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Nador West Med : Les multiples phases d’une mise en service très attendue

L’entrée en exploitation des six terminaux du port Nador West Med se fera crescendo, à partir du 4e trimestre 2026. La zone industrielle et logistique adossée à l’infrastructure portuaire entre dans la phase finale d’aménagement. Le point sur les différentes séquences.

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De complexe industrialo-portuaire Nador West Med fait partie des projets d’infrastructures les plus structurants que le Royaume est en train d’ériger. Jusque-là, le projet, dont la mise en service devrait intervenir au quatrième trimestre 2026, a déjà mobilisé la bagatelle de 51MMDH d’investissements publics et privés.

D’ailleurs, à date, les investissements privés confirmés représentent un montant global de 20 MMDH, confortant incontestablement la confiance des opérateurs maritimes et industriels internationaux au Maroc.

La réunion de travail présidée récemment à Casablanca par le Souverain au sujet du projet industrialo-portuaire a servi de prétexte à La Vie Éco pour faire le point, avec Mohamed Jamal Benjelloun, DG de la société publique Nador West Med, sur les travaux concernant le port et la zone industrielle.

Composante portuaire : RAS
Concernant le volet portuaire, Nador West Med, dont l’une des premières vocations est d’arrimer durablement l’économie du Royaume aux chaînes de valeur mondiale, dispose, à date, de l’ensemble des infrastructures de base. Celles-ci comprennent, entre autres 5,4 km de digues, 4 km linéaires de quais et 4 postes énergétiques.

«Aujourd’hui, les principaux terminaux de conteneurs Est et Ouest ainsi que le terminal de marchandise générale sont déjà concédés à des opérateurs, plus précisément des groupements d’opérateurs», rappelle Benjelloun à l’entame de l’échange avec La Vie Éco, tout en confirmant l’achèvement total des travaux d’infrastructures des trois terminaux, ainsi que leur mise en service au T4 de cette année.

Le chef d’orchestre de ce chantier hautement névralgique pour la Stratégie portuaire nationale et l’élargissement du maillage industriel a apporté un éclairage édifiant sur le chronogramme de mise en service de l’infrastructure portuaire.

«Elle se fera de façon progressive, avec l’exploitation des deux terminaux de conteneurs avant la fin de l’année 2026 et du terminal roulier. En 2027, les trois terminaux des produits énergétiques (avril), de marchandise générale et du vrac spécialisé seront opérationnels», confie en substance notre interlocuteur.

En résumé, la montée en charge de l’activité portuaire se fera de façon progressive. Interpellé sur le futur mode de gestion des trois terminaux non encore concédés à date (vrac, hydrocarbures et roulier), le DG de la société publique Nador West Med apporte une réponse sans ambages.

«Il faut garder à l’esprit que la vocation de l’autorité portuaire (Société Nador West Med) est de ne pas être impliquée dans la gestion des terminaux. D’ailleurs, la tendance générale, au niveau portuaire, est que les terminaux soient gérés par des acteurs tiers», explique notre source.

Et de préciser : «Concrètement, pour les trois terminaux non encore concédés (en cours d’équipement), l’autorité portuaire pourrait éventuellement démarrer l’exploitation dans un premier temps, avant de se pencher, au cours de 2027, sur le mode de gestion en concession».

Dans le même ordre d’idées, il convient de rappeler que le port disposera d’une capacité annuelle de 5 millions de conteneurs et 35 millions de tonnes de vrac liquide et solide, en plus d’une capacité annuelle de stockage de 5 milliards de m3 pour le gaz naturel liquéfié (GNL). Ce qui contribue à ériger le pays en un acteur important en la matière en Méditerranée.

Précisons que certains ports, à l’instar du hub portuaire de Huelva (Espagne), se distinguent dans le domaine de la regazéification et de l’exportation du GNL à l’échelle du pourtour méditerranéen.

Concrètement, grâce à cette première infrastructure de gaz naturel du Royaume, le GNL sera regazéifié à Nador West Med, avant d’être exporté directement via une pipe vers le Gazoduc Maghreb-Europe (GME) et vers d’autres destinations finales.

Notons tout de même que l’une des actualités récentes concernant le GNL est la suspension par le ministère de la Transition énergétique des appels à concurrence en lien avec le terminal GNL et le réseau de gazoducs entre les infrastructures portuaires de Nador West Med et le Gazoduc Maghreb-Europe (GME) et entre ce dernier et les zones industrielles situées à Kénitra et Mohammedia.

