SUIVEZ-NOUS

Secteurs

Industrie de défense : les piliers de la réussite

Développer une industrie de défense compétitive et pérenne suppose l’existence d’un certain nombre de prérequis d’ordre militaire, diplomatique et industriel… Le Maroc coche toutes les cases.

Publié le


Mis à jour le

Les experts sont unanimes : les puissances qui réussissent à bâtir une industrie militaire forte et souveraine s’appuient généralement sur les mêmes piliers, à savoir une armée puissante sur le plan régional ou international, une diplomatie influente, une base industrielle nationale mature et compétitive et des centres académiques d’excellence dans les domaines de la recherche.

Le Maroc, qui aspire à devenir un hub africain de l’industrie de défense et qui se distingue par sa stabilité politique et économique, semble cocher toutes les cases.

Le Royaume remplit déjà la première condition, car son armée est considérée comme l’une des plus puissantes au niveau du continent. L’expertise des Forces Armées Royales (FAR) dans les domaines du maintien de la paix et de la lutte contre les menaces terroristes est d’ailleurs reconnue au niveau international.

Les FAR seront aux avant-postes de cette industrie militaire naissante. En tant que premières utilisatrices des armes et équipements produits, elles seront également impliquées dans le processus de conception du matériel.

Le pays remplit également la condition de la diplomatie influente, un atout fondamental pour soutenir les entreprises d’armement nationales. Cette diplomatie permet d’agir à deux nouveaux : en amont, avec la conclusion de partenariats stratégiques avec des puissances, comme ceux conclus avec l’Inde ou Israël par exemple, pour l’établissement d’un premier noyau d’industrie d’armement.

En aval, cette même diplomatie est appelée à jouer un rôle crucial dans la course à de nouveaux marchés. Dans cette optique, les multiples partenariats stratégiques conclus par le Royaume avec plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest lui permettront de promouvoir ses équipements militaires pour l’exportation.

Tissu industriel
Ce projet de création d’une industrie de défense souveraine s’appuie, par ailleurs, sur un tissu industriel national de premier plan, porté par les secteurs phares de l’automobile et de l’aéronautique.

C’est là le troisième prérequis. En effet, les passerelles entre ces industries civiles à forte valeur ajoutée et les industries de défense sont évidentes. Compétitive et dotée d’un écosystème dense de sous-traitants et équipementiers qui s’est considérablement développé et complexifié ces dernières années, la base industrielle marocaine apparaît comme un tremplin idéal pour le développement d’une industrie militaire.

Cette industrie militaire profitera aussi des infrastructures et plateformes déjà mises sur pied pour soutenir les autres secteurs industriels, dont plusieurs zones franches, des réseaux routiers et ferroviaires très étendus, ainsi que le plus grand port de la Méditerranée et de l’Afrique.

Enfin, reste la question de la formation et de la recherche scientifique et technologique. C’est le plus grand défi. Mais là aussi, le Maroc pourra s’appuyer sur les expériences réussies des industries automobile et aéronautique en matière de formation d’une main-d’œuvre compétente.

Un modèle que l’industrie de défense pourrait dupliquer, en mettant sur pied des centres de formation dédiés et des instituts de recherche, en étroite collaboration avec des militaires ou d’anciens militaires.