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Rabat-Mexico : Un potentiel économique qui gagnerait à être exploité

Les deux pays figurent parmi les économies émergentes connaissant un développement soutenu et des atouts géostratégiques incontestables. Si les relations diplomatiques sont au beau fixe, le volet économique est encore sous-exploité.

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Lorsque l’on demande au Marocain lambda, que représente le Mexique dans l’imaginaire collectif, la réponse est quasiment unanime. Ce pays d’Amérique latine renvoie vers une époque où les télénovelas ont marqué une bonne partie de notre adolescence. El Diablo, Guadalupe, Marimar… À 19h, dans les années 2000, toute la famille avait les yeux rivés sur les écrans cathodiques. Des moments nostalgiques.
Pourtant, entre Rabat et Mexico, dont les relations datent des années 60 du siècle dernier, le divertissement et les séries mexicaines n’étaient pas les seuls domaines d’intérêt commun. Alliés stratégiques, leaders incontestables des continents africain et latino-américain, les deux pays ont poursuivi le raffermissement de leurs relations pour figurer aujourd’hui parmi les pays émergents, porte-étendards d’une coopération Sud-Sud inclusive et bénéfique à leurs continents respectifs.
Si le volet politique et diplomatique a toujours été marqué par un esprit de respect mutuel et une exemplarité sans faille, celui économique, malgré son évolution remarquable cette dernière décennie, n’est pas encore suffisamment exploité. «En termes d’opportunités commerciales, il existe plusieurs secteurs dans lesquels le Mexique et le Maroc peuvent collaborer.

Certains domaines d’intérêt pourraient être l’agriculture, les énergies renouvelables, l’industrie automobile, le tourisme et les technologies de l’information. Les deux pays disposent de ressources et de capacités qui pourraient se compléter et générer des opportunités commerciales mutuellement bénéfiques», nous déclare Francisco Alberto Cervantes Diaz, président du Conseil de coordination des entreprises (CCE). Pour lui, un véritable effort de collaboration devrait être déployé pour identifier et profiter des opportunités commerciales spécifiques «grâce à une analyse détaillée et ciblée des marchés et des industries concernées».

Les mexicains s’intéressent au marché marocain
Il recommande ainsi aux organisations commerciales des deux pays de «mener des recherches approfondies afin d’identifier les nombreuses opportunités offertes par les deux économies», le but étant de monter en puissance en termes d’échanges commerciaux et d’investissements. D’où d’ailleurs sa récente visite au Maroc, à la tête d’une importante délégation d’hommes d’affaires mexicains, venus s’enquérir des nombreuses opportunités économiques offertes par le marché marocain.
La valeur des échanges commerciaux entre les deux pays s’élevait à environ 300 millions de dollars en avril 2023, portés notamment par les produits agricoles et les engrais, les équipements électroniques et certains produits de la pêche et manufacturés. Malgré leur faiblesse, ces échanges ont enregistré un saut qualitatif entre 2010 et 2020, passant de 105 millions de dollars à plus de 353 millions de dollars. Le potentiel est ainsi important et les domaines de collaboration sont multiples, notamment dans les secteurs de l’alimentaire et de l’agriculture.

Ces entreprises mexicaines qui ont réussi au maroc
Et ce n’est pas un hasard si trois parmi les plus grosses boîtes mexicaines, leaders dans ces deux secteurs, ont choisi de s’implanter au Maroc. Grupo Bimbo, leader mondial de l’industrie de la boulangerie, a franchi le pas en 2017, faisant du Royaume son point d’entrée sur le continent africain. En seulement 6 ans, Grupo Bimbo a rapidement pu s’imposer sur le marché marocain, remportant plusieurs distinctions, notamment le prix de Produit de l’année 2023 grâce à son produit phare le pain de tortillas.
La même année, un autre groupe mexicain, Netafim, lui emboîte le pas. L’entreprise spécialisée dans le développement de technologies d’irrigation et de solutions agricoles est détenue à 80% par le groupe mexicain Orbia, leader mondial de l’irrigation, présent dans une centaine de pays.

Aux côtés de ses deux entreprises, FreshKampo a également jeté son dévolu sur le Maroc. En 2019, l’entreprise spécialisée dans la production agricole, principalement les fruits rouges, s’est installée dans la région de Larache, d’où elle produit et exporte spécialement vers le marché européen. En s’implantant au Maroc, ces entreprises visent non seulement le marché local, mais surtout et particulièrement les marchés européen et africain.
Une position géostratégique du Maroc que les Mexicains entendent en profiter dans le cadre de leur stratégie d’internationalisation.