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L’ONEE en quête d’un mix énergétique compétitif

L’Office public utilise plusieurs leviers afin d’accélérer l’intégration massive des énergies renouvelables dans le réseau électrique national. Les provinces du Sud et les régions est et sud-est du Royaume abritent l’énergie renouvelable la plus compétitive. Décryptage.

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Fournir une électricité compétitive aux ménages marocains et aux entreprises constitue un objectif majeur pour l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Un acteur central pour l’atteinte de l’objectif national de porter à 52%, d’ici à 2030, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national.

L’entité publique dirigée par Tarik Hamane s’emploie, via plusieurs leviers et mesures, à fournir une énergie compétitive à l’économie nationale. Pour ce faire, une stratégie a été mise en place afin de tirer profit du coût abordable des énergies renouvelables, à même de permettre au Royaume de réduire sensiblement sa facture et sa dépendance énergétiques, tout en créant de nouvelles opportunités économiques (emplois, nouvelles filières, etc.).

Tarik Hamane, DG de l’ONEE, a saisi l’occasion offerte par la tribune de la 4e édition du Forum international des énergies, qui s’est tenue récemment dans la capitale économique, pour exposer comment l’ONEE s’emploie concrètement à faciliter l’édification d’un mix énergétique compétitif au profit de l’économie nationale dont la décarbonation est devenue une nécessité.

Et ce, eu égard aux enjeux environnementaux et surtout économiques. Faut-il le rappeler, l’UE qui rendra obligatoire la CBAM (Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières), dès janvier 2026, est le premier marché des exportations nationales, avec une part de lion de plus de 65%.

Réseau électrique : Le renforcement avant tout!
«Au chapitre des principaux leviers sur lesquels nous travaillons figure d’abord le développement du réseau au maximum. Un moyen d’aller chercher l’énergie renouvelable là où elle est la plus compétitive.

C’est-à-dire dans les provinces du Sud et les régions est et sud-est du Royaume», assure, en substance, le numéro 1 de l’ONEE. Il a également révélé que plus de 27 MMDH vont être investis sur les cinq prochaines années. L’objectif étant de renforcer le réseau de très haute tension. En clair, l’ONEE fait de l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau national une priorité.

Soulignons que le montant des 27 MMDH d’investissements n’intègre pas le projet de liaison électrique très haute tension reliant Dakhla à Casablanca, lequel a aussi pour vocation de transporter en masse l’énergie renouvelable. Cette dernière constituera un facteur de compétitivité majeur pour les gigafactories, appelées à se multiplier à l’échelle nationale.

Il est important de préciser qu’aujourd’hui, au Maroc, la part de la capacité installée à base d’énergie renouvelable est de 45,3%, soit près de 5.400 MW, dont plus de 2.400 MW en éolien, 2.100 MW en hydraulique et 900 MW en solaire. À cela s’ajoute une grappe de projets d’énergies propres d’une capacité totale de plus de 4.000 MW dans le pipe. Ils seront opérationnels d’ici 2030, permettant ainsi au Royaume de dépasser son objectif ambitieux en matière de mix énergétique.

Gestion de l’intermittence et moyens de flexibilité
Pour l’heure, l’ONEE se penche aussi sur la gestion de l’intermittence à travers la compensation. D’où la question du stockage, paramètre crucial pour l’essor des énergies renouvelables de plus en plus prisées par les industriels au Maroc.

En raison de leur compétitivité par rapport aux énergies fossiles. À titre illustratif, certains industriels, au niveau national, ont conclu des contrats leur donnant accès à l’électricité issue de sources renouvelables, avec des prix moins coûteux, de l’ordre de 20 à 40% que ceux des énergies fossiles dont les cours ont flambé suite au conflit russo-ukrainien.

«Aujourd’hui, nous avons au Maroc une capacité de stockage d’énergie électrique relativement intéressante. En termes d’hydraulique, c’est quasiment 800 MW qui sont opérationnels, avec deux STEP», a précisé le DG de l’ONEE.

Notons que pour optimiser ses capacités de stockage et mieux gérer la pointe des demandes (industrie, ménages, etc.), l’Office public s’est résolument tourné vers les batteries, une technologie dont les prix sont de plus en plus compétitifs.

«Au cours des 18 derniers mois, le coût de la batterie a été divisé par deux, ce qui est exceptionnel», confie le patron de l’entité publique qui a lancé des appels d’offres pour l’acquisition de batteries.

Dans l’optique de tirer profit de cette technologie et gérer de façon optimale l’intermittence, l’ONEE prépare un programme de batteries-stockage, directement reliées au réseau national. Ce qui facilitera l’intégration massive des énergies renouvelables dans le réseau.
L’autre chantier structurant de l’Office public est celui des moyens de flexibilité avec le gaz naturel, utilisé dans un cycle simple ou combiné afin de fluidifier la gestion du réseau.

Concrètement, l’ONEE a procédé à l’attribution du marché de réalisation de la centrale thermique à gaz «Wahda», pour un montant de plus de 5,6 MMDH. La centrale à gaz dotée d’une capacité de près de 1.000 MW devrait être mise en service d’ici début 2027. Ce qui portera le nombre de centrales à gaz dont dispose l’Office à trois.

Au final, l’hydrogène vert (moyen efficace de décarbonation du transport maritime, de l’industrie de l’acier et du ciment) et le renforcement de la pénétration de l’électricité pour l’essor de la mobilité durable sont d’autres sujets auxquels l’Office s’intéresse.

 


Énergies renouvelables : Les avantages de l’intégration régionale
De l’avis de Hamane, l’avantage de l’énergie renouvelable est qu’à mesure qu’elle est partagée, le réseau s’ouvre davantage et augmente sa capacité d’absorption et d’optimisation d’usage.

En clair, une bonne intégration électrique régionale permet aux différents pays partenaires de mutualiser leurs infrastructures (stockage) et leurs sources d’énergie naturelle. Sous cet angle, les projets d’interconnexion entre le Maroc, d’une part, et, d’autre part, la Mauritanie, l’Espagne avec la troisième ligne, et le Portugal, prennent tout leur sens.