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Ces chantiers qui vont littéralement révolutionner le Royaume (3/3)

Retour en détails sur les quatre chantiers : La voie du progrès Tiznit-Dakhla, Tanger-Tech, AfricAtlantic Gas et la LGV.

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Tiznit-Dakhla : la voie du progrès

Avec le lancement du projet, et la signature de convention en 2015, l’objectif était de doter les provinces du Sud d’un axe routier aux normes internationales et d’un haut degré de sécurité. Cette voie express avait également pour objectifs de réduire la durée des déplacements, éviter les coupures de routes suite aux inondations et à l’ensablement et faciliter le transport de marchandises à destination et en provenance des villes du Sud.

Un peu moins de dix ans plus tard et au bout de 1.055 km de route fraichement ouverte à la circulation, ce chantier représente un enjeu majeur, celui d’une intégration régionale bien plus large. C’est d’abord une voie d’accès à l’export pour les entreprises installées dans la région d’Agadir, qui vient tout juste d’être dotée d’un port sec.

Cela d’un côté. De l’autre, cet axe ouvre la voie au développement de projets économiques, notamment dans les secteurs de la pêche, de l’agriculture, des énergies renouvelables et du tourisme dans les provinces du Sud. Dakhla, en particulier, qui est déjà une destination touristique en plein essor et s’apprête à connaître une métamorphose avec notamment le projet «Dakhla, Gate Of Africa».

En effet, en améliorant la connectivité et en réduisant les coûts logistiques, la voie express attire les investisseurs nationaux et internationaux, notamment dans les secteurs minier, énergétique et touristique. Elle renforce également l’attractivité de la Zone économique exclusive (ZEE) marocaine, riche en ressources halieutiques et minières.

Cette infrastructure s’inscrit aussi dans le cadre de la vision stratégique du Maroc visant à renforcer son rôle de hub économique et logistique en Afrique. Elle facilite les échanges avec la Mauritanie et les autres pays d’Afrique subsaharienne, en s’intégrant dans le réseau routier transafricain, aussi bien vers le Sud, via le passage frontalier d’El Guergatae, ou vers l’Ouest avec la future mise en service de l’axe routier Smara-Bir Mogreine.

Cela renforce encore plus la position du Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique, conformément à la politique africaine proactive du Royaume.

Tanger-Tech : un bond en avant dans l’ère technologique

Passé l’épisode du faux départ, en raison notamment d’une erreur de casting, la ville intelligente, lancée en 2017 à proximité de Tanger et non loin du port Tanger-Med, a connu tout récemment un décollage remarquable.

Elle accueille déjà des entreprises chinoises, mais aussi d’autres nationalités, y compris l’Américain Aptiv, pour des projets à haute valeur technologique, dans les secteurs de l’automobile, des énergies renouvelables, de l’aéronautique, de l’électronique et de la robotique.

Depuis le départ, la ville est conçue comme un hub technologique et industriel, pour devenir un pôle d’excellence technologique, attirant des entreprises de haute technologie, des start-up et des centres de recherche. Le projet vise à positionner le Maroc comme un leader régional dans les domaines de l’industrie 4.0, de l’intelligence artificielle, de la robotique, des biotechnologies et des énergies renouvelables.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie du Maroc pour diversifier son économie et réduire sa dépendance aux secteurs traditionnels. Tanger Tech inclut des centres de recherche et développement (R&D) pour stimuler l’innovation technologique.

Cela positionne le Maroc comme un acteur clé dans l’innovation technologique à l’échelle internationale. Cette ville pionnière s’étend sur une superficie de 2.167 hectares avec une valeur d’investissement d’environ 9,5 milliards de dirhams. Dans sa première tranche, Tanger Tech permettra l’aménagement de 467 hectares pour accueillir environ 200 entreprises et créer plus de 60.000 emplois.

Sur les 36 lots qui sont déjà mis à la disposition des investisseurs, en vente ou en location, une dizaine ont déjà été attribués. Bref, il s’agit d’un saut qualitatif pour le Maroc en matière de développement technologique et industriel. En combinant innovation, durabilité et intégration régionale, ce projet positionne le Maroc comme un acteur régional dans l’économie numérique et industrielle du 21e siècle.

AfricAtlantic Gas : Pipeline une large intégration régionale

Nous le savons déjà, le mégaprojet d’intégration régionale, énergétique, industrielle et géopolitique, est actuellement en attente de la signature de l’accord définitif entre les pays membres de la Cédéao, le Maroc et la Mauritanie.

Entre-temps, les études techniques de faisabilité, de préingénierie détaillée (préFEED) et d’ingénierie détaillée (FEED) ont été finalisées en mars 2024. La signature de l’accord par les chefs d’État donnera lieu immédiatement au démarrage des phases opérationnelles.

