriels ont convaincu de grandes marques de revenir au Maroc.

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La conjoncture est difficile, mais les industriels refusent de baisser les bras. C’est le cas de Legler Maroc, dont l’activité a démarré son activité en 2008, qui a décidé d’accélérer son programme de développement. L’entreprise s’apprête à doubler sa capacité de production, à 24 millions de mètres par an. Elle prévoit d’atteindre 36 millions de mètres en 2011. Corrélativement, l’effectif passera de 450 à 700 personnes en 2009 et à 850 en 2010.
Actuellement, l’entreprise tourne à 100 % de sa capacité de production pour réaliser les collections de denim qui ont été validées par les grandes marques comme Pepe Jean, Levi’s, Diesel ou encore Gstar.
«Notre activité se maintient car nous sommes dans une phase de croissance. En raison de la crise, nous n’avons pas réalisé tous les objectifs 2008, mais nous sommes en train de nous rattraper», explique Driss Snoussi, patron de LGM. Il se veut optimiste pour l’année en cours qui n’est pas totalement perdue, dans la mesure où «il y aura certainement une reprise à la fin du premier semestre».

Destruction d’emplois et retards de paiement
Toutes les entreprises ne vivent pas la même situation que Legler. A fin décembre 2008, les derniers chiffres de l’Office des changes montrent une baisse de 8,4% des exportations de la confection. C’est pourtant mieux que dans la bonneterie qui accuse un recul de 16,1 %.
«Nous sommes à l’heure de la destruction des emplois à grande vitesse chez les donneurs d’ordre et l’on enregistre aussi d’importants retards de paiement. Tout cela donne lieu à une grande pression sur le Maroc», commente M. Snoussi. Et cette pression, Abdelmoula Ratib, patron d’un grand groupe à Casablanca, en sait quelque chose. «Nous avons eu en janvier une baisse de 25 % de la production car plusieurs clients ont déposé le bilan. On fait tout pour maintenir notre effectif, mais si à la fin de ce trimestre, il n’y a pas d’amélioration, nous réaménagerons le temps de travail avant de passer, s’il le faut, à une compression», fait-il savoir non sans manifester des regrets car certains de ses 7 800 collaborateurs alignent 15 ans d’ancienneté.
«Dans la zone Nord, les entreprises travaillent au rythme d’une commande en réalisation et la deuxième à la coupe», indique Kamal El Mazari, président de l’Amith Tanger. Il s’agit de petites commandes de réassort à court terme. «Pour l’instant, nous avons une visibilité sur deux à trois semaines maximum, mais après le mois de février, on ne sait ce qui va se passer», affirme M. El Mazari.
Il y a, cependant, une lueur d’espoir dans cette conjoncture morose. Eu égard aux baisses des prix proposées par certains industriels, de grandes marques parties en Asie sont, nous dit-on, de retour au Maroc. C’est le cas de Mango qui passait ses commandes au Vietnam ou encore de Levi’s qui revient de Turquie.