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Marché des parfums : Sentir bon, mais à quel prix
Des enseignes et magasins spécialisés proposent différentes fragrances à des prix pas forcément à la portée de tous. Certains commerces en profitent et proposent des contrefaçons dont la composition peut être dangereuse.
Depuis des siècles, les parfums ont exercé un attrait envoûtant sur l’humanité, créant une expérience sensorielle unique qui transcende les frontières spatiales et culturelles.
C’est un univers où l’art et la science se rencontrent pour transformer des ingrédients simples en des œuvres olfactives captivantes.
L’histoire des parfums remonte aux civilisations anciennes, où ils étaient utilisés pour des rituels religieux et des soins de santé. Au fil du temps, cette utilisation s’est métamorphosée pour devenir un accessoire de mode, une forme d’expression personnelle et un moyen de créer des souvenirs olfactifs durables. Aujourd’hui, le marché des parfums est un secteur florissant, caractérisé par une variété de marques, de notes aromatiques et de flacons élégants.
La fabrication d’un parfum est un art délicat, exigeant l’expertise d’un parfumeur, qui assemble habilement diverses notes pour composer une mélodie olfactive unique.
Plusieurs pays sont devenus célèbres par la fabrication, la production et l’exportation de parfums. La France est en tête des producteurs et exportateurs, avec 27,2% du volume total des exportations. L’Espagne vient en deuxième position avec 10,1%, tandis que l’Allemagne est en troisième place avec une part de 9,2%.
La Turquie représente également l’un des principaux pays au monde en termes de production et d’exportation de ces produits. Selon Statista, le marché mondial des parfums valait, il y a quelques années, près de 40 milliards de dollars. Ce secteur devrait représenter un montant de plus de 50 milliards de dollars pour l’année 2024.
Moins cher, L’informel menace le secteur
Selon les chiffres de l’Office des changes, les importations marocaines d’huiles essentielles, de parfums et d’eau de toilette sont passées de 666 millions de dirhams en 2018 à 992,4 millions de dirhams en 2022. Le marché des parfums au Maroc reste un business porteur. Il enregistre une évolution régulière de la demande qui provient aussi bien des particuliers que des entreprises, notamment pendant les fêtes de fin d’année, la fête des Mères, la Saint-Valentin et la Journée de la femme.
Durant ces occasions, les professionnels affirment que les ventes peuvent augmenter de plus de 30% par rapport à une période normale. Chez les parfumeurs, l’offre est presque similaire, elle comprend, entre autres, de l’eau de toilette, de l’eau de parfum et des coffrets.
Les prix diffèrent selon la marque et la qualité des parfums. Pour certaines marques de luxe comme La vie est belle, Coco Chanel, Miss Dior ou Gucci, le coût d’un parfum démarre à 1.200 dirhams tandis que les eaux de toilette sont vendues dans des parfumeries huppées à partir de 600 dirhams. Mais les consommateurs peuvent acheter leurs parfums beaucoup moins chers que les prix cités, car parallèlement au marché structuré, il existe un circuit informel qui concurrence fortement les importations légales. «Certains commerçants profitent justement du fait que l’achat d’un parfum de marque n’est pas à la portée de tout le monde et vendent des produits contrefaits dont les composants sont douteux», affirme Bouazza Kherrati, président de la Fédération marocaine des droits des Consommateurs (FMDC). «Ces faux parfums contiennent des substances toxiques.
Leur usage menace la santé du consommateur et peut générer des irritations et même des complications graves», ajoute-t-il. Ces importations informelles proviennent principalement de Chine et concernent aussi bien les grandes marques que le moyen de gamme. Ces produits sont vendus dans certains points de vente connus pour la distribution des parfums de contrebande et dans des parfumeries situées dans les kissariats.
Dans ce sens, le responsable appelle à mettre en place des lois et des normes drastiques pour lutter contre la fraude et la contrefaçon. Face à une offre pléthorique, les enseignes essayent en effet de répondre à une demande de plus en plus croissante en développant de nouvelles formules et des fragrances adaptées à tous les goûts.
Cette marque marocaine de parfum qui a le vent en poupe
Face à cette concurrence ardue, une marque marocaine réussit à se démarquer par la qualité de ses produits et ses prix accessibles, proposant des gammes de parfum variées allant du concept mononote aux créations multiples. «Parmi les notes les plus prisées par notre clientèle, on retrouve la verveine, le néroli, la vanille, l’oud, le miel, la figue de barbarie, le jasmin, la fraise des bois, etc.», nous confient les responsables de Yan&One, filiale du groupe Aksal. «Dans nos créations, nous mettons en valeur les richesses du patrimoine marocain en utilisant des produits de terroir comme la figue de barbarie, la rose du Maroc, le jasmin, le safran, etc.», soulignent-ils, notant que ces parfums sont élaborés dans des laboratoires internationaux de renom. «L’industrie de la parfumerie en France reste un symbole d’excellence, mettant en avant des matières premières de haute qualité et des savoir-faire locaux, notamment à Grasse, considérée comme la capitale mondiale du parfum.
C’est aussi là que nous fabriquons nos mononotes», poursuivent-ils. Les prix démarrent à 79 dirhams pour les 50 ml et peuvent aller jusqu’à 299 dirhams. «Les consommatrices marocaines ont une vraie passion pour les notes florales. On remarque que la fleur d’oranger, la fraise et la vanille sont toujours dans la composition de nos parfums les plus prisés», mentionnent-ils. Ça sent le bon filon !
Les parfums orientaux gagnent du terrain
Le business de l’encens et des parfums orientaux est en plein essor au Maroc. Des produits comme l’oud, le bkhour, le musc et l’ambre connaissent un grand engouement, notamment pendant les fêtes religieuses. Très célèbres dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient, Abdul Samad Al Qurashi et Swiss Arabian sont les deux enseignes qui contrôlent ce marché. Elles étaient les premières à détecter le potentiel commercial du marché national. «Abdul Samad Al Qurashi a vu le jour en 1932.
Nous avons ouvert notre premier magasin au Maroc en 2008, et nous comptons aujourd’hui plus de 500 points de vente à travers le monde», nous confie Zakaria, responsable magasin de cette enseigne saoudienne à Casablanca. Les prix varient entre 430 et 20.000 dirhams. «En moyenne, nos parfums les plus vendus coûtent entre 1.500 et 3.000 dirhams», ajoute-t-il. L’enseigne émiratie Swiss Arabian, créée en 1974 à Dubai, propose également une palette de produits et de fragrances orientales. «Nos clients sont de différentes nationalités, en général ils sont des Marocains», indique Mohamed El Ouriagli, le manager de Swiss Arabian.
Le prix d’une eau de parfum démarre à 290 dirhams. Pour se procurer le bkhour ou l’oud, les habitués de cette maison d’encens sont prêts à débourser entre 350 et 1.600 dirhams. Les huiles essentielles coûtent entre 290 et 1.000 dirhams. Certains coffrets sont proposés à 690 dirhams, d’autres peuvent dépasser les 1.700 dirhams. «L’oud vient de plusieurs pays, comme le Pakistan, les Philippines, l’Inde ou le Cambodge, et sa transformation se fait principalement au Moyen-Orient», souligne Mohamed.
