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Les nouvelles ambitions de Renault Maroc
Après une année 2025 placée sous le signe de la résilience, dans un marché mondial instable et sous tension, Renault Group Maroc amorce une nouvelle phase industrielle en 2026, plus qualitative et plus technologique. R&D, électrification, intégration locale… Voici ce qui est prévu.
Un chiffre d’affaires de près de 60 milliards de dirhams, 38% des exportations de la filière auto, 72% des exportations de véhicules… C’est peu dire que Renault Group Maroc est un poids lourd de l’économie nationale et l’un de ses piliers industriels.
En 2025, le constructeur a une fois de plus joué le rôle de locomotive du secteur automobile national, avec une performance industrielle et commerciale de premier plan, malgré des vents contraires. «2025 a été marquée par de nombreux défis, dans un contexte particulièrement exigeant.
Malgré cela, le groupe a consolidé sa position et son leadership au niveau de la filière automobile», résume Mohamed Bachiri, directeur général de Renault Group Maroc, lors de la présentation du bilan annuel du constructeur.
Il est vrai qu’en 2025, le constructeur a évolué dans un environnement mondial particulièrement complexe, marqué par une transformation rapide des habitudes de mobilité et une intensité concurrentielle de plus en plus forte, des facteurs qui ont occasionné un ralentissement de la demande sur les principaux marchés d’exportation, notamment européen.
2e pays du groupe en volume de production
En dépit de ce contexte, Renault Group Maroc a réussi à maintenir sa performance industrielle à des niveaux élevés, quoiqu’en léger retrait : les sites industriels marocains du groupe ont produit 394.474 véhicules en 2025, un volume en baisse de 5% par rapport au record de 2024 (qui fut une année exceptionnelle avec plus de 410.000 véhicules produits), mais en progression de 3% par rapport à 2023, qui constitue l’année de référence, selon le top management.
Dans le détail, les usines de Tanger et de Casablanca (Somaca) ont respectivement fabriqué 299.395 et 95.079 véhicules.
Plus de 82% de la production, soit quelque 327.552 véhicules, ont été exportés vers 63 pays. Un volume certes en recul de 11% par rapport au record de 2024, mais qui demeure proche de son niveau de 2023.
L’usine Renault Group de Tanger a exporté 95% de sa production, soit 282.498 véhicules. Pour sa part, Somaca n’a exporté que 47% de sa production, soit 45.054 véhicules dans un contexte de forte croissance du marché local. En effet, une part plus importante de la production de l’usine casablancaise a été orientée vers le marché marocain pour répondre à la demande grandissante, explique le top management.
Amorçage d’une nouvelle phase industrielle
Deux chiffres illustrent l’importance de la plateforme marocaine dans le dispositif mondial du constructeur: un véhicule sur six vendu dans le monde est aujourd’hui fabriqué dans les usines marocaines du groupe.
Le Maroc se positionne aussi comme le 2e pays du groupe en volumes de production. «Cela montre encore une fois que le made in Morocco est un produit de qualité mondiale», se félicite le patron de Renault au Maroc. Dacia Sandero, fabriquée au Maroc, est plus que jamais le porte-étendard de cette réussite industrielle : elle est le véhicule le plus vendu aux particuliers en Europe.
Pas question pour autant de s’endormir sur ses lauriers et de baisser la garde. Le groupe a d’ailleurs d’ores et déjà posé les jalons de ses projets de développement au Maroc, suite aux accords signés en novembre 2025 avec le gouvernement lors de la visite de François Provost, le CEO du groupe.
Des projets qui, selon les dires de Bachiri, traduisent la confiance et l’engagement du groupe dans la plateforme marocaine et qui confirment la place du Maroc comme pilier industriel et technologique du constructeur. Concrètement, à court terme, il est prévu le renouvellement des gammes Dacia Sandero, Logan, Jogger, produites au Maroc.
L’électrification de la gamme est également au programme : une version hybride du best-seller Dacia Sandero arrivera sur le marché européen au 4e trimestre 2026. «Cela va nous donner une force de frappe sur le marché européen», estime le directeur général du groupe. À moyen terme, les usines marocaines accueilleront de nouvelles gammes électrifiées basées sur une nouvelle plateforme à l’horizon 2030.
Cap sur les 80% d’intégration locale
En parallèle, le groupe a annoncé le démarrage des activités de Renault Technologie Maroc, un centre d’ingénierie dédié aux activités de recherche et développement.
Implanté à Tétouan ainsi qu’à l’usine de Tanger, et composé d’ingénieurs et de techniciens marocains, ce centre contribue au développement et au renouvellement des véhicules du groupe pour le Maroc et l’international, en amont du processus d’industrialisation, notamment dans les activités de conception.
Tous ces projets constituent un levier important pour le développement de l’écosystème automobile national. Ce dernier devrait encore s’étoffer avec l’arrivée de nouveaux fournisseurs.
Renault en compte aujourd’hui 87, ils devraient être une centaine d’ici 2030. De quoi propulser encore plus haut le sourcing local (achat de pièces fabriquées localement) et le taux d’intégration. Concrètement, le groupe a porté son chiffre d’affaires de sourcing local à 2,39 milliards d’euros en 2024 avec un taux d’intégration locale de 65,5 % (hors mécanique).
Avec une capacité de production installée de plus de 500.000 véhicules par an dès fin 2025, il vise désormais jusqu’à 80% d’intégration locale à l’horizon 2030, avec 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires de sourcing local.
Cette stratégie devrait conduire à un renforcement de la compétitivité et de la performance de la plateforme industrielle, tout en lui permettant de naviguer dans les eaux troubles d’un marché automobile mondial de plus en plus exigeant.
Pour Bachiri, la capacité d’adaptation constante de l’appareil productif aux mutations du marché et aux évolutions de la demande sera l’une des clés de la réussite lors des prochaines années.
Les ventes au Maroc explosent
Dans un marché marocain euphorique en 2025, avec plus de 230.000 véhicules neufs vendus en 2025 (+33%), marqué notamment par la percée spectaculaire des marques chinoises, les marques du groupe Renault ont évidemment performé, tenant plus que jamais le haut du pavé.
Dacia et Renault occupent respectivement les 2 premières places du podium avec une part de marché cumulée de 37,8% et un total de 88.937 véhicules vendus, en hausse de plus de 31,4% par rapport à 2024.
Six modèles de Renault Group Maroc figurent dans le top 7 des meilleures ventes. Dacia a enregistré une forte croissance de ses ventes au Maroc avec ses 47.887 unités vendues, en hausse de 20,3% par rapport à 2024.
La marque a consolidé sa position de leader pour la 16e année consécutive et continue de séduire les Marocains avec une part de marché de véhicules particuliers de 22,9%.
La marque Renault affiche, quant à elle, une performance commerciale robuste, avec une croissance de +44,8% de ses volumes, représentant 41.050 unités vendues sur l’année. En 2026, Renault Maroc continuera son offensive produits sur le marché marocain avec le lancement de cinq nouveaux modèles, couvrant l’ensemble des segments clés du marché.
À noter que la captive financière du groupe, Mobilize Financial Services, a signé une année 2025 record avec plus de 29.000 contrats de financement mis en production. En 2026, l’entité compte développer une nouvelle activité : la location longue durée avec Mobilize Lease.
