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ANRE : Amorçage d’un nouveau cap énergétique
La désignation de Zouhair Chorfi à la tête de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité, ainsi que la transformation et l’élargissement des attributions de l’entité publique ouvrent une nouvelle ère pour le secteur énergétique national, arrivé à maturité. Éclairage.
Depuis 2009, année de lancement du Plan solaire national, sous l’impulsion du Souverain, le Maroc a réalisé des avancées notables sur le plan énergique. En effet, ce qui est considéré par beaucoup comme une prouesse à l’échelle régionale, voire mondiale, est la résultante d’une pléthore de stratégies et de politiques publiques relatives notamment aux énergies renouvelables. Un secteur auquel SM le Roi accorde une grande importance.
La nomination par le Souverain de Zouhair Chorfi à la tête de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE), le mercredi 4 décembre, en Conseil des ministres, est considérée par plusieurs experts nationaux comme un tournant majeur pour le secteur énergétique national.
Une nouvelle ère énergétique
«Le secteur est effectivement arrivé à une phase de maturité qui nous impose de nous doter d’une institution de régulation qui couvre l’ensemble des filières, que ce soit l’électricité, le gaz naturel ou l’hydrogène. Mais aussi et surtout toute la chaîne de valeur allant de la production à la distribution en passant par le stockage et le transport», explique Rachid Idrissi Kaitouni, président de la Fédération de l’énergie.
Pour lui, il s’agit d’une nouvelle ère énergétique : «Les orientations royales, données lors du dernier Conseil des ministres, amorcent un nouveau cap stratégique en posant les jalons d’une gouvernance énergétique exemplaire».
Ceci dit, l’expérience prouvée de l’entité publique dans le domaine de la régulation de l’électricité constitue un solide acquis pour faciliter sa transformation, laquelle devrait permettre au Maroc d’accélérer sa transition énergétique.
Une transition bien engagée
À ce stade, il convient de préciser que selon les chiffres officiels, le Maroc, qui fait preuve de maturité sur le plan énergétique, a vu les énergies renouvelables se renforcer substantiellement dans son mix énergétique au cours des dernières années.
Aujourd’hui, les énergies propres représentent environ 40% de la capacité de production électrique, sachant que ce chiffre sera porté à 52% avant 2030.
Le foisonnement de projets et de chantiers d’énergies propres témoigne du niveau et du potentiel de développement énergétique du Royaume.
Outre l’implémentation de l’offre d’hydrogène vert (en cours), le Plan d’équipement national vert (qui dotera le pays de près 9.614 mégawatts, pour une valeur de 87,9 MMDH en 2027), ainsi que l’interconnexion électrique haute tension Sud-Nord de 3 GW, communément appelée autoroute de l’électricité (longue de 1.400km), sont des projets structurants qui façonneront de la plus belle des manières l’avenir énergétique du Maroc.
Un futur qui sera marqué par «l’empreinte verte» du groupe OCP, lequel investira, d’ici 2027, plus de 70 MMDH dans la production d’hydrogène et d’ammoniac verts à partir des énergies éolienne et solaire.
À l’évidence, la pluralité et l’importance des chantiers et projets énergétiques légitiment amplement l’extension des prérogatives de l’entité désormais dirigée par Zouhair Chorfi.
Les prochaines étapes pour l’ANRE
Concernant les attentes de la Fédération, son président explique en substance : «La future Agence nationale de régulation de l’énergie (comprenez l’ANRE dans sa nouvelle mouture) est censée être le gendarme du secteur, comme c’est le cas de l’ANRT dans le domaine des télécoms.
Elle devra d’abord assurer un cadre réglementaire propice au développement de ce domaine…». L’enjeu d’une régulation intégrée et exemplaire du secteur est d’autant plus prégnant que le Maroc est le seul État africain à être connecté au réseau européen.
Cette posture exceptionnelle confère au Royaume la vocation de devenir un hub énergétique régional, voire mondial. «Et ce, à travers des projets titanesques et un modèle de développement qui combine souveraineté, durabilité et attractivité économique», ajoute en substance notre source.
Cela étant, la prochaine phase dans le processus de transformation de l’ANRE sera vraisemblablement la promulgation d’une nouvelle loi, ou encore l’amendement de la loi 48-15 relative à la régulation du secteur électrique, afin d’élargir les missions de la structure publique.
De l’avis de Rachid Idrissi Kaitouni, il s’agit là d’une véritable opportunité, puisque c’est l’occasion d’enrichir l’arsenal législatif du domaine énergétique. Et ce, de manière à le mettre au diapason des mutations observées ces dernières années.
La régulation de l’énergie en France
En mars 2000, la France a créé la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Depuis cette date, l’établissement indépendant veille au bon fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz en France. Et ce, au bénéfice de tous les consommateurs, en assurant une concurrence saine entre les fournisseurs d’énergie.
Concrètement, la CRE régule les réseaux de gaz et d’électricité qui sont des monopoles. Elle dispose des prérogatives nécessaires pour fixer leurs tarifs, tout en veillant à la qualité du service. L’entité de régulation participe également à la construction du marché intérieur européen de l’énergie.
Enfin, la CRE met en œuvre certains dispositifs de soutien aux énergies renouvelables en instruisant les appels d’offres. Dotée d’un statut d’autorité administrative indépendante, la structure française a à son actif 371 délibérations rendues en 2023 et 48 acteurs de marché auditionnés durant la même année.
