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Mimoun Chikhi : «La compétitivité du Maroc est entravée par des coûts télécoms élevés»
Les entreprises opérant dans l’offshoring réclament des mesures d’urgence pour améliorer leur compétitivité, notamment pour renforcer les infrastructures télécoms existantes et réduire les coûts, parfois plus élevés que ceux pratiqués en Europe. Le point avec le président du pôle offshoring de l’APEBI.
L’activité des entreprises spécialisées dans l’offshoring dépend principalement de la qualité des infrastructures télécoms. Une qualité qui ne serait pas toujours au rendez-vous, à en croire Mimoun Chikhi, président du pôle offshoring de la Fédération des technologies de l’information de télécommunication et de l’offshoring (APEBI). Ajouter à cela une cherté des services et des prestations qui plombe la compétitivité d’un secteur qui génère plus de 130.000 emplois. L’APEBI appelle les pouvoirs publics à s’atteler à ces problématiques et favoriser le développement d’une couverture très haut débit capable d’accompagner l’essor du secteur.
Est-ce que les entreprises opérant dans l’offshoring sont aujourd’hui satisfaites des infrastructures télécoms existantes ?
Au sein du secteur de l’offshoring, les entreprises expriment divers niveaux de satisfaction à l’égard des infrastructures télécoms existantes au Maroc. Le marché des télécommunications est dominé par trois opérateurs nationaux. Cependant, la satisfaction des entreprises dépend souvent de leur localisation, car il existe une disparité dans le déploiement des infrastructures télécoms, avec une présence plus marquée dans les grandes villes. Par ailleurs, avec le développement croissant du télétravail, les entreprises attendent un déploiement plus étendu et compétitif du haut débit domestique. Cette demande est particulièrement cruciale pour garantir une connectivité fiable et rapide, soutenant ainsi les opérations d’offshoring. De même que la mise en place de plans de continuité d’activité (PCA) est essentielle pour le secteur de l’offshoring. Or, les entreprises font face à des difficultés techniques et à des coûts élevés pour mettre en œuvre des PCA efficaces, ce qui soulève certains défis infrastructurels.
Vous appelez également à une réduction des coûts des lignes internationales dédiées…
Effectivement, les coûts élevés des lignes internationales dédiées constituent un obstacle, impactant les marges des entreprises offshore. Cette réalité limite souvent le développement d’activités gourmandes en bande passante et complexifie la mise en place de solutions technologiques avancées. Au sein de notre corporation, plusieurs attentes ne sont malheureusement pas satisfaites. Bien que l’infrastructure télécoms soit présente, elle peut être en deçà des attentes des opérateurs du secteur de l’offshoring. Cela souligne la nécessité de continuer à améliorer et étendre les infrastructures pour répondre aux exigences croissantes de l’industrie. Les coûts, la disponibilité géographique, les besoins en haut débit domestique et les contraintes liées aux plans de continuité d’activité représentent des aspects majeurs qui nécessitent une attention continue pour stimuler la compétitivité du secteur et favoriser son expansion.
De manière globale, quel constat faites-vous du secteur des télécoms au Maroc et sa capacité à accompagner le développement économique du pays ?
Les infrastructures télécoms actuelles représentent une composante essentielle de l’économie numérique en plein essor au Maroc. Bien que des investissements considérables aient été réalisés, soulignant l’engagement envers la transformation digitale, de nombreux enjeux subsistent. L’importance croissante de l’économie numérique, avec des axes tels que l’industrie 4.0, l’offshoring et l’intelligence artificielle, met en lumière la nécessité d’une connectivité robuste et abordable. Actuellement, la compétitivité du Maroc sur la scène internationale pourrait être entravée par des coûts télécoms encore relativement élevés par rapport à d’autres destinations offshore et nettement plus chers par rapport à des pays nearshore européens, à l’instar du Portugal. Cette situation limite l’accessibilité aux ressources numériques et impacte la capacité des acteurs économiques à pleinement exploiter les opportunités offertes par l’économie numérique. Les projets futurs dans le domaine des infrastructures télécoms revêtent donc une importance cruciale. Des initiatives visant à réduire les coûts, à élargir l’offre et à améliorer la qualité de la connectivité sont nécessaires pour soutenir les ambitions économiques du pays. Ces projets devraient viser à répondre de manière plus approfondie aux attentes des acteurs économiques en offrant des solutions télécoms plus compétitives.
Un renforcement des investissements dans le haut débit et une ouverture à la concurrence sont-ils des prérequis ?
Les investissements continus dans le déploiement des réseaux à haut débit et la création d’une infrastructure adaptée aux besoins de l’industrie 4.0 sont des étapes essentielles. De plus, la promotion de partenariats public-privé et d’initiatives visant à renforcer la compétitivité du secteur des télécommunications contribuerait à aligner davantage les infrastructures sur les ambitions économiques du Maroc. En quelques mots, bien que des progrès aient été accomplis, il est impératif de poursuivre les investissements et les réformes pour garantir l’évolution des infrastructures télécoms du Maroc en adéquation avec les exigences de l’économie numérique en constante expansion, permettant ainsi au pays de pleinement capitaliser sur les opportunités offertes par la révolution numérique.
Les recommandations de l’APEBI
Pour améliorer la connectivité au Maroc, plusieurs recommandations stratégiques peuvent être envisagées afin de favoriser un réseau robuste, compétitif et adapté aux évolutions technologiques. Voici quelques suggestions à développer :
Ouverture à d’autres opérateurs worldwide :
• Encourager la concurrence en permettant l’entrée d’opérateurs internationaux sur le marché marocain. Cela peut stimuler l’innovation, améliorer la qualité des services et offrir aux consommateurs un choix plus large.
• Favoriser la diversité des services proposés par ces opérateurs, notamment en termes de technologies émergentes, telles que l’Internet des objets (IoT), le cloud computing et la blockchain.
Compétitivité des prix :
• Mettre en œuvre des politiques visant à garantir des prix compétitifs pour les services de télécommunication. Cela inclut notamment la réduction des coûts des lignes internationales dédiées, ce qui contribuera à stimuler le secteur des communications internationales.
• Encourager la transparence des tarifs pour que les consommateurs puissent comparer facilement les offres et choisir celles qui répondent le mieux à leurs besoins.
Déploiement de la 5G :
• Accélérer la mise en place de la 5G en investissant dans les infrastructures nécessaires. Cela implique d’optimiser les réseaux existants, de mettre à niveau les équipements et d’assurer une couverture étendue pour répondre aux besoins croissants en connectivité haut débit.
• Élaborer des politiques réglementaires qui facilitent le déploiement de la 5G tout en garantissant la conformité aux normes internationales de sécurité et d’interopérabilité.
Formation et sensibilisation :
• Mettre en place des programmes de formation pour les professionnels des télécommunications afin de renforcer les compétences techniques nécessaires pour gérer les nouvelles technologies.
• Sensibiliser aux avantages des nouvelles offres mondiales et de la 5G, favorisant ainsi une adoption plus rapide et une utilisation optimale et responsable de ces technologies.
