Affaires
Palmier dattier : De grandes ambitions pour 2030
Un nombre de 5 millions d’arbres à planter d’ici cette échéance. Objectif : améliorer la production pour atteindre 300.000 tonnes annuellement avec un volume à l’export de 70.000 tonnes.
La région d’Erfoud dispose indéniablement d’un terroir riche et généreux. Connue pour être la capitale marocaine des dattes, cette immense oasis, capitale du Tafilalet, réunit en ce début d’octobre tous les acteurs la filière phoenicicole. Et ce, à l’occasion de la 12e édition du Salon international des dattes au Maroc ‘’Sidattes’’.
La rencontre qui s’est ouverte le 3 octobre se poursuit jusqu’au 8 octobre. Comme dans le temps, à la fin de la récolte, c’est la fête des dattes chaque mois d’octobre dans la localité. Des commémorations devenues, depuis 2010, le Salon international des dattes, aujourd’hui étalé sur six jours au lieu de quatre auparavant, eu égard à l’importance de cette culture et à son fort potentiel de développement socioéconomique.
L’événement a en effet un intérêt de taille. «C’est une manifestation extrêmement importante pour la filière, car c’est un espace de rencontres et d’échange d’expertises et de connaissances techniques entre les professionnels», a souligné le ministre de l’Agriculture, Mohammed Sadiki lors de la cérémonie d’inauguration de cette 12e édition. Que ce soit en termes de production à l’amont de l’activité ou en termes de valorisation et de commercialisation à l’aval de la filière, des progrès ont été réalisés dans le cadre du Plan Maroc vert. «Nous avons atteint trois millions de plants au total à travers les oasis et à l’extérieur pour l’extension des plantations modernes», avance le ministre.
Pour rappel, en 2020, date d’achèvement du Plan Maroc vert, les objectifs atteints sont de 3,1 millions de plants plantés, dont 2 millions de plants au niveau de la palmeraie traditionnelle et une production moyenne de 149.000 t. En termes de chiffre d’affaires, on retient le montant de 2,9 milliards de DH et la création de 174,5 millions de journées de travail.
Le rendement moyen est pour sa part d’environ 38 kg/arbre avec des variations allant de 46 kg/arbre pour les variétés les plus productives (Bouslikhane) à 31 kg/arbre pour les variétés les moins productives (Bouzekri). Pour ce qui est de la production nationale, on s’attend à une production prévisionnelle estimée à 115.000 tonnes au titre de la campagne agricole 2023-2024, selon le ministère de l’Agriculture.
En hausse de 6,5% par rapport à la campagne agricole 2022-2023, cette production est issue d’une superficie productive de 50,9 milles hectares. La hausse de la production est réalisée grâce à l’entrée en activité des nouvelles plantations, notamment dans la région de l’Oriental. Et ce, malgré le contexte climatique difficile ayant sévi durant les principaux stades de développement des palmiers dattiers.
Réalisations
Notons qu’au titre de la campagne 2022-2023, les volumes enregistrés sont de 108.500 tonnes, soit une chute de près de 20% par rapport à la campagne précédente, due principalement à une succession d’épisodes de sécheresse. En matière d’approvisionnement de la demande nationale de dattes, 70% de la production est mise sur le marché et des importations sont effectuées pendant les périodes de forte consommation, notamment pendant le mois de Ramadan et des fêtes religieuses.
Soulignons également que le ratio moyen de consommation dans les zones de production est plus important que celui enregistré au niveau national : il est de l’ordre de 15 kg/hab/an, contre une moyenne nationale de 3,25 kg/hab/an. Aujourd’hui, avec la stratégie Génération Green, les ambitions de la filière sont encore plus grandes. Un nombre de 5 millions d’arbres est à planter d’ici 2030. Un programme ambitieux intégré à double dimension à travers les plantations, la maîtrise et la modernisation des systèmes d’irrigation. La démarche de développement adoptée veille aussi à la diversification des variétés, au contrôle des maladies et à la valorisation de la datte localement, et ce, pour maintenir la valeur ajoutée dans la région.
Pour rappel, un contrat-programme entre l’État et la Fédération interprofessionnelle marocaine des dattes a été signé pour la période 2021-2030. Dans ce contexte, près de 7,5 milliards de dirhams seront investis pour atteindre les objectifs escomptés. L’effort financier de l’État dans ce programme est à hauteur de 52% de ce budget.
Les ambitions chiffrées du contrat-programme sont l’extension de la superficie en dehors de la palmeraie traditionnelle de 14.000 ha pour atteindre 21.000 ha. En ce qui concerne l’amélioration de la production, il est question de réaliser 300.000 tonnes. Au niveau du taux de conditionnement, il est escompté d’atteindre 50% contre 8% en 2020.
Pour ce qui est du taux de transformation, l’objectif est de 10% contre 0,3% actuellement. En termes des exportations, les ambitions à l’horizon 2030 sont l’exportation de 70.000 tonnes. En matière de développement du e-commerce, les objectifs sont la commercialisation de 10% de la production nationale de dattes.