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Eau : Investissements massifs dans le Souss-Massa

Malgré les pluies récentes, le renforcement des ressources en eau reste une urgence et une priorité dans la région. Plus de 1,3 milliard de dirhams sont mobilisés pour sécuriser l’approvisionnement à travers barrages, adductions et dessalement. L’enjeu est d’anticiper durablement la rareté hydrique pour accompagner la croissance urbaine et économique.

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Il a bien plu fin décembre et début janvier dans le Souss-Massa. Les premières crues ont redonné des couleurs aux paysages et ravivé l’espoir d’un répit hydrique après des années de sécheresse.

Mais derrière cette embellie conjoncturelle, la réalité reste inchangée: la région demeure sous forte tension pour couvrir durablement ses besoins en eau potable. Les précipitations récentes, aussi bienvenues soient-elles, ne suffisent pas à inverser une équation hydrique devenue structurelle.

Face à la raréfaction des ressources locales et à une demande en constante augmentation, les pouvoirs publics ont engagé un vaste programme de sécurisation de l’alimentation en eau potable, mobilisant plus de 1,3 milliard de dirhams entre projets en cours et programmés, est-il indiqué auprès de la direction régionale sud de l’ONEE à Agadir.

L’objectif est clair : éviter les ruptures d’approvisionnement dans les centres urbains comme dans les zones rurales, tout en accompagnant le développement économique et démographique de la région. Agadir concentre une part importante de ces investissements.

Le dédoublement de la conduite de refoulement entre la station de reprise d’Aourir et les réservoirs de Hay El-Mohammadi constitue l’un des chantiers majeurs, est-il précisé.

D’un coût de 110 MDH, ce projet vise à sécuriser l’alimentation de la ville à partir du barrage Moulay Abdellah grâce à la pose de 13 kilomètres de conduites de grand diamètre, avec une mise en service prévue en ce début de 2026.

Dans le même esprit, la desserte des zones sud d’Agadir à partir de la station de dessalement de Chtouka progresse, avec plusieurs opérations destinées à renforcer l’approvisionnement de Biougra, Sidi Bibi, Temsia, Drarga et Oulad Dahou.

Le monde rural toujours en première ligne
Au-delà du Grand Agadir, les villes moyennes et les territoires ruraux restent particulièrement exposés. À Tiznit, un projet de renforcement à partir du barrage Youssef Ibn Tachfine est en phase d’achèvement.

Il permettra d’augmenter la capacité de production de 145 litres par seconde, afin d’accompagner l’essor urbain et touristique de la ville. Dans le cercle d’Ighrem et les communes avoisinantes de Taroudant, l’adduction régionale d’Aoulouz s’impose comme une infrastructure stratégique, conçue pour atténuer un déficit qui atteint jusqu’à 75% en période de pointe.

Plusieurs piquages le long de la conduite principale permettront, à terme, d’élargir l’accès à l’eau potable aux populations rurales environnantes.
À Aït Baha et dans la province de Chtouka Aït Baha, la situation reste critique.

Au niveau du barrage Ahl Souss, il faut, dès le premier trimestre 2026, anticiper les déficits. Des projets d’extension des stations de traitement, de raccordement à de nouveaux forages et de basculement vers l’eau dessalée sont en cours pour sécuriser l’alimentation de dizaines de milliers d’habitants.

Le dessalement, pilier de la nouvelle équation hydrique
Dans ce contexte, le dessalement s’impose désormais comme un pilier du modèle hydrique régional. En trois ans, sa part dans la production d’eau potable est passée de 31 à 50%, traduisant un changement profond de paradigme.

À moyen terme, un projet de grande envergure est programmé dans la région, avec une capacité de 350 millions de mètres cubes par an, dont 100 millions destinés à l’eau potable pour Agadir, Tiznit, Taroudant et Chtouka.

Un chantier stratégique, mais coûteux et énergivore, qui pose déjà la question de la soutenabilité à long terme.

Dans le Souss-Massa, les pluies offrent un soulagement ponctuel, mais l’urgence demeure. La bataille de l’eau ne se joue plus sur un épisode climatique, mais sur la capacité à anticiper, à diversifier les sources et à investir massivement. Plus qu’un défi conjoncturel, l’eau est devenue un enjeu de souveraineté territoriale et de résilience économique pour toute la région.