Toujours en termes de capacité, le potentiel additionnel de développement annuel de Nador West Med est de 12 millions de conteneurs et 15 millions de tonnes de vrac liquide.

En phase finale d’aménagement
Comme indiqué, l’autre composante cruciale de Nador West Med est la zone industrielle et logistique adossée à l’infrastructure portuaire.
Interrogé sur l’état d’avancement des travaux de la zone prioritaire, dont la superficie oscille entre 700 et 800 ha, Benjelloun apporte des éléments de réponse rassurants.

«Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous sommes dans la phase finale d’aménagement de la zone industrielle, avec notamment des travaux portant, entre autres, sur les voiries et les réseaux de distribution. D’ailleurs, certains industriels sont déjà en train de s’installer, comme en témoignent les unités industrielles en cours de construction et d’autres déjà achevées», confie notre source.

Concernant les infrastructures structurantes pour la plateforme industrielle, notamment les stations de dessalement et d’épuration ainsi que la composante de transformation électrique, elles sont en cours de réalisation et leurs travaux devraient s’achever entre les mois de mai et juin 2026.

Notons que pour des raisons d’efficience et d’efficacité, les travaux d’aménagement de la zone industrielle sont effectués en parallèle de ceux de certains industriels qui, visiblement, veulent gagner du temps, pour être opérationnels le plus tôt possible.

En termes d’implantation, jusque-là, les entreprises les plus représentées dans ce bastion industriel et logistique évoluent dans les secteurs de l’automobile (parmi les piliers des exportations nationales) et des énergies renouvelables pour ne citer que le géant chinois des éoliennes, Aelon.

À titre illustratif, rappelons que pas plus tard que le 23 janvier 2026, un autre groupe chinois, Shandong Yongsheng Rubber, à travers sa filiale locale Goldensun Tire Morocco, a annoncé officiellement le lancement des travaux de la construction d’une unité de fabrication de pneus dans la zone d’accélération industrielle de Betoya (relevant du complexe Nador West Med) pour un investissement d’environ 6,7 MMDH.

Jusqu’à 80 MMDH
Au chapitre du taux d’occupation de la zone industrielle et logistique, notre source confirme, sans donner de chiffres, l’implantation progressive des entreprises.

«À ce niveau, nous sommes suffisamment bien avancés. Mais il faut savoir que certaines zones ne sont pas commercialisables et d’autres sont mises à disposition ou en location. En clair, tous les terrains de la zone industrielle et logistique ne sont pas cessibles par vente», explique notre interlocuteur.

En définitive, l’engouement des industriels est bien réel, puisque de nouveaux projets d’extension sont d’actualité. D’ailleurs, cette dynamique enregistrée dans la zone industrielle permet légitimement d’être optimiste quant aux projections de création de 100.000 emplois directs et indirects à l’horizon 2034 par le complexe portuaire, pensé pour devenir un puissant levier de développement territorial.

En cela, outre sa vocation nationale consistant à renforcer les exportations marocaines et à créer de la valeur ajoutée (PIB), le projet Nador West Med, dont l’impact socioéconomique sera perceptible dans les régions de l’Oriental et de Fès-Meknès (région voisine), est appelé à mobiliser, à terme, entre 70 et 80 MMDH d’investissements, issus du public et des opérateurs privés.

Toutes les parties impliquées dans ce projet structurant pour le développement économique et social du Royaume sont mobilisées pour la mise en service effective de l’infrastructure portuaire et de la zone industrielle au 4e trimestre 2026, avec une montée en charge progressive au cours des prochaines années.


Le point sur les infrastructures de connectivité
Dans le cadre de l’édification du projet industrialo-portuaire de Nador, une kyrielle d’infrastructures de connectivité sont prévues, visant à desservir le site de la baie de Betoya qui devrait avoir un rayonnement international, à l’instar de Tanger Med, qui vient de franchir le seuil symbolique des 11 millions de conteneurs traités en 2025.

Il ressort du bilan dressé par Benjelloun que les travaux du dédoublement de la voie entre Nador et le port sont achevés. Il en est de même pour le chantier relatif à la voie de contournement du hub portuaire qui devrait être mis en service incessamment.

Pour ce qui est de l’autoroute Guercif-Nador, notre interlocuteur confirme que les travaux sont toujours en cours, avec l’achèvement de certaines sections.

Concernant la liaison ferroviaire Selouane-Nador West Med (d’une longueur de 52 km de voie unique, avec un trafic à 160 km/h), les travaux se poursuivent. Enfin, l’autoroute Guercif-Nador et la liaison ferroviaire seront opérationnelles entre fin 2027 et début 2028.