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Connectivite aérienne et vision touristique : Un tandem qui fait mouche
Selon les projections officielles, le Maroc devrait dépasser 17 millions de touristes en 2024. Cette performance inédite qui se profile est soutenue par l’aérien, avec notamment l’ouverture de 120 nouvelles routes aériennes internationales, portant le total à 705 routes en 2024. Analyse.
Le Royaume s’est fixé l’ambitieux objectif, à l’horizon 2030, d’attirer 26 millions de touristes et de se hisser parmi les 15 premières destinations mondiales. Pour atteindre cet objectif qui place la barre touristique haut, le Maroc a élaboré une stratégie nationale intégrée pour l’aérien, une composante névralgique pour l’essor touristique (voir encadré).
Cette feuille de route proactive commence déjà à porter ses fruits, puisque le pays s’est arrogé en 2024 la stature de la première destination touristique à l’échelle continentale. Une place qui jusque-là était occupée par l’Égypte.
Croissance touristique inédite
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec près de 15,9 millions de visiteurs à fin novembre 2024, le Maroc a surclassé l’Égypte (15,4 millions de touristes en 2024), en tant que première destination touristique à l’échelle africaine.
D’ailleurs, pouvoirs publics et professionnels ne manquent souvent pas de faire remarquer que 2024 est l’année des records du tourisme au niveau national. Concrètement, pour ce qui est des arrivées touristiques, selon les projections officielles (département du Tourisme), le Maroc devrait dépasser 17 millions de touristes en 2024.
Ce qui marque une avance de 2 ans sur l’objectif de la Feuille de route du secteur. Notons que plus de 60% des arrivées au Royaume se font par voie aérienne. C’est dire la centralité de l’aérien pour le développement touristique du pays.
Ceci dit, il importe de rappeler que les recettes de la filière s’élèvent à 97 MMDH à fin octobre 2024, soit une hausse de 9% par rapport à 2023. Autres données édifiantes à mentionner : 26,5 millions de nuitées ont été enregistrées à fin octobre 2024, soit une progression de 11% par rapport à la même période un an auparavant.
Connectivité accrue
Les performances de 2024 en matière de connectivité aérienne ont littéralement boosté les chiffres exceptionnels du secteur touristique. Pour preuve, l’année dernière a été marquée par l’ouverture de 120 nouvelles routes aériennes internationales, portant le total à 705 routes en 2024.
De plus, au cours de l’année dernière, le Maroc a été relié à 25 marchés émetteurs, soit 6 marchés de plus qu’en 2023. À cela s’ajoute la sécurisation de 11,1 millions de sièges contractuels, marquant une augmentation de 25% par rapport à 2023.
Autre fait notable de l’année 2024 : le renforcement des liaisons point à point avec des marchés clés, tels que les États-Unis, le Canada et l’Europe de l’Est. Dans le même ordre d’idées, les partenariats stratégiques sont au cœur des prouesses de la branche touristique, fortement génératrice d’emplois décents et de devises pour le Royaume.
À titre illustratif, citons l’accord entre l’Office national marocain du tourisme (ONMT) et Royal Air Maroc, en 2022, consistant à élaborer une politique de co-marketing impactante. L’accord triennal signé avec Ryanair visant 10 millions de sièges d’ici 2027, avec la possibilité pour celle-ci d’opérer sur le marché domestique, ainsi que le déploiement de plusieurs campagnes co-marketing en 2024 avec RAM, Ryanair et Easyjet sont autant de partenariats stratégiques à même d’améliorer les performances touristiques du Royaume.
Au registre de la diversification des marchés pour la résilience du secteur, les initiatives ne manquent pas. Bien au contraire, des lignes névralgiques ont vu le jour. Le Maroc a récemment inauguré des liaisons aériennes inédites, telles que New York-Marrakech ainsi que les premières connectivités avec des marchés à fort potentiel, en l’occurrence la Hongrie, la Bulgarie et l’Islande.
Ces initiatives contribuent à faciliter l’accès aux marchés émetteurs importants et en pleine croissance. Toujours dans le cadre des efforts de diversification des marchés, le département du Tourisme fait état d’une promotion active de destinations émergentes, telles que Dakhla, Essaouira, Ouarzazate, Tanger et Fès.
Deux game changers
Le Royaume a résolument fait le choix de bâtir une stratégie aérienne payante, couplée à deux leviers structurants. Il s’agit, d’une part, de la modernisation et de la diversification de l’offre touristique et, d’autre part, de l’innovation et de la formation.
Pour rappel, le premier pilier de la modernisation et de la diversification de l’offre touristique est incarné, entre autres, par les programmes Cap Hospitality et Go Siyaha ainsi que la banque de projets touristiques, censée aiguillonner les investisseurs vers des projets d’animation clés en main au niveau national.
Notons que le programme Cap Hospitality, lancé officiellement en septembre 2024, s’est érigé en une solution cruciale pour la rénovation et l’extension des établissements hôteliers.
Dans le cadre de cette initiative offrant un financement allant de 3 à 100 MDH (dont des intérêts pris en charge par l’État), c’est près d’une trentaine de projets qui ont été approuvés en l’espace de deux mois.
Le Programme Go Siyaha, lui, vise à étoffer l’offre de l’animation touristique, à travers l’accompagnement de 1.700 entreprises touristiques d’ici 2026, avec un investissement total de 720 MDH. L’initiative a subventionné, à fin septembre 2024, une première salve de projets (une douzaine) situés dans différentes régions du Royaume.
Concernant le deuxième levier inhérent à l’innovation et à la formation, il s’appuie sur les programmes d’incubation (la gastronomie, le gaming et la Travel Tech) et de formation (Cap excellence, Middle management, formation continue).
Pour le volet formation, l’objectif est d’améliorer la qualité du service. D’ailleurs, pour la première fois dans le secteur du tourisme au Maroc, un programme de validation des acquis professionnels (Kafaa) a été élaboré.
L’aérien porté par une stratégie nationale intégrée
L’une des principales forces de la Stratégie nationale du secteur aérien a trait à sa dimension intégrée. En clair, la Feuille de route 2023-2026 renforcera substantiellement la connectivité point à point d’ici l’année prochaine.
Le contrat-programme historique entre l’État et Royal Air Maroc (RAM) prévoit l’acquisition de 150 nouveaux avions à l’horizon 2037.
On dénombre également une kyrielle de projets structurants de développement des infrastructures aéroportuaires (projets d’extension des aéroports Mohammed V (Casablanca), d’Agadir Al Massira et de Rabat-Salé… pour soutenir la croissance du trafic international et domestique. À cela s’ajoutent des mesures d’amélioration de l’expérience voyageur dans plusieurs aéroports du Royaume.
