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Othmane Ibn Ghazala : «Le financement ne suffit plus, il faut un accompagnement sectoriel de qualité»

La spécialisation apporte deux avantages majeurs : la pertinence des intervenants issus directement du métier concerné et un networking à forte valeur ajoutée.

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Pour le manager général d’Accelab, les incubateurs marocains ne peuvent être vraiment efficaces que s’ils se spécialisent et proposent un accompagnement concret et adapté aux besoins des start-up.

Comment évaluez-vous aujourd’hui l’efficacité réelle des incubateurs et accélérateurs au Maroc ?
L’écosystème marocain a beaucoup progressé ces dernières années. Les structures d’accompagnement se sont multipliées et les programmes sont globalement mieux organisés qu’auparavant. Mais on a aussi compris, avec le temps, que le financement seul ne suffit pas. Une startup peut lever des fonds, mais sans accompagnement solide, ces ressources sont souvent mal utilisées.

L’efficacité d’un incubateur repose avant tout sur la qualité de son accompagnement: la pertinence des contenus, le niveau des mentors et surtout l’adéquation avec les besoins réels des entrepreneurs. Aujourd’hui, les start-up ont surtout besoin d’aide sur le go-to-market, le marketing digital, la communication, la structuration du business model et la préparation à la levée de fonds.

Un autre enjeu important est la disponibilité des porteurs de projets. Les programmes sont exigeants et chronophages. S’ils ne sont pas bien pensés dans leur organisation, les entrepreneurs n’y participent pas pleinement. Sans cela, même un bon programme perd en impact.

Faut-il aller vers plus de spécialisation ?
Oui, très clairement, surtout pour les programmes d’accélération destinés à des start-up déjà matures. Les incubateurs généralistes ont leur utilité au stade de l’idéation ou des tout premiers pas, car ils donnent les bases et une vision large de l’entrepreneuriat. Mais dès qu’une start-up commence à générer du chiffre d’affaires et à structurer son activité, elle a besoin d’un accompagnement beaucoup plus ciblé, assuré par des experts qui connaissent réellement son secteur.

La spécialisation apporte deux avantages majeurs. D’abord, des intervenants plus pertinents : mentors, coachs et experts issus directement du métier concerné. Ensuite, un networking à forte valeur ajoutée. Quand on invite des dirigeants, des grands entrepreneurs ou des décideurs d’un secteur précis, l’intérêt des start-up est immédiat et les opportunités commerciales deviennent concrètes.

Si vous invitez par exemple le dirigeant de Decathlon dans un incubateur sport, l’intérêt est immense. De même, dans la logistique, faire intervenir un dirigeant de référence comme celui de Dislog représente une opportunité considérable pour les start-up. Ce niveau de valeur ajoutée n’est atteignable que par la spécialisation.

Cette cohérence sectorielle est également très appréciée par les investisseurs, qui peuvent mieux analyser les projets, les comparer entre eux et même imaginer des synergies.

Qu’en est-il justement d’Accelab ?
Chez Accelab, nous avons fait le choix de la spécialisation dans la sportech. Nous avons appliqué de manière très concrète cette logique sectorielle, aussi bien dans l’accompagnement que dans le networking et le financement.

Nous organisons notamment Les Jeudis de la Sportech, un événement régulier où les start-up rencontrent directement les acteurs clés du secteur : fédérations sportives, équipementiers, entreprises, anciens athlètes devenus entrepreneurs et grandes marques. Ces rencontres débouchent souvent rapidement sur des partenariats ou des contrats.

Nous mettons également en place des comités d’investissement dédiés, réunissant fonds et banques partenaires. Les start-up disposent de quinze minutes pour pitcher leur projet, un exercice auquel nous les préparons intensivement tout au long du programme.

Cette approche spécialisée permet aux entrepreneurs d’accéder plus vite à leur marché, de structurer leur croissance et d’augmenter leurs chances de financement. C’est, selon nous, l’un des leviers les plus efficaces pour renforcer l’impact réel des programmes d’accompagnement au Maroc.