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Mohamed Fikri Benabdallah, le technicien rigoureux
Son cabinet fait partie des cadors du secteur au Maroc. Dans son portefeuille, de grands projets aussi diversifiés que stratégiques.
Diplômé en 1980 de l’École supérieure des beaux-arts de Paris, Mohamed Fikri Benabdallah intègre la Division de l’architecture au ministère de l’Urbanisme à Rabat, en 1981, où il prend la direction d’un important programme de recherche urbanistique durant dix années.
En 1985, il est élu secrétaire général de l’Association nationale des architectes et urbanistes, avant d’entrer, en 1992, au Conseil national de l’Ordre des architectes. On lui doit également la formation de nombreuses promotions d’architectes qui ont défilé à l’École nationale d’architecture de Rabat, entre 1985 et 2002. En 2014, il fonde l’Association Rabat Salé Mémoire, pour la préservation du patrimoine des deux villes.
Un des concepteurs du CHU d’Agadir
Son agence BMF Architecture Urbanisme, fondée en 1990 à Rabat, intervient principalement en architecture, en urbanisme, en ingénierie, mais aussi en design (intérieur) dans des projets au Maroc et à l’international.
Le cabinet fait partie des cadors du secteur au Maroc. Dans son portefeuille, de grands projets aussi diversifiés que stratégiques. Ses derniers faits d’armes : le CHU Mohammed VI d’Agadir (3,1 MMDH), conçu avec Rachid Andaloussi et le Groupe 6, et la mise à niveau du Complexe sportif de Fès (600 MDH), une grande enceinte relookée en collaboration avec Rachid Andaloussi et futur théâtre de belles confrontations lors de la grand-messe du football continental. On lui doit aussi la conception de la nouvelle gare routière de Rabat en 2022.
Mais l’une des traces indélébiles du frère du secrétaire général du PPS, c’est la restauration de la célèbre Mosquée AlQaraouiyyine à Fès. Ce qui lui avait valu sa nomination, en 2010, au Prix Aga Khan.
Mosquée Al Qaraouiyyine, un projet qui reflète sa philosophie
C’est d’ailleurs le coup de cœur de Fikri Benabdallah. «Nous avons conçu, depuis 35 années, de grands projets d’équipements publics. Mais s’il y avait quelque chose qui me rattacherait le plus à l’exercice, c’est bien la restauration de cette mosquée», confie-t-il.
Et d’expliquer : «Parce qu’il fallait intervenir sur un corps extrêmement sensible, depuis des millénaires. Et puis, il y a toute la profondeur et la grandeur de l’apport des artisans, dans le bois, le zellige, le plâtre et le marbre. Toutes ces fonctionnalités et tous ces supports ont été revisités.»
Derrière son sourire contagieux et sa mine joviale se cache un architecte technicien et concepteur d’espaces attaché à la rigueur technique et à l’esthétique fonctionnelle.
Son approche méthodique et sa rigueur conceptuelle fondent son identité. «On ne peut pas considérer que quelque chose soit esthétiquement réussi ou plus directement ou simplement beau si la fonctionnalité n’est pas convenable. Donc, l’attribut du beau passe aussi par la réussite d’une bonne fonctionnalité dans un édifice. Parce que c’est là où s’exercent les activités humaines, l’apprentissage, le savoir, la formation, le sport, le travail, etc.», insiste l’architecte.
En intégrant son fils Ismaïl dans son atelier, l’architecte crée une symbiose entre ancienne et nouvelle génération. Une manière de parfaire et de perpétuer son œuvre.
