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Les hôteliers d’Agadir sensibilisés à l’économie de l’eau

L’activité est fort consommatrice d’eau. La pression urbaine sur la ressource appelle à une stratégie soutenable pour l’optimisation hydrique. La BERD offre à hauteur de 80% le financement des missions de diagnostic des établissements hôteliers à la recherche de performance en la matière.

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Le tourisme durable passe par la préservation des ressources naturelles. Dans un contexte de stress hydrique en raison des effets du réchauffement climatique et de la surconsommation, l’eau qui conditionne le développement de toutes les activités économiques devient de plus en plus rare. Aussi la situation fait appel à la mise en place d’une stratégie de sobriété. Le sujet était au cœur du débat la semaine dernière à Agadir lors d’une rencontre organisée par l’Association régionale de l’industrie hôtelière. Le secteur, un des principaux piliers de l’activité économique locale, est justement concerné, car fort consommateur d’eau. Selon le consultant Philippe Alléau, du Cabinet ATP Conseil, le secteur hôtelier de la station balnéaire consomme 8% de l’offre d’eau potable de la commune urbaine d’Agadir. Ce volume est ainsi consommé par les 120 établissements hôteliers implantés dans la destination. «La réalité de la consommation de ces unités est en fait bien plus importante, car beaucoup d’entre elles ont des forages», avance le consultant.

Comment atteindre la performance hydrique et préserver la ressource ? Pour l’expert, tout commence par un diagnostic. Et pour ce faire, il faut tout d’abord équiper les postes consommateurs de compteurs. Les parties hébergement, buanderie, cuisines, piscines, irrigation des espaces verts sont les composantes les plus concernées dans ce contexte, car étant les plus consommatrices d’eau. «C’est au niveau de ces postes de consommation qu’il faut installer des compteurs et relever périodiquement les données de consommation», conseille notre intervenant. C’est en effet sur la base de ces informations que peuvent être notamment définis les ratios spécifiques de consommation et identifiés les fuites au niveau du réseau de l’établissement. À ce sujet, il faut signaler que moyennant 100 DH par mois, la RAMSA propose aux hôtels l’installation d’un débitmètre automatique.

Maintenance, entretien et sensibilisation
Pour l’optimisation de la ressource, les techniques et solutions ne manquent pas. Il suffit de consentir l’investissement en la matière. Limiteur de débit, limiteur de pression, sans oublier les robinets à fermeture automatique et à infrarouge, ainsi que les robinets thermostatiques, la technologie proposée sur le marché est diverse et très développée. Selon les experts, elle peut offrir une économie de l’eau de 50%, à condition toutefois de veiller à la maintenance et à l’entretien des équipements. La sensibilisation des personnels concernés est cependant un préalable à tout cela, à travers des actions de communication, des formations des équipes des services fortement consommateurs d’eau. La communication vers les clients sur l’engagement vert de l’établissement en les encourageant à la sobriété est aussi très importante. En résumé, maintenance, entretien et sensibilisation sont les maitres-mots de la stratégie.

Pour les hôteliers, bâtir une stratégie soutenable en matière d’utilisation de la ressource a cependant un coût. À ce sujet, soulignons que la BERD accompagne les établissements intéressés par l’efficacité hydrique. La démarche diagnostic et implémentation des recommandations dans le cadre d’une mission-conseil peut être financée à hauteur de 80%, indique Hicham Lahlou, responsable à la BERD pour les régions Souss-Massa et Marrakech-Safi. Quand on sait la pression urbaine sur la ressource hydrique face à une faible pluviométrie régionale, l’investissement dans une stratégie d’optimisation de la ressource est incontournable. Aussi, il est certain que, pour une durabilité de l’activité, chaque établissement doit multiplier les actions pour tendre vers la performance en matière de préservation hydrique. La prise de conscience de l’importance d’une stratégie dans ce cadre est déjà un pas en avant. Certains établissements de la destination sont plus avancés en la matière. L’investissement public-privé dans la mégastation de dessalement de Chtouka qui permet la sécurisation de l’alimentation en eau potable du Grand Agadir est un des plus grands exemples dans la démarche publique de recourir à d’autres solutions autres que les ressources en eau conventionnelles. Les investissements réalisés dans la réutilisation des eaux usées épurées pour couvrir les besoins des espaces verts et des golfs de la destination sont une transition écologique également d’importance.

Il reste à ce niveau, comme dans les établissements hôteliers, à accompagner les démarches de recherche de performance hydrique par plus d’investissements et d’expertise pour tendre vers des expériences réussies.