Affaires
Les start-up qui secouent le business vert
De l’éducation à l’agriculture biologique, en passant par les énergies renouvelables, la santé et le recyclage, un bon nombre de jeunes pousses aspirent à un progrès inclusif.
La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) n’est pas exclusivement l’apanage des grandes entreprises. Il est de plus en plus évident que les start-up marocaines jouent un rôle de premier plan dans cette révolution verte. De l’éducation à l’agriculture biologique, en passant par les énergies renouvelables, la santé et le recyclage, de nombreux entrepreneurs se sont engagés dans ces secteurs en plein essor.
Un exemple notable de cette dynamique entrepreneuriale est illustré par Savey, une entreprise qui a vu le jour en 2021 en proposant une solution novatrice et respectueuse de l’environnement pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
En mettant en relation les industriels, les grandes et moyennes surfaces, ainsi que les commerces de proximité, la start-up a développé une plateforme numérique basée sur des algorithmes qui permet d’identifier instantanément l’offre et la demande tout en garantissant la diversification alimentaire, des prix abordables et des livraisons efficaces. Zakaria Ouahi, fondateur de l’entreprise, explique que l’idée lui est venue en tant qu’auditeur, lorsqu’il a constaté le gaspillage de centaines de produits alimentaires parfaitement consommables, représentant un manque à gagner considérable, estimé à 2% du chiffre d’affaires quotidien.
Savey a ainsi décidé de combler ce vide en devenant un acteur majeur de ce secteur grâce à son expertise, sa passion et son engagement en faveur d’une cause noble. À ce jour, la start-up compte plus de 20.000 références et a étendu son activité sur le marché français.
Une autre start-up qui mérite une attention particulière est Idyr, qui a pris racine dans le domaine de la mode circulaire. Fondée en 2017, cette jeune entreprise s’est donné pour mission de valoriser les tonnes de déchets produits par l’industrie textile en récupérant les chutes textiles propres issues des ateliers pour les transformer en articles artisanaux. Sur le plan social, la start-up s’appuie sur un réseau de femmes vivant en milieu rural pour la fabrication de ses produits. Cette initiative reflète à la fois une approche innovante de la gestion des déchets et un engagement en faveur de l’inclusion sociale, confirmant ainsi le rôle central des start-up marocaines dans la promotion de la RSE et de la durabilité.
Trouver un modèle économique
Toujours est-il que l’accès limité aux ressources et à l’investissement rend la tâche encore plus ardue pour ceux qui aspirent à un progrès inclusif. Toutefois, l’opportunité de mobiliser la jeunesse pour atteindre cet objectif demeure tangible. La clé réside dans la mise en place de démarches innovantes.
Un problème majeur auquel sont confrontés de nombreux petits projets est le manque de financement, ce qui conduit à leur disparition prématurée. De nombreuses compétitions et des hackathons ont été remportés par de jeunes porteurs de projets et d’idées novatrices, mais ils connaissent le même sort, car, comme pour toute entreprise, y compris celles à vocation sociale, la rentabilité est cruciale.
Il est également essentiel que les porteurs de projets établissent des connexions avec les écosystèmes existants pour étendre leur réseau. En effet, les entreprises sociales ont le potentiel d’offrir des services de qualité supérieure par rapport aux institutions publiques et autres acteurs. Trouver un modèle économique à la fois rentable et social demeure un défi de taille. Cependant, des exemples à l’étranger montrent que c’est possible, alors pourquoi pas au Maroc ?
