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Transport et logistique : Où en est le Maroc ?

L’essor des infrastructures de transport est l’un des progrès les plus visibles au cours des 25 dernières années au Royaume. Le pays a ouvert des chantiers afin de relever les défis inhérents à la logistique. Éclairage.

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Le secteur du transport et de la logistique, qui représente près de 10% du PIB, est la parfaite illustration de l’engagement du Maroc pour l’accélération de son développement économique, social et environnemental.

Le Royaume, qui organisera la CAN 2025 et le Mondial 2030, compte bien tirer profit de ces deux évènements sportifs majeurs pour accélérer l’essor du secteur du transport.

Concrètement, les projets liés au secteur du transport routier foisonnent, comme en témoignent les chantiers inhérents à l’extension des réseaux routier et autoroutier.

La Stratégie portuaire 2030 du pays, qui table sur un triplement, voire un quadruplement de la demande portuaire (trafic) au cours des cinq prochaines années (par rapport à 2010), prévoit plusieurs pôles portuaires, composés de nouveaux complexes portuaires (Nador West Med et Dakhla Atlantique) et de ports faisant l’objet de travaux d’extension ou de rénovation.

Le secteur aérien n’est pas aussi en reste, puisque la flotte de la RAM formée d’une cinquantaine d’appareils sera portée à 200 d’ici 2030, année à laquelle la capacité aéroportuaire du pays devrait atteindre 80 millions de passagers (contre 40 millions actuellement).

La LGV Kénitra-Marrakech, qui entrera en service avant le Mondial 2030, changera le visage du transport ferroviaire, appelé à se moderniser. Et ce, eu égard au plan d’acquisition massif de l’ONCF (168 nouvelles rames, dont 18 TGV) et au schéma de rénovation du réseau ferroviaire (infrastructures).

Pour avoir un ordre de grandeur, la mise à niveau du transport ferroviaire national mobilisera plus de 96 MMDH d’investissements, dont 53 MMDH pour l’extension de la LGV Kénitra-Marrakech.

Dans le même ordre d’idées, soulignons que plusieurs nouvelles zones logistiques sont en cours de construction.
Au-delà de ce panorama prospectif, édifiant pour l’avenir du secteur, le Maroc capitalise sur un solide acquis en matière de transport et logistique.

Le Maroc, numéro 1 en Afrique
Au niveau continental ou régional, le Royaume est classé premier en Afrique dans le domaine des infrastructures susmentionnées, avec un taux de 85,8%, selon l’édition de l’Indice de gouvernance africaine pour l’année 2024.

Entre 1999 et 2024, le réseau autoroutier est passé de 80 kilomètres d’autoroutes à 1.800 kilomètres, hissant le pays à la première place au niveau du Maghreb et en deuxième position à l’échelle continentale. Mieux encore, le Maroc se classe au 16e rang mondial en termes de densité et de qualité d’infrastructures routières, avec environ 58.000 km de routes, dont 2.164 km de voies express, avec un taux de routes bitumées d’environ 80%.

Il importe tout de même de préciser que d’ici 2030, le Royaume compte atteindre la barre symbolique de 3.000 kilomètres d’autoroutes. Concernant le transport ferroviaire, le bilan est tout aussi positif, puisqu’on recense un linéaire de 2.309 kilomètres de voies ferrées, dont 200 kilomètres de lignes à grande vitesse. Le réseau de l’ONCF compte 64% de lignes électrifiées.

Lors de la 3e édition du Rail Industry Summit, qui s’est tenue à Casablanca, Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la logistique, a également indiqué que le Maroc détient le réseau ferroviaire le plus développé au niveau maghrébin et le deuxième au niveau continental.

Autre exploit en la matière : Al-Boraq est le premier TGV africain, sachant que la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech permettra, d’ici 2029, de relier Tanger à Marrakech en 2 heures 45 minutes, contre 7 heures actuellement.

25 aéroports et 43 ports
En 25 ans, le nombre de ports et d’aéroports a substantiellement augmenté. Concernant les plateformes aéroportuaires, le pays est passé de 15 en 1999 à 25 en 2024 (dont 19 aéroports internationaux, répartis sur l’ensemble des régions du Royaume).

La Stratégie nationale Aéroport 2030 permettra au pays de moderniser ses principales plateformes aéroportuaires et de porter sa capacité à 80 millions de voyageurs par an. À l’évidence, un tel objectif aussi ambitieux ne peut être atteint qu’avec la forte implication de la RAM, dont la flotte d’aéronefs sera quadruplée d’ici 2037.

Par ailleurs, le nombre de ports est passé de 24 en 1999 à 43 ports actuellement, dont 14 ports commerciaux multispécialités, 22 ports de pêche et 7 ports de plaisance.

Symbole de l’excellence opérationnelle et infrastructure de classe mondiale, le port de Tanger fait partie du top 3 mondial des meilleurs ports à conteneurs, selon le classement mondial de performance des ports (CPPI 2024).

L’AMDL veille au grain
Conscients que la logistique n’était plus une simple composante de la chaîne de valeur, mais un véritable levier de compétitivité et un facteur d’attractivité, les pouvoirs publics avaient, dès 2010, doté le pays d’une Stratégie nationale en la matière. Pour rappel, cette dernière avait pour objectif, entre autres, de réduire, en 20 ans, les coûts logistiques de 15% du PIB à 8% ( à l’horizon 2030).

Si cette initiative a porté ses fruits pour l’amélioration de la connectivité portuaire, ferroviaire et routière, elle fait les frais de nombreux retards, notamment pour la professionnalisation du secteur (fragmenté), dominé par les petits transporteurs.

Le développement des zones logistiques multimodales se heurte à l’épineuse question de l’accès au foncier. Pour juguler cette problématique, l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) a déjà mobilisé près de 200 hectares dans les régions de Casablanca, Kénitra et Agadir, pour développer des zones logistiques.

L’AMDL ambitionne de doter progressivement les grandes métropoles de zones logistiques périphériques. Pour ce faire, elle mobilisera près de 750 hectares d’ici 2028. Cette assiette foncière facilitera la mutualisation des flux tout en désengorgeant les zones urbaines.

En somme, le Maroc, qui tire profit de ses infrastructures de classe mondiale, doit mettre les bouchées doubles pour relever les challenges de la logistique en lien, entre autres, avec la multiplication des infrastructures de stockage et de distribution stratégiques, le développement d’une flotte maritime nationale et la digitalisation des PME logistiques.