Affaires
Mondial 2030 : Ce qui restera après
Outre les infrastructures sportives et de transport, ainsi que les établissements de santé et d’hébergement hôtelier, il y a toute une série d’avantages concrets que les Marocains vont gagner lors de la Coupe du monde. Florilège.
Internet : Plus accessible et plus rapide
C’est indéniablement le domaine où les Marocains auront grand à gagner : les télécoms. Ils veulent une seule chose, une bonne connexion disponible partout. La 5G devait répondre à cette attente il y a déjà longtemps.
C’est un objectif qui n’est plus loin. La 5G sera disponible dès l’année prochaine et couvrira 30% du territoire national. Elle sera déployée progressivement pour couvrir 70% de la population d’ici 2030.
Le Maroc pourra ainsi rattraper son retard aussi bien en termes de déploiement de la 5G que de la 4G et surtout de la FTTH qui couvre aujourd’hui à peine 6% de la population contre par exemple 86% en Espagne et au Portugal. L’organisation de la Coupe du monde pourrait stimuler ce processus, pour que les zones urbaines et touristiques soient bien équipées pour gérer un afflux massif de visiteurs et de données. Le reste suivra.
Cela pourrait même renforcer la position du Maroc comme hub numérique pour l’Afrique, attirant davantage d’investissements et d’entreprises technologiques. La stratégie «Maroc Digital 2030», lancée récemment, est justement là pour accompagner ce processus. Quant aux opérateurs, ils sont déjà sur les starting-blocks, ils n’attendent que le feu vert réglementaire.
Environnement : Des villes plus propres, plus vertes
À Rabat, c’est déjà, depuis longtemps, une réalité que le visiteur de la ville relève au premier coup. À Casablanca, le Conseil de la ville s’est fixé comme l’une de ses priorités la propreté de la ville.
À tel point que l’on assiste dernièrement à des opérations de lavage de la voie publique à grand jet d’eau. Casablanca devient progressivement une ville propre, surtout après la résolution, tout récemment, du problème des déchets inertes. Une sorte de service «SOS propreté» est même lancé par les sociétés de ramassage des ordures.
Dans la ville d’Agadir, les habitats auront également noté depuis l’élection du nouveau Conseil de la ville un intérêt particulier pour la propreté et le ramassage des ordures ménagères.
D’ici l’organisation de la Coupe du monde, même les villes non candidates auront un niveau acceptable de ce service, complété par le programme national, en cours, d’aménagement des décharges contrôlées et même un plan de tri-recyclage, encore embryonnaire, des déchets ménagers.
Dans les villes candidates, une attention particulière est également portée à l’aménagement urbain, etsurtout aux espaces verts. Casablanca fait office d’exemple sur ce volet.
Transport urbain : À chacun le moyen qui lui convient
Amélioration de la qualité des bus de transport urbain, nouvelles lignes de BHNS, extension des lignes du tram, les habitants des villes hôtes du mondial commencent déjà à engranger les bénéfices de l’organisation marocaine de l’édition de 2030.
Certaines villes comme Rabat, Casablanca et Marrakech répondent d’ores et déjà aux normes de la FIFA en la matière. Les autres villes candidates, Agadir, Tanger et Fès s’apprêtent à lancer des programmes de renforcement de leur réseau de transport public.
Plus encore, dans le Grand Casablanca, il est même question de compléter l’offre actuelle avec un service RER plus développé. Le réseau express régional sera étendu à toute la région de Casablanca-Settat et est également prévu dans la région Rabat-Salé-Kénitra avec des fréquences de passage, selon les trajets, de 7 min 30 s, 15 min et 30 min.
À terme, avec un large éventail de moyens (taxi, VTC, bus, tram et train), le problème du transport urbain sera définitivement résolu.
Taxi : La fin de l’anarchie s’approche
Pour les habitants des grandes villes, l’organisation du Mondial 2030 est synonyme d’une réforme tant attendue du secteur des taxis. L’autorité de tutelle s’y est déjà attelée, mais doucement.
Une circulaire qui fait l’effet de coup de semonce vient d’être adressée aux walis et aux gouverneurs. Mais la mise en garde ne porte pour le moment que sur le minimum syndical : mise en marche du compteur, propreté, véhicule en bon état et interdiction de refus de service.
Ce que les citoyens attendent, c’est une véritable révolution dans le secteur avec la réglementation inéluctable des applications de VTC. On conçoit mal aujourd’hui, alors que le monde du transport urbain s’est ubérisé dans le monde développé, que les visiteurs du Royaume, touristes et supporters se plient aux diktats des taxis pour pouvoir se déplacer en ville.
Cela d’autant plus que ces nouvelles technologies de mobilité urbaine assurent des milliers d’emplois et des rentrées fiscales pour l’État, qui plus est n’est pas tenu de leur accorder des subventions de carburant.
Toilettes publiques : Un bon début
C’est un conseil qui est souvent donné auxtouristesavantde quitterleurhôtelpour unebaladedans laville:«Faitesvos besoinsd’abord».En ville, à part les cafés et restaurants, c’est impossible.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, notamment à Casablanca. Des toilettes publiques sont installées un peu partout dans la ville.
C’est un exploit aussi bien pour les habitants que pour les visiteurs, qu’ils soient touristes ou non. L’absence des toilettes publiques dans nos centres urbains est source de risques sanitaires et d’incommodités sociales. Or, selon les estimations d’une association de protection des consommateurs, il faut au moins 20 toilettes publiques pour chaque tranche de 100.000 habitants dans nos villes.
Ce qui revient à installer jusqu’à 250.000 nouvelles toilettes publiques pour répondre à l’ensemble des besoins du pays. L’organisation du Mondial va sans doute contribuer grandement à répondre, ne serait-ce qu’en partie, à ce besoin.