On sait aussi que pour des raisons pratiques, de sécurité et d’optimisation économique, cette infrastructure adopte une combinaison de tracés onshore et offshore. Sur les 6.500 km de longueur, près de la moitié du gazoduc, soit 3.000 km, traverse les côtes et le territoire marocain pour livrer entre 15 et 18 milliards de mètres cubes de gaz pour le marché européen.

Ce qui, concrètement, engendre des droits de passages, fort probablement en nature, et donc de l’énergie disponible et presque gratuite pour l’économie marocaine. Le Maroc importe actuellement la majorité de son énergie, ce qui le rend vulnérable aux fluctuations des prix sur le marché international. Le gazoduc permettra au Maroc de diversifier ses sources d’énergie en ayant accès au gaz naturel nigérian, réduisant ainsi sa dépendance énergétique.

En toute logique, l’accès à une source d’énergie abondante et moins coûteuse pourrait stimuler l’économie marocaine en attirant davantage d’investissements étrangers et en favorisant le développement de nouvelles industries. Ce qui signifie également la création de plus d’emplois et l’amélioration des infrastructures.

C’est dans cette perspective que le Royaume a déjà mis au point sa feuille de route gazière. C’est un élément très important, puisque le Royaume a déjà entrepris de construire son propre réseau de pipelines, dont ceux reliant les champs de production de Tendrara (un peu plus de 183.000 m3 par jour à compter de la fin de cette année) et d’Anchois, en plus éventuellement de celui de Guercif, relié au Gazoduc Maghreb Europe (GME).

Un autre pipeline sera construit, d’ici 2026, entre le GME et la ville de Mohammedia, pour les besoins de l’industrie de la production électrique. À moyen terme, au-delà de 2030, le Maroc aura étendu son réseau des gazoducs aux régions du Sud, avec sa connexion, à terme, avec le réseau des pipelines de la Mauritanie et du Sénégal dans le cadre du projet global du Gazoduc Afrique Atlantique.

D’ici là et pour les besoins de sa consommation immédiate, le Royaume, qui a fait sa première entrée sur le marché du gaz naturel liquéfié international en 2022 et qui produira son premier mètre cube du GNL dans quelques mois, exploitera ses nombreux terminaux gaziers prévus dans différents ports et qui seront opérationnels d’ici 2026.

Ainsi, en intégrant le gaz naturel dans son mix énergétique, le Royaume pourrait faciliter sa transition vers des énergies renouvelables tout en réduisant sa dépendance aux combustibles fossiles plus polluants, comme le charbon et le pétrole.

LGV : le développement par les rails

Juste après le lancement de la LGV Al Boraq, le succès était déjà au rendez-vous. La ligne, mise en service fin 2018, totalise aujourd’hui plus de 5,5 millions de passagers (2024). Un succès qui en cache un autre.

La mise en service de cette LGV a permis en effet de dégager l’ancienne ligne pour le transport du fret, depuis Kénitra Atlantic Free Zone jusqu’au port de Tanger-Med. C’est sans doute l’un des atouts, sinon le principal atout de l’AFZ qui a fait que la zone se développe rapidement, mais aussi pour qui impose le choix de cette région pour abriter la future gigafactory de Gotion Hight-Tech.

Cela est censé nous donner une idée de ce que sera l’apport du projet d’extension de la ligne à grande vitesse jusqu’à Marrakech, dans un premier temps, puis jusqu’à Agadir à l’horizon 2040.

En effet, contrairement au projet de la première ligne, celui actuellement en cours va au-delà d’une LGV, il entend révolutionner l’environnement des chemins de fer avec en parallèle, en plus des gares nouvelle génération, la mise en place d’un réseau de lignes régionales (RER) et métropolitain et, à terme, la connexion d’une quinzaine d’aéroports au réseau ONCF.

En parallèle, un nouvel écosystème ferroviaire sera également créé, avec un taux d’intégration important, et donc la création d’emplois et de la valeur ajoutée. La LGV Kénitra-Marrakech est l’arbre qui cache toute une forêt.

Et cette forêt, c’est un programme d’investissements de l’ordre de 96 milliards de dirhams pour la modernisation globale du réseau ferroviaire qui a été lancé avec pour objectif de relier 43 villes contre 23 actuellement, et couvrir 87% de la population, contre 51% aujourd’hui.

Ce programme comporte le développement des lignes à grande vitesse et la rénovation du réseau conventionnel, couvrant plusieurs types de mobilité : grande vitesse, Intercity, trains régionaux et métropolitains.