Secteurs
Hassan Aboutayeb : «Travailler sur l’ancrage territorial pour booster l’activité touristique à Agadir »
Le directeur général de la SDR TPME Touristiques Souss-Massa dresse le bilan de son établissement et livre sa vision du développement de la destination.
L’arganier, le surf, l’histoire ancestrale amazighe de la région, le patrimoine culturel local…, autant de labels à valoriser pour construire la marque Agadir. Une société de développement régional dédiée à la promotion des petites entreprises dans le secteur du tourisme s’active pour faire des atouts du Souss un levier de développement.
Trois ans après la création de la SDR TPME Touristiques Souss-Massa, quel bilan dressez-vous de l’activité de votre établissement ?
Avant tout, je tiens à rappeler que la société de développement régional TPME Touristiques Souss-Massa a été créée autour de trois axes majeurs d’intervention pour renforcer l’offre de la destination. Il y a tout d’abord l’accompagnement et le soutien des TPME au niveau technique et financier.
Le deuxième axe se rapporte à la formation et la consolidation des capacités et l’amélioration des compétences dans le secteur. Et le troisième touche à l’appui à la commercialisation et la communication des TPME touristiques. Au niveau du premier axe, à date d’aujourd’hui, nous avons lancé trois appels à projets, à travers lesquels 144 TPME touristiques ont été sélectionnées, bénéficiant de nos programmes.
Nous sommes donc à près de 95% de notre objectif qui est celui de créer 150 TPME à fin 2025. Il nous reste ainsi quelques mois pour clôturer ce programme.
Pour l’heure, nous avons donc 144 TPME touristiques, entre création et transformation, qui vont générer un investissement de plus de 300 millions de dirhams et à peu près 1.000 emplois directs et plus de 3.000 emplois indirects avec un impact sur l’ensemble de la chaîne de valeur et un focus sur les activités d’animation et de loisirs. 80% des TPME sélectionnées sont des entreprises d’activités d’animation et de loisirs.
Ce qui va améliorer la compétitivité de la destination et contribuer au renforcement de son animation. Un volet où il reste encore beaucoup à faire, puisque la destination souffre de beaucoup d’années de retard en la matière.
Quid de votre bilan au niveau de vos autres champs d’intervention ?
En ce qui concerne le renforcement des capacités et des compétences dans le tissu touristique, nous avons mené tout un programme avec nos partenaires institutionnels et les professionnels du tourisme. En matière de communication et de promotion, nous avons mis en place un programme pour digitaliser les TPE et PME touristiques.
Aujourd’hui, une quarantaine d’entités bénéficiaires ont été digitalisées. Nous comptons également une centaine d’offres touristiques qui sont digitalisées sur une plateforme. Nous insistons aussi auprès de notre cible sur l’introduction des nouvelles technologies, surtout l’IA dans les entreprises.
Sur le plan de développement de notre stratégie, depuis le dernier conseil d’administration, la SDR Smart Tourisme va intervenir également dorénavant dans la gestion des infrastructures touristiques et culturelles de la région, comme Bab ElMarsa et le parc urbain Al Inbiâat.
L’activité touristique de la région d’Agadir connaît un véritable regain depuis plusieurs mois. Quels sont, selon vous, les facteurs endogènes et exogènes qui génèrent cette évolution ?
La destination Agadir Souss-Massa connaît, en effet, une évolution assez importante ces trois dernières années. L’année dernière, nous avons reçu plus de 1,4 million de touristes, qui ont généré plus de 6,6 millions de nuitées.
Aujourd’hui, la tendance haussière se maintient. Sur les cinq premiers mois de l’année 2025, nous avons enregistré une évolution importante de presque 10% par rapport à l’année dernière et, en termes de nuitées, nous sommes à plus de 30% par rapport à l’année de référence 2019.
Il y a donc une évolution quantitative, mal répartie malheureusement sur l’ensemble de la région. À noter quand même un focus sur Agadir et Taghazout en particulier.
À mon avis, cette évolution est due à plusieurs raisons. Au niveau des facteurs endogènes, il y a un appui institutionnel assez important. Au niveau régional, nous disposons d’un bon pilotage par la wilaya, la région, mais aussi par le ministère de tutelle.
Il y a également des sociétés de développement : notre société de développement Smart Tourisme et la Société de développement régional Tourisme. À cela s’ajoutent les autres acteurs, notamment associatifs, avec à leur tête le Conseil régional du tourisme Agadir Souss-Massa. La beauté des paysages, la nature et la biodiversité locale sont aussi des facteurs qui continuent à renforcer l’attrait de la destination.
Le renforcement de l’aérien et l’image du Maroc suite notamment à l’exploit lors de la Coupe du Monde au Qatar sont, entre autres, des facteurs exogènes qui contribuent au regain de l’activité. L’organisation de la Coupe d’Afrique en fin d’année et la Coupe du monde en 2030 suscite aussi un engouement pour la destination Maroc.
Comment maintenir cette tendance ?
Il nous faut travailler davantage sur notre produit. Pour Agadir et Taghazout ainsi que l’arrière-pays de la région, il est nécessaire de renforcer notre marque Agadir qui est là depuis plusieurs années.
La destination, capitale d’une région dynamique, où il y a de belles plages, la montagne de l’Atlas, l’Anti-Atlas, le désert, les oasis, un patrimoine socioculturel énorme, une culture amazighe ancestrale, dispose d’une image plurielle. C’est ce label qu’il faut encore valoriser.
En d’autres termes, nous devons travailler sur l’ancrage territorial en mettant en avant par exemple nos labels de capitale mondiale de l’arganier, de destination mondiale de surf et de savoir-faire artisanal. Le développement de la destination passe aussi par le développement de produits de niche et de davantage de connexion d’Agadir et Taghazout avec l’arrière-pays.
S’investir plus dans le digital est aussi très important pour renforcer la visibilité de la destination et maintenir la tendance haussière. Dans ce contexte, je me réjouis qu’une ville comme Agadir développe un projet de Smart City et pourquoi pas par la suite l’étendre à l’ensemble de la région.
