Affaires
Plus d’arrivées pour moins de nuitées à Agadir
Le nombre des nuitées enregistré en 2023 est en baisse de 6,80% par rapport à l’année de référence 2019, alors que les arrivées dans les établissements d’hébergement ont augmenté de 1,69% en 2023 comparativement à la même période.
La destination Agadir et région a bouclé l’année 2023 avec plus de 1,2 million d’arrivées, soit une hausse de 20,01% comparativement à 2022, selon le bilan établi par le Conseil régional du tourisme d’Agadir Souss-Massa. En termes de nuitées, les établissements d’hébergement touristique classés d’Agadir et de Taghazout Bay ont réalisé plus de 5 millions de nuitées, soit une augmentation de plus de 27,60% par rapport à 2022. S’il faut se réjouir de ces performances, cette embellie peut être nuancée. Les arrivées 2023 en hausse de 1,69% comparativement à 2019 (année de référence) n’ont pas généré assez de nuitées pour dépasser les chiffres enregistrés en 2019. Par rapport à cette période, la baisse est de -6,80%. Les hôtels de catégorie cinq étoiles font l’exception à ce niveau.
Comparativement à 2019, ces hôtels de la destination ont enregistré une augmentation de 22% au niveau des nuitées comptabilisées dans ces établissements. Il faut dire que par rapport à 2019, la destination compte aujourd’hui plusieurs cinq étoiles qui ont permis de doper le taux d’occupation moyen, en hausse de 7,05% en 2023 par rapport à cette période. Selon les chiffres communiqués par les professionnels, le taux d’occupation moyen enregistré dans les hôtels classés de la ville d’Agadir et Taghazout était de 55,12% en 2019, de 36,41% en 2022 et de 55,79% en 2023. «Hormis le Hyatt Place, les nouvelles enseignes haut de gamme implantées à Taghazout Bay n’existaient pas il y a cinq ans dans la région. Il est donc normal que cette catégorie d’établissements enregistre une augmentation d’activité par rapport à 2019», indique dans ce contexte Adil Sahli, directeur commercial des hôtels Hyatt Place et Hyatt Regency.
Les hôtels les plus touchés
Au niveau des établissements quatre étoiles de la destination Agadir, c’est l’effet contraire qui s’est produit. Le nombre de nuitées a chuté de 8,34% en raison de la fermeture d’un certain nombre d’établissements de cette catégorie. Certains pour rénovation, d’autres cessant toute activité en attendant un repreneur. Parmi eux, le Palais des Roses, le Tivoli, les Omeyades, l’Appart Hôtel de la Marina, ainsi que le Royal Atlas. À cela s’ajoute notamment dans la catégorie hôtel Club, la fermeture du Club Med. Dans cette catégorie d’hébergement, la baisse des nuitées enregistrée est de -26% par rapport à 2019.
Ainsi, le taux de récupération par rapport à 2019 est très faible. Il est de 1,02% au niveau des arrivées et de 0,93% au niveau des nuitées. Comment doper l’activité des établissements et générer plus de nuitées ? Pour Adil Sahli, il faut innover et explorer de nouvelles niches, sans en écarter aucune. Le professionnel était dernièrement au Salon du mariage à Paris pour présenter le produit de la station de Taghazout Bay. Il faut dire que la destination a commencé depuis deux ans à attirer ce segment de clientèle, notamment à travers la communauté juive qui, à plusieurs reprises, a privatisé les hôtels de Taghazout Bay pour des commémorations religieuses ou privées. Mais dès l’éclatement de la guerre du Proche-Orient, les hôteliers ont fait face à des annulations en cascade, que ce soit pour ce genre de réservations ou pour les meetings et congrès prévus dans la destination.
Diversification des marchés
Aujourd’hui, il s’agit de diversifier ses marchés et aller à la recherche de nouveaux segments de clientèle. «Agadir, de par son héritage et ses années glorieuses, se concentre essentiellement sur le tourisme balnéaire. Or, le tourisme d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui», souligne Salim Mestour, professionnel du tourisme et DG du Musée Targant à Taghazout Bay. Agadir, en effet, mise trop encore sur ses acquis naturels.
Pour le professionnel, il est temps de se concentrer sur de nouvelles niches, telles que le tourisme médical, écologique, du sport ou encore d’affaires. Pour cette dernière niche particulièrement, un palais des congrès dans la destination est nécessaire pour véritablement développer ce tourisme, souligne pour sa part Zakaria El Ouati, DG de l’hôtel Hilton à Taghazout Bay. Rappelons qu’un projet de palais des congrès est annoncé depuis longtemps dans la station balnéaire d’Agadir. Quel que soit le type de clientèle que voudrait cibler Agadir et Taghazout Bay, le volet animation dans la région est un élément encore à travailler, ne cessent de répéter les hôteliers de la région. La création de «nouveaux cœurs de vie» et la mise en place de différentes stations d’animation tout au long du littoral gadiri notamment sont en effet nécessaires pour séduire les touristes et doper le taux de retour, ajoute Salim Mestour.
L’aérien reste aussi encore et toujours à renforcer, renchérit de son côté Zakaria El Ouati. Les nouvelles liaisons mises en place pour développer la desserte Agadir restent en effet en deçà des attentes des professionnels et ne contribuent pas assez à développer les marchés traditionnels de la destination.
