Affaires
Les cadres marocains en quête de salaires plus attractifs
Une enquête de Rekrute, spécialiste du e-recrutement, révèle les niveaux d’insatisfaction élevés et des disparités de genre.
Une majorité des sondés envisage de changer de cadre pour un meilleur salaire.
Une question cruciale se pose aujourd’hui dans le monde du travail : l’équité salariale. Les chiffres issus de la récente enquête du spécialiste du e-recrutement Rekrute révèlent une réalité préoccupante. Une proportion massive de 90% de salariés qui envisagent de quitter leur emploi pour rejoindre un employeur offrant un salaire plus compétitif. Intitulée «Les Marocains sont-ils satisfaits de leur salaire ?», l’enquête exhaustive a concerné plus de 500 salariés opérant aussi bien dans les multinationales et grands groupes marocains que les PME avec une diversité des secteurs d’activité. L’objectif a été de disséquer les nuances actuelles du paysage salarial au Maroc et d’explorer en profondeur les inquiétudes, les ambitions et les expériences des cadres marocains.
Globalement, les données révélées dans cette enquête sont particulièrement instructives. Les niveaux d’insatisfaction salariale sont remarquablement élevés, atteignant 81% parmi les employés marocains interrogés. Pourtant, seuls 43% des travailleurs parviennent à négocier avec succès une augmentation de salaire. Cette insatis-faction est particulièrement marquée chez les employés des grandes entreprises, où seulement 26% se disent satis-faits de leur rémunération.
Quels sont les motifs de cette insatisfaction criante ? Les salariés pointent principalement du doigt l’écart béant entre leur salaire actuel et la valeur de leur travail sur le marché (52%), ainsi que la lourde charge de travail (46%). De plus, une inquiétante disparité se dessine entre les genres, avec les hommes gagnant le double des femmes (un ratio de 2:1).
Plus de la moitié des sondés envisagent d’être freelance
De plus, les tranches salariales révèlent des disparités significatives, les hommes étant majoritaires dans les tranches les mieux rémunérées, notamment celles de 20.000 à 30.000 dirhams, 30.000 à 40.000 dirhams, et plus de 40.000 dirhams. Les femmes, quant à elles, prédominent dans les tranches inférieures, celles de 4.000 à 8.000 dirhams et de 15.000 à 20.000 dirhams. Cette constatation, où les hommes gagnent le double des femmes, souligne l’impérieuse nécessité de surveiller et de combattre les inégalités salariales entre les sexes pour favoriser l’égalité des opportunités professionnelles. Pour tenter de pallier cette situation, 53% des travailleurs marocains bénéficient d’avantages en sus de leur salaire de base, tels que des mutuelles, des primes annuelles et des primes liées à la performance. Cependant, près de la moitié (51%) d’entre eux envisagent de se lancer dans le freelance, principalement motivés par des considérations salariales pour diversifier leurs revenus. Par ailleurs, l’analyse des taux de satisfaction salariale dans divers secteurs et fonctions met en lumière quelques tendances. Tout d’abord, on remarque que les fonctions qui affichent les taux les plus élevés de satisfaction salariale sont la gestion de projets, la production/qualité, l’informatique, et la logistique, avec des pourcentages respectifs de 11%, 8%, 8%, et 7%. Cela dénote que les professionnels travaillant dans ces fonctions sont généralement satisfaits de leur rémunération, ce qui peut être lié à la demande élevée de compétences spécifiques dans ces domaines.
En revanche, les fonctions où les salariés se disent insatisfaits sont principalement la gestion/comptabilité (16%), l’enseignement (15%) et la banque (7%). On observe également un niveau de satisfaction plus faible dans les sec-teurs du commercial/vente, des achats/supply chain, du call center, de l’informatique, et des ressources humaines, avec des pourcentages de mécontentement allant de 5 à 6%. Ces résultats montrent que certaines professions et des secteurs peuvent rencontrer des problèmes liés à la rémunération, ce qui pourrait influencer la satisfaction des employés.
En ce qui concerne les secteurs, on constate que la banque/finance, internet/multimédia, l’ameublement/décoration, et la chimie/parachimie sont ceux qui affichent les niveaux les plus élevés de satisfaction salariale.
Ces secteurs semblent offrir des avantages financiers plus attrayants, ce qui peut expliquer la satisfaction des employés. Cependant, il est important de noter que certains secteurs suscitent une insatisfaction significative parmi leurs employés. Les centres d’appels, l’aéronautique, et le transport/logistique enregistrent des taux de mécontentement de 13 à 5%. Cette insatisfaction pourrait être liée aux conditions de travail spécifiques à ces secteurs.
Enfin, l’enquête Rekrute montre également que la satisfaction salariale semble augmenter avec l’expérience professionnelle.
Les personnes ayant plus d’expérience, en particulier celles ayant de 10 à 20 ans d’expérience, affichent un taux de satisfaction de 34%. Cette satisfaction pourrait être attribuée à une progression de carrière et à des avantages financiers croissants au fil du temps.
À RETENIR
• 90% des salariés marocains sont prêts à démissionner pour un salaire plus compétitif.
• 81% d’entre eux se disent insatisfaits de leur salaire.
• 43% réussissent à obtenir une augmentation de salaire après l’avoir négociée.
• Les employés des grandes entreprises ont le taux de satisfaction salariale le plus bas, avec seulement 26% de satisfaction salariale positive.
• Le gap entre le salaire perçu, la valeur marché (52%) et la charge de travail élevée (46%) représentent les principaux motifs d’insatisfaction.